jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2110089 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ANDUJAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Andujar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2021 par lequel la préfète de la Loire a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 423-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, sa situation familiale et professionnelle ainsi que ses efforts de réintégration après ses condamnations pénales n'ayant pas été pris en compte.
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui a produit une pièce enregistrée le 8 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Chapard.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 5 mai 1996, est entré régulièrement en France le 2 février 2000 par la procédure du regroupement familial. Il a obtenu le 4 juillet 2017 une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 4 juillet 2021, dont il a sollicité le renouvellement. Par arrêté du 15 novembre 2021, la préfète de la Loire a rejeté sa demande. M. B demande l'annulation de ce refus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
3. Il appartient à l'autorité administrative de délivrer, lorsqu'elle est saisie d'une demande en ce sens, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à l'étranger qui remplit les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle ne peut opposer un refus à une telle demande que pour un motif d'ordre public suffisamment grave pour que ce refus ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du demandeur. Lorsque l'administration lui oppose ce motif pour refuser de faire droit à sa demande, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète de la Loire a fondé le refus de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dont bénéficiait le requérant sur le fait que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Pour ce faire, la préfète s'est principalement fondé sur les quatre condamnations pénales dont il a fait l'objet entre 2015 et 2019, pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants et autres infractions en lien avec les stupéfiants. Ces condamnations ont donné lieu par deux fois à des amendes, de 500 euros le 24 février 2016 et de 450 euros le 8 juin 2018, mais également à une peine d'emprisonnement de quatre mois avec sursis prononcée le 15 octobre 2015 et à une peine d'emprisonnement de deux ans et six mois prononcée le 29 mai 2019. M. B démontre avoir procédé au paiement d'une partie des amendes dont il a ainsi fait l'objet, par plusieurs versements au Trésor public effectués entre le 7 octobre 2016 et le 6 mars 2018. Il produit également onze attestations de présence dans les locaux de l'association Rimbaud, un centre d'addictologie, où son addiction aux stupéfiants a été prise en charge de manière régulière du 26 septembre 2016 au 13 décembre 2017. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé justifiait, à la date de la décision en litige, d'une durée de séjour en France particulièrement longue, dès lors qu'il est entré sur le territoire français à l'âge de trois ans dans le cadre d'une procédure de regroupement familial et qu'il était âgé de 25 ans à la date de cette décision. Il a, en outre, suivi sa scolarité sur le territoire national jusqu'à la fin de l'année de troisième, en 2012. S'il est célibataire et sans charge de famille, il réside chez sa mère, titulaire d'une carte de résident de 10 ans délivrée le 2 février 2020, et a une sœur aînée, née en France, qui a obtenu la nationalité française. M. B démontre, par ailleurs, avoir entrepris une formation de peintre en centre de formation des apprentis en 2012, avoir suivi une formation professionnelle de " raccordeur abonnés clients fibre optique " du 29 mars 2021 au 27 mai 2021, avoir exercé une activité salariée de plusieurs mois dans différentes entreprises entre novembre 2015 et janvier 2021 et avoir été inscrit à Pôle emploi sur trois périodes entre le 30 juin 2017 et le 4 juillet 2021. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et tout particulièrement de la durée de sa présence en France, et alors que les autres faits liés à la menace pour l'ordre public que constituerait la présence en France de l'intéressé mentionnés par la préfète de la Loire dans sa décision ne sont étayés par aucun élément de justification, l'arrêté attaqué a porté une atteinte disproportionnée, au regard des buts en vue desquels il a été pris, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et est, dès lors, entaché d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 novembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique nécessairement d'enjoindre au préfet de la Loire de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 novembre 2021 de la préfète de la Loire est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026