mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2109989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 décembre 2021, 15 mai 2023, 29 mars et 23 avril 2024, Mme U AN, Mme Z AA, M. W H, Mme AK AD, M. B I, Mme A BA, M. AY M, Mme AH BB, Mme AS C, M. F AB, Mme AL O, Mme L E, Mme AQ AX, M. X P, M. AI AT, Mme D G, M. AJ R, M. AG AE, M. S J, Mme N T, Mme AF AV, Mme Q V, Mme AR AW, M. AG K, Mme AC AZ, Mme AU AO, M. AM AP et Mme Anaïs Widiez demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 19 juillet 2021 par laquelle le conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes a approuvé le plan régional de sécurité doté d'un budget de 300 millions d'euros et donné délégation à sa commission permanente pour préciser et mettre en œuvre les axes et mesures contenus dans ce plan et leurs éventuelles évolutions, ainsi que la décision du 12 octobre 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes la somme de 150 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête n'est pas tardive, dès lors que tant la demande de déféré préfectoral que le recours gracieux adressé au président du conseil régional ont prorogé le délai de recours contentieux ;
- la délibération attaquée a le caractère d'une décision faisant grief, susceptible de recours ;
- l'approbation du plan régional de sécurité est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que les conseillers régionaux n'ont pas disposé d'une information suffisante (absence de réponse aux questions posées et absence de communication des documents sollicités comme des critères pouvant entraîner la suspension des aides régionales) et ont été induits en erreur par les déclarations du président de séance selon lesquels tous les recours contre les délibérations du conseil régional ont échoué, que le président de séance a coupé une conseillère régionale au milieu de son intervention et qu'il en a empêché une autre de formuler une demande de vote séparé ;
- le dispositif de reconnaissance faciale dont elle prévoit le déploiement à titre expérimental n'a pas été autorisé par un décret en Conseil d'Etat édicté après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés ; aucune garantie n'est prévue pour préserver les droits et libertés des personnes concernées ;
- la mise à disposition d'une brigade régionale de sécurité qui pourra intervenir dans les transports scolaires et à l'intérieur des lycées et assurer une présence aux abords des établissements et dans les haltes de transport scolaires et périurbains régionaux excède les compétences dévolues à la région par l'article L. 4211-1 du code général des collectivités territoriales et l'article L. 214-6 du code de l'éducation et porte atteinte aux prérogatives des chefs d'établissement ; la sélection des opérateurs de sécurité privée ne saurait être confiée à la commission permanente, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 4221-5 du code général des collectivités territoriales ;
- la conditionnalité des aides régionales entraine une rupture d'égalité entre les administrés de la nation mais aussi, dès lors qu'elle ne trouvera à s'appliquer qu'en cas de signature d'un contrat de responsabilité et dépendra du règlement intérieur de chaque établissement, entre les administrés de la région, en méconnaissance de l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ;
- la suppression des aides régionales pendant une durée pouvant aller jusqu'à trois ans méconnaît le principe de légalité des délits et des peines ;
- le contrat de plan Etat-Région 2021-2027 n'a nullement pour effet d'associer le président du conseil régional à l'exercice par l'Etat de ses missions de police ; il ne saurait, dès lors, se voir communiquer, par le maire, des informations émanant de la police ou de la justice ni prononcer des sanctions, sans méconnaître le principe de la séparation des pouvoirs et les droits et libertés des intéressés.
