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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2110406

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2110406

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2110406
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP GARNIER/DOHOLLOU/SOUET/ARION/

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 décembre 2021, la société Espace sans permis 69 et M. G A, représentés par la SELARL BLT Droit Public, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2021 par lequel le maire de Lyon (Rhône) a délivré à la société Groupe Launay Rhône-Alpes un permis de construire, valant permis de démolir, pour la réalisation d'un ensemble immobilier de douze logements sur un terrain situé rue Montesquieu ;

2°) de condamner la commune de Lyon aux entiers dépens de l'instance en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lyon la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'ils justifient d'un intérêt pour agir, le projet modifiant sensiblement les conditions de circulation de la rue desservant leurs locaux ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- le permis de démolir accordé par l'arrêté en litige a été délivré sur la base d'un dossier incomplet ; la demande ne comprend pas le formulaire Cerfa, ni le plan de masse des bâtiments à démolir et n'indique pas la date de construction de ces bâtiments ; les photographies jointes à la demande ne permettent pas de visualiser les bâtiments à démolir, notamment leur façade sud ;

- le projet autorisé méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, l'accès au projet ne présentant pas des conditions de sécurité satisfaisantes pour les usagers de la voie ;

- ce projet, situé en secteur UCe2a du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon, méconnaît les dispositions de ce secteur, où sont interdites les constructions à destination d'habitation ;

- il méconnaît l'article 1.2.2.2 b) des dispositions spécifiques à la zone UCe2 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon, les constructions à destination d'habitation étant interdites en bande de constructibilité secondaire ;

- il méconnaît l'article 2.5 des dispositions spécifiques à la zone UCe2 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon, la hauteur maximale prévue par ces dispositions étant dépassée ;

- il méconnaît l'article 4 des dispositions spécifiques à la zone UCe2 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire enregistré le 23 février 2022, la société Groupe Launay Rhône-Alpes, représentée par la SELARL Ares, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt pour agir et pour M. A de justifier d'une qualité pour agir ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2022, la ville de Lyon conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute pour la société requérante de justifier d'un intérêt pour agir ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

En application des dispositions de l'article R. 611-11-1 et du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été prononcée le 18 octobre 2022.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B C,

- les conclusions de Mme Marie Monteiro, rapporteure publique,

- les observations de Mme F, représentant la commune de Lyon,

- et les observations de Me Hipeau, représentant la société pétitionnaire.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 27 octobre 2021, le maire de Lyon a délivré à la société Groupe Launay Rhône-Alpes un permis de construire, valant permis de démolir, pour la réalisation d'un ensemble immobilier de douze logements sur un terrain situé rue Montesquieu. La société Espace sans permis 69 et M. A demandent d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". En application de l'article L. 2131-1 de ce code : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ".

