mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109486 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AARPI MEROTTO & JULIAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistré le 26 novembre 2021 et le 28 mars 2022, M. A C, représenté par Me Olivier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Péron a délivré un permis d'aménager à la société Les Châtelains en vue de la création d'un lotissement de 20 lots, dont 14 à destination d'usage d'habitation, sur un terrain situé rue du Mail ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Péron a délivré un permis d'aménager modificatif pour le même projet ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Péron le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 7 juin 2021 est entaché d'incompétence ;
- l'évaluation environnementale prévue par le 1° de l'article R. 441-5 du code de l'urbanisme est manquante au dossier de demande ;
- l'arrêté attaqué est illégal, par voie d'exception, du fait de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement du tènement en zone 1 AUG du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat (PLUiH) du Pays de Gex ; le projet n'aurait pas pu être autorisé sous l'empire du précédent document d'urbanisme ;
- le projet est incompatible avec les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation " Les Châtelains " du PLUiH ;
- l'arrêté du 28 janvier 2022 est illégal par voie de conséquence de l'illégalité de la délibération du 8 juillet 2021 portant modification de l'orientation d'aménagement et de programmation " Les Châtelains ".
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 février et 19 avril 2022, la commune de Péron, représentée par Me Karpenschif, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevable en application des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 27 février et 26 avril 2022, la société Les Châtelains, représentée par Me Merotto, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en application des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public ;
- et les observations de Me Delzanno, suppléant Me Karpenschif, pour la commune de Péron et celles de Me Frigière, suppléant Me Merotto, pour la société Les Châtelains.
Considérant ce qui suit :
1. La société Les Châtelains a déposé, le 16 décembre 2020, une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation d'un lotissement de 20 lots, pour un nombre de logements projeté de 160 à 170, sur un terrain situé rue du Mail sur le territoire de la commune de Péron. Par un arrêté du 7 juin 2021, le maire de cette commune lui en a accordé le bénéfice. Un permis d'aménager modificatif a été délivré le 22 janvier 2022 pour le même projet. M. A C, voisin du projet, demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'ensemble de ces autorisations d'utilisation des sols.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 7 juin 2021 est signé par M. D B, adjoint délégué à l'urbanisme du maire de la commune de Péron, investi à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du maire du 26 octobre 2020 régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet arrêté doit ainsi être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-5 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis d'aménager comprend en outre, selon les cas : 1° L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale () ".
4. M. C soutient que le projet en litige, qu'un avis de l'autorité environnementale du 26 janvier 2021 avait soumis à évaluation environnementale, après une procédure d'examen au cas par cas, n'a pas été précédé d'une telle évaluation, manquante au dossier de demande. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la même autorité environnementale a retiré sa décision du 26 janvier 2021 et dispensé le projet d'évaluation environnementale par une décision du 26 mai 2021, prise après recueil d'informations complémentaires. Si le requérant fait valoir que cette seconde décision est manifestement illégale, et infondée, dès lors que les enjeux mentionnés dans la première décision du 26 janvier 2021 n'ont pas été réellement et durablement traités, il ressort des mentions mêmes de la décision du 26 janvier 2021 que la dispense d'évaluation environnementale octroyée repose sur la fourniture d'études complémentaires par la société pétitionnaire et que l'ensemble des griefs mentionnés dans la première décision ont été corrigés. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 1° de l'article R. 441-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En troisième lieu et d'une part, M. C soutient, par la voie de l'exception, que l'arrêté du 7 juin 2021 est illégal du fait de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement des parcelles constituant le terrain d'assiette du projet, classées en zone 1AUG du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat (PLUiH) du Pays de Gex, le projet ne pouvant par ailleurs être autorisé sous l'empire du document d'urbanisme précédent.
6. D'une part, aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, composé des parcelles cadastrées section C nos 662, 753, 755, 756, 757, 758, 754, 783, 784, 2389, 1563, 1741 et 1744, développant ensemble près de 32 000 m², est de caractère naturel et non-bâti, s'insérant entre les zones agglomérées du centre-bourg et du lieu-dit " En Bannu ", à l'ouest. M. C, se prévalant des mentions de la décision de l'autorité environnementale du 16 janvier 2021, postérieurement retirée, indique que ce terrain se caractérise par des risques d'inondation, un intérêt écologique des enjeux environnement forts, à proximité d'une zone Natura 2000, faisant obstacle à son urbanisation. Toutefois, le site en cause ne fait l'objet d'aucune protection générale particulière et il n'est pas établi par les pièces du dossier que son ouverture à l'urbanisation, par elle-même et en faisant abstraction des prescriptions qu'il incomberait à l'autorité compétente d'imposer s'agissant de projets de construction, porterait atteinte à de tels intérêts ou présenterait des risques particuliers. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du classement des parcelles constituant le terrain d'assiette du projet.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports et les déplacements ". L'article L. 152-1 du même code dispose que : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ".
9. Le terrain d'assiette du projet est intégralement situé dans le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation " Les Châtelains " du PLUiH du Pays de Gex, laquelle prévoit notamment des dispositions relatives aux principes de déplacements et à la zone humide présente sur le tènement. D'une part, s'agissant des voies et accès programmés, cette orientation prévoit ainsi une desserte interne du secteur par trois accès spécifiques, assortie d'un phasage antérieur à la réalisation des voies publique comprenant une aire de retournement. Ainsi, le projet en litige, qui prévoit la création de deux voies de desserte, dont l'une depuis la rue du Mail, et l'aire de retournement temporaire indiquée, ne fait pas obstacle à la réalisation postérieure des principes d'aménagement des dessertes de l'orientation d'aménagement en cause. D'autre part, s'agissant des dispositions prévues pour la zone humide située au sud du tènement, l'orientation d'aménagement et de programmation " Les Châtelains " prévoit l'aménagement en cœur de site d'une noue paysagée permettant de recueillir les eaux pluviales et alimentant la zone humide, ainsi que la protection de cette zone humide en phase travaux. Contrairement à ce qui est soutenu par le requérant, ces dispositions n'imposent nullement la réalisation d'un parc pour valoriser cette zone humide et le projet en litige prévoit effectivement la noue paysagée mentionnée, accessible au public. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompatibilité du projet avec les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation " Les Châtelains " doit ainsi être écarté en toutes ses branches.
10. En dernier lieu, si M. C, au soutien de ses conclusions dirigées contre l'arrêté du 28 janvier 2022 portant permis d'aménager modificatif, excipe de l'illégalité de la délibération du 8 juillet 2021 par laquelle le conseil communautaire de l'agglomération du Pays de Gex approuvé la modification de l'orientation d'aménagement et de programmation " Les Châtelains ", le permis d'aménager modificatif en cause n'a pas été pris pour l'application de la délibération mentionnée, laquelle n'en constitue pas la base légale. Le moyen tiré de l'illégalité manifeste de cette modification au regard des enjeux de préservation du site doit ainsi être écarté comme inopérant.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune Péron, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser la somme que demande M. C sur leur fondement. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant le versement d'une somme de 700 euros à cette commune, d'une part, et à la société pétitionnaire, d'autre part, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Péron et à la société Les Châtelains une somme de 700 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Péron et à la société Les Châtelains.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026