Par des mémoires en défense, enregistré les 16 janvier et 14 septembre 2023, la région Auvergne-Rhône-Alpes, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors, d'une part, que la délibération du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes du 19 juillet 2021 ne fait pas grief et, d'autre part, que le recours gracieux adressé au président du conseil régional n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux, qui était, ainsi, expiré à la date d'introduction de la requête ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 avril 2024, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 23 avril 2024, a été reportée au 13 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- le code de l'éducation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gros, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- les observations de Mme AN et celles de Me Petit, représentant la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Une note en délibéré présentée par les requérants a été enregistrée le 9 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 19 juillet 2021, le conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes a approuvé le plan régional de sécurité, doté d'un budget de 300 millions d'euros, et donné délégation à sa commission permanente pour préciser et mettre en œuvre les axes et mesures contenus dans ce plan et leurs éventuelles évolutions. Par un courrier du 16 septembre 2021, réceptionné le 20 septembre 2021, Mme U AN, Mme Z AA, M. W H, Mme AK AD, M. B I, Mme A BA, M. AY M, Mme AH BB, Mme AS C, M. F AB, Mme AL O, Mme L E, Mme AQ AX, M. X P, M. AI AT, Mme D G, M. AJ R, M. AG AE, M. S J, Mme N T, Mme AF AV, Mme Q V, Mme AR AW, M. AG K, Mme AC AZ, Mme AU AO, M. AM AP et Mme Anaïs Widiez, conseillers régionaux, ont saisi le président du conseil régional d'un recours gracieux contre cette délibération, rejeté par une décision du 12 octobre 2021. Les requérants demandent au tribunal d'annuler la délibération du conseil régional du 19 juillet 2021 ainsi que la décision du président du conseil régional du 12 octobre 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'approbation du plan régional de sécurité :
2. Il ressort des pièces du dossier que par la délibération attaquée du 19 juillet 2021, le conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes a adopté un plan régional de sécurité doté d'un budget de 300 millions d'euros, motivé par l'engagement de la région en faveur de la préservation et du renforcement de la sécurité de ses habitants. Eu égard à leur formulation, les " axes et mesures " contenus dans ce plan, qui ont vocation à être précisés et mis en oeuvre selon les termes mêmes de la délibération litigieuse, constituent de simples orientations, n'emportant aucune conséquence juridique directe. Si, ainsi qu'il a été dit plus haut, la délibération attaquée précise les moyens que la région entend y consacrer, elle ne permet, en elle-même, l'engagement d'aucun financement. Dès lors, comme le fait valoir la région Auvergne-Rhône-Alpes en défense, la délibération attaquée, en tant qu'elle approuve le plan régional de sécurité doté d'un budget de 300 millions d'euros, ne peut être regardée comme un acte faisant grief. Par suite, les conclusions des requérants tendant à l'annulation de la délibération du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes du 19 juillet 2021 doivent, dans cette mesure, être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la délégation consentie à la commission permanente du conseil régional :
3. Aux termes de l'article L. 4133-6-1 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil régional fixe, par une délibération adoptée dans un délai de trois mois à compter de son renouvellement, la liste des compétences dont l'exercice est, sous son contrôle, délégué à sa commission permanente. Il peut modifier en cours de mandat la liste des compétences ainsi déléguées. ". Aux termes de l'article L. 4221-5 du même code : " Le conseil régional peut déléguer une partie de ses attributions à sa commission permanente, à l'exception de celles relatives au vote du budget, à l'approbation du compte administratif et aux mesures de même nature que celles visées à l'article L. 1612-15. ".
4. Le plan régional de sécurité prévoit, au titre de la compétence lycées, la mise à disposition d'une brigade régionale de sécurité qui pourra intervenir, afin d'assurer la sécurité des personnes et des biens, dans les transports scolaires et à l'intérieur des lycées à la demande et sous l'autorité fonctionnelle des chefs d'établissement et assurer une présence aux abords des établissements d'enseignement et dans les haltes des transports scolaires et interurbains régionaux. Si la mise en œuvre effective de cette mesure, que la délibération attaque délègue à la commission permanente du conseil régional, aura nécessairement des incidences budgétaires, cette circonstance ne permet pas, par elle-même, de considérer que la délégation ainsi consentie porterait sur les attributions du conseil régional relatives au vote du budget. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 4221-5 du code général des collectivités territoriales doit, dès lors, être écarté.
5. Par suite, et en l'absence d'autres moyens dirigés spécifiquement à l'encontre de la délégation consentie à la commission permanente, les conclusions des requérants tendant à l'annulation, dans cette mesure, de la délibération du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes du 19 juillet 2021 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
6. Compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 2 à 5, les conclusions des requérants tendant à l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 rejetant leur recours gracieux doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants au titre de leurs frais d'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la région Auvergne-Rhône-Alpes au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme AN, Mme AA, M. H, Mme AD, M. I, Mme BA, M. M, Mme BB, Mme C, M. AB, Mme O, Mme E, Mme AX, M. P, M. AT, Mme G, M. R, M. AE, M. J, Mme T, Mme AV, Mme V, Mme AW, M. K, Mme AZ, Mme AO, M. AP et Mme Y est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Auvergne-Rhône-Alpes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme U AN, représentante unique, pour l'ensemble des requérants, en application du deuxième alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
La rapporteure,
R. Gros
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026