mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société Ilot de Vigny a demandé au tribunal administratif de Lyon de prononcer la réduction des taxes d'urbanisme afférentes au permis de construire délivré le 5 juin 2012 par le maire de la commune de Divonneles-Bains.
Par un jugement n° 1704164 du 2 avril 2019, le tribunal administratif de Lyon a donné acte du désistement de la société requérante de ses conclusions aux fins de décharge de la redevance d'archéologie préventive et rejeté le surplus de sa demande.
Par une décision n° 431323 du 15 novembre 2021, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux et saisi d'un pourvoi de la société Ilot de Vigny, a annulé ce jugement et renvoyé l'affaire au tribunal administratif de Lyon.
Procédure devant le tribunal :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 26 mai 2017, 18 juin 2018 et 18 février 2019, la société Ilot de Vigny, demande au tribunal de prononcer la réduction des taxes d'urbanisme afférentes au permis de construire délivré le 5 juin 2012 par le maire de la commune de Divonneles-Bains.
Elle soutient que :
- la catégorie 5 a) aurait dû être appliquée à l'ensemble de la surface hors œuvre nette (SHON) autorisée par le permis de construire délivré le 5 juin 2012 ; la circulaire UHC/DU/16 n° 2001-56 du 27 juillet 2011 relative à la réforme des contributions d'urbanisme précise qu'il n'y a pas lieu, pour la détermination de la catégorie applicable, de se référer à la surface hors œuvre nette de chacun des logements ;
- quinze logements ont été cédés à la société d'économie mixte de construction du département de l'Ain pour la création de logements sociaux soit 1144 m² de SHON qui auraient dû faire l'objet de l'attribution du tarif réduit prévu par la catégorie 4 de l'article 1585 D I bis du code général des impôts ;
- elle est fondée à demander l'exonération de la taxe locale d'équipement et de la taxe départementale des espaces naturels sensibles compte tenu de la délibération en ce sens de la commune de Divonne-les-Bains en matière de taxe d'aménagement ;
- elle indique au tribunal qu'elle entend se désister de sa demande concernant la redevance d'archéologie préventive.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2018, la commune de DivonnelesBains, représentée par Me Petit, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la réduction du montant de la créance de la société Ilot de Vigny à hauteur de 38 293 euros et, en tout état de cause, à ce que le tribunal condamne la société requérante à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que tardive ;
- elle est également irrecevable dans la mesure où il n'est pas justifié de la qualité pour agir de M. A ;
- la commune a déterminé l'assiette des taxes en litige sans erreur de droit ;
- la société pétitionnaire ne justifie pas des formalités nécessaires au bénéfice des dispositions du 1 bis de l'article 1585 D du code général des impôts ; les pièces produites ne permettent pas de faire regarder le projet comme entrant dans le champ d'application des dispositions du II de l'article 1585 C du même code ;
- en tout état de cause, la société pétitionnaire admet être redevable d'une somme à hauteur de 38 293 euros.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 juillet 2022 par une ordonnance du 7 juin 2022.
Des pièces complémentaires ont été produites par le conseil départemental de l'Ain à la demande du tribunal, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le 15 novembre 2022, et ont été communiquées en application de ce même article.
Un mémoire a été enregistré le 24 novembre 2022 pour la société Ilot de Vigny, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts ;
- le code de l'urbanisme ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public,
- et les observations de Me Frigière, suppléant Me Petit, pour la commune de Divonne-les-Bains.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 juin 2012, le maire de la commune de Divonne-les-Bains a délivré à la société Integrande un permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble immobilier et un parking public souterrain, d'une surface hors œuvre nette (SHON) autorisée de 2 804 m² sur un terrain situé 358 rue de Vigny à Divonne-les-Bains. Par un arrêté du maire de cette commune du 6 novembre 2012, ce permis de construire a été transféré à la société Ilot de Vigny. Un avis d'imposition a été établi en vue du versement de la somme totale de 120 560 euros correspondant à la taxe locale d'équipement, la taxe départementale pour des conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement et la taxe des espaces naturels sensibles. Par courrier du 11 décembre 2014, la société requérante a présenté une réclamation à l'encontre de ces impositions, ainsi qu'à l'encontre de la redevance " archéologie préventive ". En l'absence de réponse, la société Ilot de Vigny demande au tribunal de prononcer la réduction des taxes d'urbanismes afférentes au permis de construire délivré le 5 juin 2012.
