jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 décembre 2021, 20 octobre 2023, 1er décembre 2023 et 11 mars 2024, la commune de Mably, représentée par Me Lalanne, demande au tribunal :
1°) de dire et juger que la convention du 27 décembre 1988 qui la lie à la société PFRM Paire est une délégation de service public et que l'ensemble immobilier (funérarium), le matériel et les ouvrages indispensables à l'exécution de la mission de service public affectés au funérarium sont sa propriété en tant que biens de retour ;
2°) de désigner un géomètre-expert afin qu'il établisse l'état descriptif de la division en volume de l'immeuble accueillant le funérarium et situé sur la parcelle cadastrée section AO n° 355 et de surseoir à statuer, si besoin, dans cette attente ;
3°) de l'autoriser à accomplir les formalités de publicité foncière auprès du service de la publicité foncière et de dire et juger que les frais de ces formalités seront à la charge de la société PFRM Paire ;
4°) de mettre à la charge de cette société la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la convention du 27 décembre 1988 est une convention de délégation de service public ;
- les biens de retour relevant du périmètre de cette délégation de service public doivent revenir gratuitement dans son patrimoine ;
- ils doivent faire l'objet d'une publication au service de la publicité foncière.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 octobre 2023, 10 novembre 2023, 10 janvier 2024 et 1er mars 2024, la société roannaise d'immobilier, représentée par Me Vivien, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire à ce que le périmètre des biens de retour soit limité aux éléments constitutifs de la chambre funéraire en excluant les salons privés et, en tout état de cause, à ce que la somme de 15 000 euros soit mise à la charge de la commune de Mably au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le juge administratif est incompétent pour connaître du litige ;
- la requête est irrecevable, la commune ne pouvant réaliser unilatéralement des diligences afin de transférer la propriété des biens en cause ;
- la convention du 27 décembre 1988 n'est pas une convention de délégation de service public ;
- le fonds de commerce de la société PFRM Paire ayant été cédé le 30 septembre 1997, elle est tiers au contrat ;
- en tout état de cause, par son comportement, la commune de Mably a résilié tacitement cette convention ;
- la convention est expirée depuis 2013, de sorte qu'à l'issue de celle-ci les biens sont demeurés dans le patrimoine de la société PFRM Paire ;
- les biens en cause ne constituent donc pas des biens de retour, à titre subsidiaire les salons privés devraient être exclus du périmètre de ces biens.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité, d'une part, des conclusions en " dire et juger " regardées comme un recours en interprétation dès lors que les stipulations de la convention ne sont ni obscures ou ambiguës, qu'une juridiction a déjà statué sur le sens de la convention à l'occasion d'une instance dans laquelle elle a eu l'occasion d'en faire application et d'en préciser la portée (TA Lyon, 6 octobre 2020, n° 2006480), qu'une juridiction (la cour administrative d'appel de Lyon) va devoir procéder à l'interprétation de la convention dont dépend la solution du litige qui lui est soumis (à la suite de la décision n° 467684 du Conseil d'Etat du 16 février 2024) et, d'autre part, des conclusions tendant à ce que le tribunal autorise la commune de Mably à accomplir les formalités de publicité foncière auprès du service de la publicité foncière.
La commune de Mably et la société roannaise d'immobilier ont présenté des observations sur les moyens susceptibles d'être relevés d'office le 2 avril 2024.
