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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2109918

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2109918

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2109918
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Bescou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- la procédure est irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il réside habituellement sur le territoire français depuis plus de dix ans ;

- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistrée le 21 mai 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que :

- si par une décision du 29 avril 2024, elle a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A et l'a obligé à quitter le territoire français, elle a retiré ces décisions le 16 mai 2024 ;

- par une décision du 22 avril 2024, elle lui a délivré une carte de séjour pluriannuelle en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Le rapport de Mme Reniez a été entendu au cours de l'audience publique ;

Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 4 juin 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, conteste la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Rhône sur la demande de titre de séjour qu'il a déposée le 7 décembre 2021.

2. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Rhône a décidé de lui accorder le 22 avril 2024, postérieurement à l'enregistrement de la requête, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " Membre de famille d'un citoyen de l'Union ". Si par une décision du 29 avril suivant elle a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", elle a en tout état de cause retiré cette décision par une décision du 16 mai 2024. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par M. A.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par M. A.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Michel, présidente,

Mme Lacroix, première conseillère,

Mme Reniez, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La rapporteure,La présidente,

E. ReniezC. Michel

La greffière,

S. Hosni

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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