Sur le désistement partiel :
2. Par un mémoire enregistré le 18 février 2019, la société Ilot de Vigny a indiqué au tribunal se désister de sa demande tendant à la décharge de la redevance d'archéologie préventive. Ce désistement est pur et simple et il y a lieu d'en donner acte.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. D'une part, aux termes de l'article 1723 sexies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les litiges relatifs à la taxe locale d'équipement sont de la compétence des tribunaux administratifs. / Les réclamations sont présentées, instruites et jugées selon les règles de procédure applicables en matière de contributions directes. / L'administration compétente pour statuer sur les réclamations et produire ses observations sur les recours contentieux autres que ceux relatifs au recouvrement, est celle de l'équipement ". Selon l'article 1599 B du même code, s'agissant de la taxe pour le financement des dépenses des conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement, dans sa rédaction applicable au litige : " La taxe est assise et recouvrée selon les mêmes modalités et sous les mêmes sanctions que la taxe locale d'équipement ". Aux termes de l'article L. 142-2 du code de l'urbanisme, relatif à la taxe départementale des espaces sensibles, dans sa rédaction applicable au litige : " La taxe est soumise aux règles qui gouvernent l'assiette, la liquidation, le recouvrement, les sanctions et le contentieux de la taxe locale d'équipement ". L'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". Selon l'article R. 198-10 du même livre : " La direction générale des finances publiques ou la direction générale des douanes et droits indirects, selon le cas, statue sur les réclamations dans le délai de six mois suivant la date de leur présentation. Si elle n'est pas en mesure de le faire, elle doit, avant l'expiration de ce délai, en informer le contribuable en précisant le terme du délai complémentaire qu'elle estime nécessaire pour prendre sa décision. Ce délai complémentaire ne peut, toutefois, excéder trois mois. En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée ". Aux termes de l'article R. 199-1 de ce livre, dans sa rédaction applicable au litige : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R. 198-10. Toutefois, le contribuable qui n'a pas reçu la décision de l'administration dans un délai de six mois mentionné au premier alinéa peut saisir le tribunal dès l'expiration de ce délai ".
4. Il résulte des dispositions de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales que seule la notification au contribuable d'une décision expresse de rejet de sa réclamation assortie de la mention des voies et délais de recours a pour effet de faire courir le délai de deux mois qui lui est imparti pour saisir le tribunal administratif du litige qui l'oppose à l'administration fiscale, l'absence d'une telle mention lui permettant de saisir le tribunal dans un délai ne pouvant, sauf circonstance exceptionnelle, excéder un an à compter de la date à laquelle il a eu connaissance de la décision. En revanche si, en cas de silence gardé par l'administration sur la réclamation, le contribuable peut soumettre le litige au tribunal administratif à l'issue d'un délai de six mois, aucun délai de recours contentieux ne peut courir à son encontre, tant qu'une décision expresse de rejet de sa réclamation ne lui a pas été régulièrement notifiée.
5. Il est constant que la société Ilot de Vigny a introduit sa réclamation préalable auprès des services compétents par courrier du 11 décembre 2014 et qu'aucune réponse à sa demande ne lui a été notifiée, ce que ne saurait constituer le mail invoqué du 13 mai 2015 se bornant à mentionner la perspective d'une transaction, avant ou après le délai de six mois mentionné par l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, et en application des principes ci-dessus analysés, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Divonne-les-Bains tirée de la tardiveté de la requête ne peut qu'être écartée.
6. D'autre part, la société requérante établit, par la production d'un extrait Kbis, que, contrairement à ce qui est soutenu par la commune de Divonne-les-Bains, M. B A possède la qualité de gérant de cette société, et avait ainsi qualité pour la représenter à la présente instance. La fin de non-recevoir tirée d'un défaut d'une telle qualité doit ainsi être écartée.
