jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ADJA OKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Adja Oke, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite de refus de délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français qui serait née le 18 juillet 2021 du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande ;
3°) d'annuler les décisions du 2 décembre 2021 par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et la décision du même jour par laquelle le préfet du Rhône l'a assigné à résidence ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- il devra être justifié de la compétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée en droit, à défaut de dispositions juridiques encadrant le droit au séjour des étrangers conjoints de français, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors que son dossier de demande de titre de séjour comportait la carte nationale d'identité de son épouse française et que, en tout état de cause, il n'a pas été informé que son dossier était mis en attente d'une pièce complémentaire ;
- son dossier étant complet au 18 mars 2021, une décision implicite de refus est née le 18 juillet 2021, de manière illégale puisqu'il a droit à un titre de séjour en qualité de conjoint de français et justifie d'une vie commune depuis le 12 juillet 2019 ; cette décision doit par voie de conséquence être annulée ;
- dès lors qu'il doit être considéré comme étant en situation régulière sur le territoire français, le préfet ne pouvait considérer qu'il ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français et l'obliger à quitter ce territoire pour ce motif, sans commettre une erreur de droit ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
en ce qui concerne le refus d'un délai de départ volontaire :
- il devra être justifié de la compétence du signataire ;
- il encourt l'annulation par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle il se fonde ;
en ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- il devra être justifié de la compétence du signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle encourt l'annulation par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle il se fonde ;
en ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- il devra être justifié de la compétence du signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle encourt l'annulation par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle il se fonde ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation concernant la menace à l'ordre public et concernant sa situation personnelle ;
en ce qui concerne l'assignation à résidence :
- il devra être justifié de la compétence du signataire ;
- elle encourt l'annulation par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle il se fonde ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses garanties de représentation.
Les parties ont été informées par un courrier du 6 décembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la prétendue décision relative à la demande de délivrance d'un titre de séjour de M. B, dès lors que la requête ne comporte aucun moyen dirigé contre cette décision (article R. 411-1 alinéa 2 du code de justice administrative).
M. B a présenté en réponse à ce courrier un mémoire, enregistré le 6 décembre 2022, par lequel il reprend les conclusions de sa requête et conclut en outre à ce qu'il soit enjoint au préfet du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient en outre que :
- une décision implicite de refus de séjour est née le 18 juillet 2021 du silence gardé sur sa demande complète déposée le 18 mars 2021 ;
- cette décision est illégale dès lors qu'il remplit toutes les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que, M. B ne remplissant pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française, la décision de refus de séjour n'est pas illégale.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 décembre 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Lyon n° 2109667 du 10 décembre 2021.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 5 mars 1989, est entré en France le 20 novembre 2015 sous couvert d'un visa de court séjour valable du 18 au 25 novembre 2015. Sa demande d'asile enregistrée le 9 août 2016 a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 17 août 2017, que par la Cour nationale du droit d'asile, le 15 janvier 2018. Il a épousé une ressortissante française le 11 janvier 2020 en France. Le 2 décembre 2021, après avoir été placé en garde à vue pour des faits de violences conjugales, il a fait l'objet d'un arrêt du préfet du Rhône portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Le même jour, la même autorité l'a assigné à résidence dans le département du Rhône. Par sa requête, M. B demande l'annulation des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que, par le jugement susvisé du 10 décembre 2021, la magistrate désignée du tribunal administratif de Lyon a statué sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation des décisions du 2 décembre 2021 par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français, et a renvoyé les conclusions de la requête tendant à l'annulation d'un refus implicite de délivrance d'un titre de séjour pour qu'il y soit statué par une formation collégiale du tribunal, compétente pour y statuer. Par suite, seules demeurent en litige les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour ainsi que les conclusions accessoires à celles-ci.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de séjour :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. "
4. Il ressort des termes de la requête enregistrée le 4 décembre 2021 que M. B ne soulève aucun moyen de légalité à l'encontre de la décision de refus de séjour qui lui aurait été opposée, même s'il soulève, par voie d'exception, des moyens à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui aurait selon lui été adoptée sur le fondement de la décision de refus de séjour qui lui aurait été opposée. Le mémoire complémentaire soulevant des moyens dirigés directement à l'encontre de la prétendue décision implicite de refus de séjour a été enregistré le 6 décembre 2022, soit postérieurement au délai de recours contentieux, qui était de quarante-huit heures à compter de sa notification en ce qui concerne l'arrêté du 2 décembre 2021 en application de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de deux mois à compter de sa naissance en ce qui concerne la prétendue décision de refus de séjour en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Les conclusions dirigées contre la décision qui lui aurait été opposée doivent, par suite être rejetées comme irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que doivent être rejetées les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus de séjour qui aurait été opposée à M. B, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Sont rejetées les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui aurait été opposée et les conclusions accessoires aux fins d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
G. CLe président,
H. Drouet
La greffière,
C. Chareyre
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026