mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109594 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | ADJA OKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Adja Oke, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 juin 2021 par laquelle le directeur régional Auvergne-Rhône-Alpes de Pôle emploi a refusé de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi ;
2°) d'enjoindre au directeur régional de Pôle emploi de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
- La décision en litige est illégale, dès lors qu'elle ne comporte ni les nom et prénom de son auteur, ni la signature de celui-ci et qu'il n'est pas établi que son auteur disposait d'une délégation de signature régulière ;
- Elle est insuffisamment motivée ;
- Elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il était détenteur d'un titre de séjour " travailleur temporaire " et que compte tenu des conditions dans lesquelles il a démissionné, la rupture de son contrat de travail doit être regardée comme sans cause réelle et sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2022, Pôle emploi conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés et que M. B ayant démissionné de son emploi, il ne pouvait prétendre à une inscription sur la liste des demandeurs d'emploi.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Soubié, première conseillère.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 10 juin 2021 par laquelle le directeur régional Auvergne-Rhône-Alpes de Pôle emploi a refusé de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
3. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que M. B ne peut utilement se prévaloir des vices propres dont serait entachée la décision par laquelle le directeur régional de Pôle emploi a refusé de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision, de l'absence de signature, de l'absence de mention des nom et prénom du signataire et de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peuvent qu'être écartés.
4. Aux termes de l'article R. 5221-48 du code du travail : " Pour être inscrit, le travailleur étranger doit être titulaire de l'un des titres de séjour suivants : () 7° La carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " délivrée en application de l'article L. 433-4 du même code ; 8° La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", délivrée en application de l'article L. 421-1 du même code ou le visa de long séjour valant titre de séjour mentionné au 7° de l'article R. 431-16 du même code, accompagnée de l'autorisation de travail ;9° La carte de séjour délivrée en application de l'article L. 233-4 du même code au ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne soumis à des mesures transitoires par son traité d'adhésion, ou la carte de séjour portant la mention " membre de la famille d'un citoyen de l'Union ", en application de l'article L. 233-5 du même code ; 10° La carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ", délivrée en application de l'article L. 421-3 du même code ou le visa de long séjour valant titre de séjour mentionné au 8° de l'article R. 431-16 du même code, lorsque le contrat de travail, conclu avec un employeur établi en France, a été rompu avant son terme, du fait de l'employeur, pour un motif qui lui est imputable ou pour un cas de force majeure () ". Aux termes de l'article 2§1 de la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage, alors applicable : " Le dispositif national interprofessionnel d'assurance chômage est destiné à assurer un revenu de remplacement pendant une durée déterminée aux travailleurs involontairement privés d'emploi remplissant les conditions d'éligibilité au dispositif ". Aux termes de l'article 1er du règlement annexé à la convention précitée : " Le régime d'assurance chômage assure un revenu de remplacement dénommé " allocation d'aide au retour à l'emploi ", pendant une durée déterminée, aux salariés involontairement privés d'emploi qui remplissent des conditions d'activité désignées durée d'affiliation, ainsi que des conditions d'âge, d'aptitude physique, de chômage, d'inscription comme demandeur d'emploi, de recherche d'emploi ; " et de l'article 2 du même règlement : " Sont involontairement privés d'emploi ou assimilés, les salariés dont la cessation du contrat de travail résulte : () - d'une démission considérée comme légitime, dans les conditions fixées par un accord d'application () ".
5. Pour refuser l'inscription de M. B sur la liste des demandeurs d'emploi, le directeur de l'agence Pôle emploi a retenu qu'il n'avait pas été possible d'authentifier le titre de séjour de M. B. Or, il résulte de l'instruction que M. B disposait d'un titre de séjour en qualité de " travailleur temporaire " et d'une autorisation de travail. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, le motif opposé par Pôle emploi à la demande d'aide formulée par M. B apparaît entaché d'illégalité.
6. En faisant valoir que le titre de séjour détenu par M. B ne lui permettait pas d'être inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, dès lors qu'il avait démissionné et qu'un tel motif ne figure pas à l'article R. 5221-48 du code du travail cité au point 4, Pôle emploi doit être regardé comme sollicitant une substitution de motif.
7. Lorsque l'administration fait valoir devant le juge du plein contentieux que la décision dont l'annulation et la réformation sont demandées est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision, il appartient alors au juge de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué. Cette substitution de motif n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et l'administration doit disposer du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
8. Il résulte de l'instruction que M. B a démissionné de son emploi. Si M. B fait valoir que la fin de son contrat est imputable à un fait de son employeur, dès lors que sa démission aurait pour cause le harcèlement moral subi de la part de son employeur, la lettre de démission adressé par le requérant ne comporte aucun élément permettant d'identifier une quelconque situation de harcèlement moral l'ayant conduit à présenter cette démission. Le harcèlement moral n'est pas plus corroboré par les pièces du dossier. Le requérant ne peut ainsi se prévaloir d'une démission légitime. Dans ces conditions, l'administration ayant pu prendre la même décision au vu de la démission du requérant et alors que le requérant n'a pas été privé d'une garantie, il y a lieu de substituer le motif avancé par Pôle emploi au motif initialement retenu. Par suite, la décision en litige n'est pas entachée d'une erreur de droit, ni d'une erreur d'appréciation de la situation du requérant.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional Auvergne-Rhône-Alpes de Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La magistrate désignée,
A-S. Soubié
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026