3. Le permis de construire en litige a été signé par M. E D, adjoint délégué à l'urbanisme et à l'aménagement, à l'habitat et au logement, en vertu d'une délégation de fonctions et de signature du maire de Lyon datée du 1er septembre 2021, consentie notamment à cet effet. L'arrêté de délégation, dont la réalité de la publicité antérieurement à l'acte attaqué n'est pas critiquée, a été transmis aux services de la préfecture le 1er septembre 2021. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. ". L'article R. 451-1 du même code dispose que : " La demande de permis de démolir précise : () c) La date approximative à laquelle le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée ont été construits ; / () ". En vertu de l'article R. 451-2 du même code : " Le dossier joint à la demande comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'autorisation d'urbanisme portait à la fois sur la démolition de bâtiments existants et la réalisation de constructions nouvelles, ainsi que le prévoit le b) de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme. Contrairement à ce que font valoir les requérants, le dossier de demande de permis de construire, valant également demande de permis de démolir, indique, dans le formulaire Cerfa, la date approximative à laquelle les bâtiments dont la démolition est envisagée ont été construits, soit 1960. En outre, la demande précise que les trois bâtiments existants sur le terrain d'assiette, composés de 250 m² à destination d'habitation et de 42 m² à destination d'entrepôt et présentant une hauteur limitée au rez-de-chaussée ou à un étage au-dessus du rez-de-chaussée, seront entièrement démolis. Elle comprend enfin un plan de masse des démolitions, une vue aérienne identifiant les bâtiments à démolir ainsi que deux photographies de l'existant depuis la rue Montesquieu permettant d'apprécier l'insertion de ces bâtiments. Par suite, le dossier de demande comportait les éléments permettant à l'autorité compétente d'apprécier la nature et l'aspect extérieur des constructions à détruire, sans qu'il soit démontré qu'elles présentaient un intérêt spécifique attaché à leur insertion.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, qui emporte la création de seulement douze logements avec un local réservé au stationnement des vélos, aura un impact significatif sur la densité de la circulation sur la rue Montesquieu. En tout état de cause, à supposer même que cette voie de desserte du projet ne puisse que difficilement absorber le surplus d'usagers généré par le projet, cette seule circonstance n'est pas de nature à révéler une atteinte à la sécurité des usagers de la voie, notamment des élèves de l'école primaire située à proximité immédiate du projet. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les accès à l'immeuble projeté réservés aux piétons et cyclistes, envisagés depuis la rue Montesquieu, laquelle est rectiligne, d'une largeur de 4 mètres et, au droit du projet, à sens unique de circulation, seraient accidentogènes, les usagers tant de la voie que des accès disposant d'une visibilité suffisante. Les requérants ne peuvent en outre sérieusement se prévaloir de l'absence de description dans le dossier de demande de permis de construire des caractéristiques des accès, notamment pour les engins des services d'incendie et de secours, pour justifier d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 précité du code de l'urbanisme. Dès lors, les requérants n'apportent aucun élément de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation au regard des exigences de sécurité publique.

8. En quatrième lieu, d'une part, le règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon décrit la zone UCe2, dans laquelle se situe le terrain d'assiette du projet, comme une zone qui : " correspond à des ilots réguliers constitués par un front bâti structurant le long des rues, le plus souvent continu, cernant des cœurs d'ilots végétalisés ou partiellement bâtis (activités économiques et habitat). Les objectifs poursuivis sont de renforcer le caractère urbain de ce tissu, en préservant un front bâti sur rue dans un esprit de continuité et de maintenir des cœurs d'ilots aérés. Il s'agit également de rechercher une animation de la rue en favorisant la mixité des fonctions urbaines / La zone comprend deux secteurs qui se distinguent par une gestion différenciée des cœurs d'ilots / Sont admises, dans les 2 secteurs (UCe2a et UCe2b) les activités économiques et les constructions à destination d'habitation uniquement dans le secteur UCe2b ".

9. D'autre part, aux termes de l'article 1.1.1 des dispositions spécifiques à la zone UCe2 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Destinations des constructions ou de parties de construction interdites. a. Les constructions à destination d'exploitation agricole et forestière. ". En vertu de l'article 1.2.2.1 du règlement de cette même zone : " La profondeur de la bande de constructibilité principale : La profondeur de la bande de constructibilité principale* est fixée à : () - 17 mètres pour les constructions à destination d'habitation et de bureau ". L'article 1.2.2.2 du règlement de cette zone prévoit que : " () b. Dans le secteur UCe2a. Dans la bande de constructibilité secondaire*, les constructions sont admises dès lors qu'il s'agit : - de constructions à destination d'équipements d'intérêt collectif et services publics ; - de constructions à destination de commerce de détail, d'artisanat destiné principalement à la vente de biens et services, d'activités de service où s'effectue l'accueil d'une clientèle, de restauration, d'artisanat et d'industrie ; - de stationnements réalisés en sous-sol ou en silo ; - de balcons de constructions implantées dans la bande de constructibilité principale. ". Ainsi, l'article 1.1.1, qui réglemente indifféremment les secteurs UCe2a et UCe2b, n'interdit pas, par principe, la destination d'habitation, seul le b) de l'article 1.2.2.2, qui réglemente les bandes de constructibilité secondaires du secteur UCe2a, n'admettant pas les constructions à destination d'habitation.