Vu :
- l'ordonnance n° 2006480 du 6 octobre 2020 du juge des référés du tribunal administratif de Lyon ;
- l'arrêt n° 20LY03323 du 21 juillet 2022 de la cour administrative d'appel de Lyon ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez,
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- et les observations de Me Lalanne, représentant la commune de Mably, et de Me Vivien, représentant la société roannaise d'immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La société Pompes funèbres régionales roannaise Paire (PFRR Paire), devenue en 1997 la société Pompes funèbres régionales et marbrerie funéraire Jean-Luc et Jean-Jacques Paire (PFRM Paire) et qui se dénomme désormais société roannaise d'immobilier (SRI), a acquis le 10 juin 1988 de la commune de Mably un terrain pour construire un bâtiment destiné à abriter au rez-de-chaussée son activité de pompes funèbres et marbrerie, une chambre funéraire ainsi que des salons privés pour la présentation des corps des défunts et à l'étage des logements d'habitation. Le 27 décembre 1988, elle a conclu avec la commune une convention pour l'exploitation dans ces locaux d'une chambre funéraire pour une durée de vingt-cinq ans, avec renouvellement automatique par tacite reconduction pour des périodes de trois années, sauf dénonciation par l'une ou l'autre des parties. En 2019, la commune a mis fin au contrat et, afin d'assurer la continuité du service, a engagé une procédure de passation d'un contrat de concession. Au terme de cette procédure, la société OGF a été retenue et le contrat de concession a été conclu avec cette société le 10 décembre 2020. La commune de Mably demande au tribunal de juger que la convention de 1988 est une convention de délégation de service public impliquant que le funérarium et les matériels et équipements affectés à cette activité soient qualifiés de biens de retour et de l'autoriser à accomplir les formalités de publicité foncière.
2. En premier lieu, compte tenu de l'objet des conclusions de la commune de Mably, qui tendent à ce que le tribunal qualifie le contrat du 27 décembre 1988 de convention de délégation de service public et l'ensemble immobilier constituant le funérarium et les matériels et équipements nécessaires à son activité de biens de retour, le juge administratif est compétent pour connaître du litige qui lui est soumis, y compris des conclusions tendant à ce que la commune soit autorisée à accomplir les formalités de publicité foncière.
3. En deuxième lieu, la recevabilité d'un recours direct en interprétation de stipulations contractuelles est subordonnée à l'existence d'un différend né et actuel susceptible de relever de la compétence du juge administratif, dont la résolution est subordonnée à l'interprétation demandée. Par ailleurs, un tel recours n'est recevable que dans la mesure notamment où il peut être valablement soutenu que ces stipulations sont obscures ou ambiguës, où une juridiction n'a pas déjà statué sur leur sens à l'occasion d'une instance dans laquelle elle a eu l'occasion d'en faire application et d'en préciser la portée et où le différend n'est pas déjà porté devant une juridiction administrative.
4. Les stipulations de la convention du 27 décembre 1988 et la qualification de biens de retour en résultant ne sont ni obscures, ni ambiguës. Par ailleurs, l'interprétation de la convention a déjà été effectuée, d'une part, par le juge des référés du tribunal dans son ordonnance n° 2006480 du 6 octobre 2020, qui a qualifié la convention de contrat de concession de service public et ordonné à la société PFRM Paire de mettre à disposition de la commune de Mably le bâtiment constituant le funérarium et de le lui restituer gratuitement, ainsi que le matériel et les ouvrages indispensables à l'exécution de la mission de service public et, d'autre part, par la cour administrative d'appel de Lyon dans son arrêt n° 20LY03323 du 21 juillet 2022, par lequel elle a jugé que la convention confiait des prestations de service public. Il suit de là que le recours en interprétation est irrecevable.
5. En dernier lieu, les conclusions tendant à ce que le juge autorise la commune de Mably à accomplir les formalités de publicité foncière auprès du service de la publicité foncière, en désignant le cas échéant au préalable un géomètre-expert, sont irrecevables dès lors qu'il n'entre pas dans l'office du juge d'accorder une telle autorisation. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à ce que le tribunal juge que les frais de formalités foncières seront à la charge de la société roannaise d'immobilier.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la société roannaise d'immobilier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Mably la somme que la société roannaise d'immobilier demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Mably est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société roannaise d'immobilier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Mably et à la société roannaise d'immobilier.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,La présidente,
E. ReniezC. Michel
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026