mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109837 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | IDCHAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 décembre 2021, M. E B, représenté par Me Idchar, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2021 par laquelle la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer une carte de résident permanent, ou à tout le moins une carte de résident de dix ans dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard notamment des dispositions des articles L. 426-4 et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la menace à l'ordre public n'est pas caractérisée et il bénéficie de la présomption d'innocence pour les faits n'ayant pas donné lieu à condamnation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Idchar pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. F B, ressortissant tunisien né le 25 octobre 1974, entré régulièrement en France le 30 novembre 1999, a obtenu son premier titre de séjour le 21 février 2001 et a sollicité le renouvellement de sa " carte de résident permanent " sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la décision attaquée du 15 novembre 2021, la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 426-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A l'expiration de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6, L. 423-10, L. 423-11, L. 423-12, L. 423-16, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10, ou de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue aux articles L. 421-12, L. 421-25, ou L. 426-17, dont il est titulaire, une carte de résident permanent, à durée indéterminée, peut être délivrée à l'étranger qui en fait la demande, à condition que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il satisfasse aux conditions prévues à l'article L. 413-7. La délivrance de la carte de résident permanent est de droit dès le deuxième renouvellement d'une carte de résident, sous réserve des mêmes conditions que celles prévues au premier alinéa. ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ".
3. Pour refuser le renouvellement de la carte de résident permanent de M. B, la préfète de Loire a estimé que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public après avoir relevé que l'intéressé a été condamné les 24 septembre 2017 et 16 juillet 2018 par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne, d'une part, à 250 euros d'amende avec suspension de permis de conduire pendant un mois pour des faits de " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance " et, d'autre part, à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de " violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité ", qu'il est connu pour des faits de " escroquerie " en date du 16 mars 2007, de " port ou transport illégal d'arme de catégorie 6 " en date du 6 septembre 2007, de " vol à la roulotte " en date du 26 juin 2006, de " contrefaçon, falsification de chèque ou usage ou réception de chèque contrefait " en date du 26 juin 2006, de " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance " en date du 11 novembre 2017, de " violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de scolarité " en date du 10 mai 2018, de " vol simple " en date du 13 décembre 2018 et de " vol avec violence avec ITT de moins de 8 jours " en date du 13 juin 2005 ".
4. Si M. B fait valoir qu'il n'a fait l'objet que deux condamnations pénales et que les autres faits, dont certains sont anciens, n'ont donné lieu à aucune poursuite, ni condamnation, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui ne peut utilement se prévaloir de la présomption d'innocence, ne donne aucun élément de nature à remettre en cause le bienfondé des différentes mises en cause dont il a fait l'objet, alors en tout état de cause que les motifs de la condamnation pénale dont il a fait l'objet le 16 juillet 2018 suffisent à eux-seuls à caractériser le fait que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. La préfète de la Loire, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation de l'intéressé, a en conséquence pu légalement pour ce motif lui refuser le renouvellement sa carte de résident. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de la situation de l'intéressé et de la méconnaissance des dispositions précitées doivent être écartés.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale et de sa correspondance. 2 / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits de libertés d'autrui "
6. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 22 ans et vit auprès de sa mère, âgée de 73 ans, qui nécessite sa présence quotidienne en raison de ses problèmes de santé et d'une perte d'autonomie, qu'il contribue matériellement à ses besoins grâce à ses ressources qu'il tire de son activité professionnelle et que son frère et sa sœur résident également en France en situation régulière. Toutefois, l'intéressé ne produit aucun élément de nature à démontrer que l'état de santé de sa mère, qui réside à Saint-Etienne, justifierait l'assistance permanente d'une tierce personne pour l'assister dans les gestes de la vie quotidienne, ni en tout état de cause qu'il serait le seul susceptible de pourvoir à cette assistance alors que son frère et sa sœur résident régulièrement en France dans la même ville. En outre, si l'intéressé produit quelques bulletins de paie depuis l'année 2016, il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que sa mère serait dépendante de ses ressources financières. Enfin, l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales ou personnelles dans son pays d'origine. Compte tenu de ces éléments et de ce qui a été dit précédemment sur le comportement de M. B qui caractérise une menace pour l'ordre public, l'intéressé n'est pas fondé, malgré l'ancienneté de son séjour en France, à soutenir que la décision de refus de séjour en litige aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté. Elle n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
Le rapporteur,
L. CLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026