10. Il résulte des dispositions rappelées au point 8, interprétées à la lumière des dispositions du chapitre 1 du règlement de la zone UCe2 rappelées au point 9, que les secteurs UCe2a et UCe2b ne se distinguent que quant aux caractéristiques des cœurs d'ilot, au sein desquels les destinations admises sont à différencier. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet, qui a pour objet la construction d'un bâtiment à usage d'habitation implanté seulement en front de rue, le fond de parcelle étant réservé à la réalisation d'espaces verts, méconnaît la vocation du secteur UCe2a.

11. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment projeté est entièrement implanté en bande de constructibilité principale, seule la terrasse en rez-de-chaussée qui, n'étant génératrice ni de surface de plancher ni d'emprise au sol, n'est pas un élément de la construction, étant située en bande de constructibilité secondaire. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que des portions de la construction projetée à destination d'habitation empiète irrégulièrement sur la bande de constructibilité secondaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions rappelées au point 9 doit, par suite, être écarté.

12. En sixième lieu, en vertu de l'article 2.5 des dispositions spécifiques à la zone UCe2 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " 2.5 - Hauteur des constructions. / 2.5.1.1 - La hauteur de façade des constructions. a. La hauteur de façade des constructions. La hauteur de façade* maximale des constructions figure aux documents graphiques du règlement (plan des hauteurs, plan de zonage ou plan masse). () / () / 2.5.1.2 - Le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC). Le volume enveloppe de toiture et de couronnement* (VETC) s'inscrit dans le volume enveloppe délimité par le VETC haut*. / () / 2.5.2 - Règles alternatives. Une hauteur de construction différente de celle prévue par la règle peut être appliquée dans les conditions et cas suivants : a. la construction ou l'extension* d'une construction qui est inscrite au sein d'une séquence d'un ensemble de constructions ou située entre deux constructions ayant des hauteurs différentes, d'un niveau au moins, de celles prévues par la règle. Dans l'objectif de garantir un épannelage harmonieux, la hauteur de façade* prévue par la règle peut être modulée (réduite ou augmentée) au maximum de la hauteur d'un niveau* sur tout ou partie de la construction. / L'harmonie de l'épannelage est appréciée sans tenir compte des constructions dont la hauteur est hors d'échelle au regard de celle prévue par la règle. / Toutefois, en présence d'un plan des hauteurs, dès lors qu'une construction située dans la bande de constructibilité principale* est implantée en contigüité d'une construction voisine présentant une hauteur de façade* : () - supérieure, d'un niveau au moins, à la hauteur maximale autorisée, la hauteur de façade* de ladite construction est majorée d'un niveau ; / la minoration ou la majoration d'un niveau de la hauteur de façade* peut être mise en œuvre sur tout ou partie de la construction dans l'objectif de la recherche d'un épannelage harmonieux. () ". Les dispositions communes à toutes les zones précisent que : " 2.5.3 - Niveaux de constructions - 2.5.3.1 - Hauteur des niveaux de construction. Un niveau est le volume compris entre le dessus du plancher bas et le dessus du plancher haut qui lui est immédiatement supérieur. Lorsque le dernier niveau n'est pas surmonté par un VETC, le dessus du plancher haut correspond au-dessus de la dalle brute. / La hauteur d'un niveau de construction se mesure verticalement du dessus du plancher bas au-dessus du plancher haut immédiatement supérieur. / Hors VETC, chaque niveau de construction comportant de la surface de plancher présente une hauteur minimale de 2,75 mètres, sauf règle différente prévue par la partie II ou la partie III du règlement. / Le rez de chaussée est le premier niveau d'une construction. ". Les dispositions de l'article 2.5.4.2.1 du règlement du PLU-H applicables à toutes les zones précisent, pour le VETC haut, que : " La hauteur maximale de ce VETC est : - soit de 5 mètres. Dans ce cas, il forme ainsi un niveau en attique. / - soit constituée par le volume déterminé par deux pentes de 40 % prenant appui sur un pied droit d'1,50 mètre, prenant lui-même naissance au point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction. ". En vertu de l'article 2.5.4.5 de cette même partie : " Le contenu des schémas ci-après a vocation à illustrer quelques possibilités de mise en œuvre des trois types de VETC, à partir d'exemples de gabarits de constructions les plus courants. D'autres possibilités de combinaisons entre hauteur de façade des constructions et types de VETC sont offertes en application des dispositions fixées ci-avant et celles prévues dans le règlement de chaque zone, section 2.5 et chapitre 4 (partie II du règlement) ou celles prévues dans la partie III du règlement ". Enfin, il résulte du plan des hauteurs C.2.4 que la hauteur maximale de façade autorisée sur le terrain d'assiette du projet est de 16 mètres.