Sur les conclusions aux fins de décharge partielle :
7. En premier lieu, aux termes du II de l'article 1585 C du code général des impôts : " Le conseil municipal peut renoncer à percevoir, en tout ou partie, la taxe locale d'équipement sur les locaux à usage d'habitation édifiés pour leur compte ou à titre de prestataire de services par les organismes mentionnés à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation et par les sociétés d'économie mixte définies par la loi n° 83-597 du 7 juillet 1983 modifiée, par le titre II du livre V de la Première Partie du code général des collectivités territoriales et par les articles L. 2253-2 et L. 2542-28 du code précité ou celles à capitaux publics majoritaires réalisant des locaux à usage d'habitation principale financés à titre prépondérant au moyen de prêts ouvrant droit au bénéfice des dispositions prévues au titre V du livre III du code de la construction et de l'habitation. / Lorsque des constructions de logements sont acquises par les organismes et sociétés mentionnés à l'alinéa précédent, dans le cadre d'un contrat prévu par l'article 1601-3 du code civil et régi par les articles L. 261-10 à L. 261-22 du code de la construction et de l'habitation, elles peuvent bénéficier, sur demande du constructeur, de l'exonération décidée, le cas échéant, en application de l'alinéa précédent. Dans ce cas, la fraction de la taxe éventuellement recouvrée en excès est remboursée. La demande du constructeur peut être formulée dès la conclusion d'un contrat prévu à l'article L. 261-10 ou L. 261-15 du même code, sans excéder un délai de trente-six mois à compter de la demande de permis de construire ". Selon l'article L. 142-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour mettre en oeuvre la politique prévue à l'article L. 142-1, le département peut instituer, par délibération du conseil général, une taxe départementale des espaces naturels sensibles. () Le conseil général peut exonérer de la taxe départementale des espaces naturels sensibles, les locaux à usage d'habitation principale édifiés pour leur compte ou à titre de prestation de services par les organismes mentionnés à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation et par les sociétés d'économie mixte définies par la loi n° 83-597 du 7 juillet 1983 ou celles à capitaux publics majoritaires réalisant des locaux à usage d'habitation principale financés à titre prépondérant au moyen de prêts ouvrant droit au bénéfice des dispositions prévues au titre V du livre III du code de la construction et de l'habitation. / Lorsque des constructions de logements sont acquises par les organismes et sociétés mentionnés à l'alinéa précédent, dans le cadre d'un contrat prévu par l'article 1601-3 du code civil et régi par les L. 261-10 à L. 261-22 du code de la construction et de l'habitation, elles peuvent bénéficier, sur demande du constructeur, de l'exonération décidée, le cas échéant, en application de l'alinéa précédent. Dans ce cas, la fraction de la taxe éventuellement recouvrée en excès est remboursée. La demande du constructeur peut être formulée dès la conclusion d'un contrat prévu à l'article L. 261-10 ou L. 261-15 du même code, sans excéder un délai de trente-six mois à compter de la demande de permis de construire ".
8. La société Ilot de Vigny se prévaut d'exonérations de la taxe locale d'équipement et de la taxe départementale des espaces naturels sensibles à raison de la vente à un bailleur social de quinze logements de son projet, dans la mesure où de telles exonérations auraient, respectivement, été décidées par la commune de Divonne-les-Bains et le conseil départemental de l'Ain, précédemment conseil général du département, en application des dispositions précitées. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, notamment pas des éléments produits à la demande du tribunal, que de telles délibération de la commune et décision du conseil départemental auraient été prises. Dans ces conditions, la société pétitionnaire ne saurait se prévaloir de telles exonérations.
9. En deuxième lieu, aux termes du I bis de l'article 1585 D du code général des impôts relatif à la taxe locale d'équipement, dans sa rédaction en vigueur à la date de la demande de permis de construire : " Lorsque des locaux sont acquis par les organismes et sociétés ou au moyen d'un prêt mentionnés au 4° du tableau du I, dans le cadre d'un contrat prévu par l'article 1601-3 du code civil et régi par les articles L. 261-10 à L. 261-22 du code de la construction et de l'habitation, leurs constructions peuvent bénéficier, sur demande du constructeur, du tarif réduit prévu au même 4°. Dans ce cas, la taxe est liquidée à nouveau sur la base de ce tarif et la fraction éventuellement recouvrée en excès est remboursée. La demande du constructeur peut être formulée dès la conclusion d'un contrat prévu à l'article L. 261-10 ou L. 261-15 du même code, sans excéder un délai de trente-six mois à compter de la demande de permis de construire ". L'article 1585 D du code général des impôts a été abrogé par le 1° du A du III de l'article 28 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010. Aux termes du 2 du H du même III, les dispositions de ce 1° " entrent en vigueur au 1er mars 2012 et sont applicables aux demandes d'autorisations et aux déclarations préalables déposées à compter du 1er mars 2012, y compris aux modifications ultérieures au 1er mars 2012 relatives à une demande ou déclaration préalable déposée avant cette date ".
10. D'une part, les dispositions du I bis de l'article 1585 D qui autorisent le constructeur, sur sa demande et dans les conditions qu'il fixe, à bénéficier du tarif réduit prévu au 4° du I, lorsque les locaux en litige sont acquis par les organismes et sociétés ou au moyen d'un prêt mentionné au même 4°, demeurent applicables aux permis de construire déposés avant le 1er mars 2012.
11. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment de l'acte de vente du 9 octobre 2013 produit, que quinze logements du projet de la société Ilot de Vigny, pour une surface de 1 144 m² de SHON, ont été cédés à la société d'économie mixte de construction du département de l'Ain, bailleur social, en vue de leur location dans le parc social. Dès lors, et dans la mesure où les modalités de cette vente en l'état futur d'achèvement sont régies par l'article L. 261-10 du code de la construction et de l'habitation et que cette vente est intervenue moins de trente-six mois après le dépôt de la demande de permis de construire, la société requérante est fondée à soutenir que le barème du 4° du I de l'article 1585 D du code général des impôts devait être appliqué aux 1 144 m² de surface concernés. Par ailleurs, la commune de Divonne-les-Bains ne saurait se prévaloir de l'absence de réalisation des formalités prévues par le III de l'article 317 sexties de l'annexe 2 du même code, lequel n'est pas applicable à la décote en cause.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 1585 D du code général des impôts relatif à la taxe locale d'équipement, dans sa rédaction en vigueur à la date de la demande de permis de construire : " I. - L'assiette de la taxe est constituée par la valeur de l'ensemble immobilier comprenant les terrains nécessaires à la construction et les bâtiments dont l'édification doit faire l'objet de l'autorisation de construire. / Cette valeur est déterminée forfaitairement en appliquant à la surface de plancher développée hors œuvre une valeur au mètre carré variable selon la catégorie des immeubles. / A compter du 1er janvier 2007, cette valeur est la suivante : / 4° () locaux d'habitation et leurs annexes bénéficiant d'un prêt aidé à l'accession à la propriété ou d'un prêt locatif aidé ; immeubles d'habitation collectifs remplissant les conditions nécessaires à l'octroi de prêts aidés à l'accession à la propriété () : 234 euros () / 5° Locaux d'habitation à usage de résidence principale et leurs annexes, par logement : / a) Pour les 80 premiers mètres carrés de surface hors œuvre nette : 333 euros / b) De 81 à 170 mètres carrés : 487 euros () " () ; / 7° Parties des locaux à usage d'habitation principale et leurs annexes, autres que ceux entrant dans les 2e et 4e catégories et dont la surface hors œuvre nette excède 170 mètres carrés : 640 euros () ". Il résulte de ces dispositions que l'assiette de la taxe locale d'équipement applicable aux locaux d'un immeuble collectif et à ses annexes doit être déterminée en appliquant à la surface moyenne des logements composant l'immeuble les tranches du barème définies respectivement aux a et b du 5° et au 7°, puis en multipliant le résultat obtenu par le nombre de logements.
13. Il résulte de l'instruction que le projet immobilier de la société Ilot de Vigny, outre les quinze logements développant 1 144 m² et qui relèvent du barème du 4° des dispositions précitées comme analysé au point 11 du présent jugement, prévoit l'édification de vingt-trois logements collectifs à usage de résidence principale pour une SHON afférente de 1 660 m², soit une surface moyenne de 72,17 m² relevant du barème prévu au a) du 5° des dispositions précitées. Dans ces conditions, et par application des principes ci-dessus analysés, la société requérante est bien fondée à se prévaloir de l'application de ce dernier barème pour la liquidation des taxes en litiges afférentes au vingt-trois logements en cause.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la société Ilot de Vigny est fondée à demander la décharge de l'obligation de payer la taxe locale d'équipement, la taxe départementale des espaces naturels sensibles et la taxe départementale des conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement afférentes à son programme immobilier situé 358 rue de Vigny à Divonne-les-Bains, en tant que ces impositions ne sont pas fondés sur des assiettes de 1 144 m² au barème du 4° et 1 660 m² au barème du a) du 5° du I de l'article 1585 D du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que qu'une somme soit mise à la charge de de la société Ilot de Vigny, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la société Ilot de Vigny relatif à ses conclusions aux fins de décharge de la redevance d'archéologie préventive.
Article 2 : La SCI Ilot de Vigny est déchargée de l'obligation de payer la taxe locale d'équipement, la taxe départementale des espaces naturels sensibles et la taxe départementale des conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement afférentes à son programme immobilier situé 358 rue de Vigny à Divonne-les-Bains, en tant que ces impositions ne sont pas fondés sur des assiettes de 1 144 m² au barème du 4° et 1 660 m² au barème du a) du 5° du I de l'article 1585 D du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige.
Article 3 : La société Ilot de Vigny est renvoyée devant l'administration pour déterminer le montant des sommes à la restitution desquelles elle a droit en application de l'article 1er ci-dessus.
Article 4 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Ilot de Vigny et à la commune de Divonne-les-Bains.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Deniel, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
M. C
La présidente,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026