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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2109770

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2109770

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2109770
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2021, sous le numéro 2109770, M. D A, représenté par Me Bescou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Rhône a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour formulée le 28 mai 2021 ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- en l'absence de réponse à sa demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet, elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 6,5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice, par le préfet, de son pouvoir de régularisation au titre du travail.

La clôture d'instruction a été fixée au 15 mars 2023 par ordonnances du 21 février 2023.

Un mémoire produit par la préfète du Rhône a été enregistré le 29 mars 2023, après la clôture d'instruction.

II. Par une requête, enregistrée le 17 février 2023, sous le numéro 2301251, M. D A, représenté par Me Bescou, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 20 janvier 2023 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions, ainsi que de mettre en œuvre la procédure d'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen en cas d'annulation de la décision portant interdiction de retour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'une incompétence de leur signataire ;

- la décision portant refus d'admission au séjour méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice, par la préfète, de son pouvoir de régularisation, au titre de sa vie privée et familiale et du travail ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus d'admission au séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

La clôture d'instruction a été fixée au 15 mars 2023 par ordonnances du 20 février 2023.

Un mémoire puis une pièce, produits par la préfète du Rhône ont été enregistrés respectivement les 29 et 30 mars 2023, après la clôture d'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Verley-Cheynel a donné lecture de son rapport, en l'absence des parties ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 6 novembre 1984, est entré en France le 5 novembre 2015, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 1er août 2015 au 25 février 2016. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 30 mai 2016, que par la Cour nationale du droit d'asile en date du 26 octobre 2016. L'intéressé a fait l'objet, le 18 avril 2019, d'un premier refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Le 28 mai 2021, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement des articles 6-5 et 7b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le silence gardé par le préfet sur cette demande a fait naître, le 28 septembre 2021, une décision implicite de rejet. Toutefois, par des décisions en date du 20 janvier 2023, le préfet du Rhône a expressément refusé de lui délivrer un certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet du 28 septembre 2021et l'ensemble des décisions du 20 janvier 2023.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

3. Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

4. En l'espèce, le silence gardé pendant quatre mois par le préfet du Rhône sur la demande précitée de M. A a fait naître, le 28 septembre 2021, une décision implicite de rejet conformément aux dispositions précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, par une décision du 20 janvier 2023, soit postérieurement à l'enregistrement de la première requête, la préfète du Rhône a expressément rejeté la demande d'admission au séjour présentée par l'intéressé. Dans ces conditions, cette seconde décision s'est substituée à la première. Par suite, les conclusions à fin d'annulation, ainsi que les moyens dirigés contre la décision implicite initiale, doivent être regardés comme dirigés contre la décision expresse du 20 janvier 2023.

Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

5. L'arrêté du 20 janvier 2023 a été signé par Mme B C, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet en date du 12 décembre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture spécial n° 69-2022-209 en date du 13 décembre 2022 suivant, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

6. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les articles 6-5 et 7b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, elle précise les éléments déterminants de la situation du requérant qui ont conduit à lui refuser la délivrance d'un titre de séjour. Elle comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5°) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, âgé de 38 ans, résidait irrégulièrement en France depuis sept ans à la date de la décision attaquée, en dépit d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2019. En outre, il est célibataire et sans charge de famille, et ne démontre pas être dépourvu de toute attache personnelle ou familiale dans son pays d'origine où résident ses parents, ainsi que ses frères et sœurs, et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 31 ans. L'intéressé se prévaut de son insertion professionnelle et fait valoir qu'il a effectué des missions en intérim d'août 2018 à février 2019, qu'il a bénéficié successivement d'un contrat à durée indéterminée ainsi que d'un contrat à durée déterminée conclu le 30 septembre 2021. Le requérant fait également valoir qu'il a suivi une formation en création d'entreprise du 14 au 18 février 2022, et qu'il justifie d'un diplôme d'électro-motoriste obtenu en Algérie le 30 juin 2014, ainsi que du permis Caces. Toutefois, ces seuls éléments ne permettent pas d'établir que le requérant, qui reconnaît au demeurant qu'il ne dispose pas d'attaches proches sur le territoire français, aurait désormais en France le centre de ses intérêts personnels et privés. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien précité et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

9. En troisième lieu, M. A soutient qu'il justifierait de motifs exceptionnels qui devaient conduire le préfet du Rhône à faire usage de son pouvoir de régularisation. Il se prévaut en ce sens notamment des missions intérimaires qu'il a effectuées, en qualité de préparateur de commandes, d'août 2018 à février 2019, du contrat à durée indéterminée dont il a bénéficié, en qualité de manutentionnaire logistique, à effet du 7 novembre 2019, auprès de la société Lyon Logistics Services, laquelle atteste d'ailleurs que l'intéressé est titulaire d'un passeport lituanien le dispensant d'autorisation de travail, ainsi que du contrat à durée déterminée conclu avec la société M2LOG, en qualité de préparateur de commandes, en date du 30 septembre 2021. Il fait également valoir qu'il a suivi une formation en création d'entreprise du 14 au 18 février 2022, qu'il justifie d'un diplôme d'électro-motoriste obtenu en Algérie le 30 juin 2014, et qu'il est titulaire d'un permis CACES - chariots à conducteur porté. Par ailleurs, le requérant soutient également qu'il maitrise l'usage de la langue française, qu'il dispose d'un hébergement et que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, et alors notamment que les activités salariées dont M. A se prévaut ont été exercées irrégulièrement et que la durée de sa présence en France a été acquise en méconnaissance d'une précédente mesure d'éloignement, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation que le préfet du Rhône a pu refuser de lui délivrer, à titre exceptionnel, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ". A cet égard, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, que le ministre de l'intérieur a adressé aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation, sans pour autant définir de ligne directrice qui soit opposable. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. D'une part, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. D'autre part, en l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs énoncés au point 8 s'agissant du refus d'admission au séjour.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

12. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité du refus d'admission au séjour, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du préfet en date du 20 janvier 2023 fixant le pays de destination serait illégale du fait qu'elle serait la conséquence d'un refus d'admission au séjour et d'une mesure d'éloignement eux-mêmes illégaux.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français prises à son encontre, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence des précédentes devra être écarté.

15. En outre, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de quitter le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français / Il en est de même pour l'édiction de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

16. Il ressort de la décision attaquée que pour fixer à six mois la durée d'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet du Rhône a relevé que M. A avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'avait pas exécutée et qu'il était dépourvu d'attaches anciennes et stables en France. Si le requérant justifie d'une durée de résidence de sept ans sur le territoire français, il ressort des pièces du dossier qu'il se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis 2019, malgré le prononcé d'une mesure d'éloignement prise à son encontre au cours de cette même année, qu'il n'a ainsi pas exécuté. En outre, il est célibataire, sans charge de famille et ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans, et où résident ses parents, ainsi que ses frères et sœurs. Dans ces conditions, et alors même que M. A ne représente aucune menace pour l'ordre public, le préfet du Rhône a pu légalement prononcer une interdiction de retour pour une durée de six mois, laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, de caractère disproportionné.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2023. Par suite, les conclusions à fin d'annulation des requêtes, et par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans les présentes instances, le versement de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2109770 et 2301251 de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 5 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Verley-Cheynel, présidente,

M. Segado, vice-président,

Mme F, présidente-honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

La présidente rapporteure,

G. Verley-CheynelLe vice-président assesseur,

J. Segado

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Nos 2109770-2301251

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