13. D'une part, les requérants ne peuvent utilement faire valoir, en reprenant les données des schémas illustratifs présentés dans les dispositions générales du règlement du document d'urbanisme, qui constituent uniquement des exemples sur les gabarits les plus courants, que la hauteur du bâtiment, VETC inclus, ne peut dépasser 20 mètres.

14. D'autre part, s'il est constant que le projet dépasse la hauteur de construction maximale autorisée, VETC haut compris, il ressort des pièces du dossier que le projet s'interpose entre un immeuble de quatre étages au-dessus du rez-de-chaussée présentant une hauteur de façade supérieure, d'un niveau, à la hauteur de façade maximale autorisée, et un bâtiment d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée. Dès lors, en présentant une modulation à la hausse équivalant à un niveau, la hauteur de façade du projet implanté en bande de constructibilité principale, en contiguïté du bâtiment présentant lui-même une hauteur de façade supérieure d'un niveau à la hauteur maximale autorisée, le bâtiment envisagé ne méconnaît pas les dispositions précitées. A cet égard, il ressort de la notice descriptive que la société pétitionnaire a souhaité que la hauteur de l'égout du toit sur rue soit alignée sur celle de l'immeuble voisin afin d'avoir une continuité de façade depuis ce bâtiment contigu. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de la méconnaissance par le projet des dispositions précitées.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 4.2.4 des dispositions spécifiques à la zone UCe2 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Traitement des rez-de-chaussée ou socles. Les soubassements des constructions donnant sur rue sont conçus avec des matériaux répondant particulièrement à des critères de durabilité, de solidité et d'entretien. / () ". Les dispositions de l'article 4.2.5 de cette même partie prévoient que : " Le choix des matériaux utilisés en façade : - contribue à l'insertion harmonieuse de la construction dans son environnement, sans pour autant exclure une architecture contemporaine ; évite, au regard de leur pérennité, une trop grande diversité de matériaux dans une même façade. / ()b. Le choix des couleurs contribue à l'intégration harmonieuse de la construction dans le paysage environnant et notamment : - permet une harmonisation des coloris avec l'architecture de la construction ; - respecte l'ambiance chromatique de la rue ou de l'opération d'ensemble ; - souligne le parti architectural, tel que le rythme des façades.".

16. Les dispositions précitées ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, dont la façade sera traitée en enduit de teinte claire avec des huisseries en métal de couleur grise et des ouvertures en rez-de-chaussée habillées d'un cadre en bois brut, se caractériserait par une trop grande diversité de matériaux, contraire aux dispositions précitées, lesquelles n'interdisent en tout état de cause pas une telle diversité mais préconisent seulement de l'éviter. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que le bois prévu pour les ouvertures en rez-de-chaussée méconnaît les dispositions de l'article 4.2.4, qui n'imposent une durabilité et une solidité des matériaux que pour les soubassements des constructions. Enfin, les matériaux et couleurs envisagés pour l'enduit et les huisseries du projet ne créent pas de rupture avec les teintes et matériaux des constructions environnantes, qui comportent également des enduits aux teintes claires et, pour certaines, notamment l'immeuble contigu de quatre étages au-dessus du rez-de-chaussée, des huisseries de couleur grise. Le moyen doit ainsi être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par les défendeurs.

Sur les frais liés au litige :

19. Les conclusions présentées par la société Espace sans permis 69 et M. A, parties perdantes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. De même, et en tout état de cause, les conclusions de ces derniers fondées sur l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme globale de 1 400 euros au titre des frais exposés par la société Groupe Launay Rhône Alpes et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la société Espace sans permis 69 et M. A est rejetée.

Article 2 : La société Espace sans permis 69 et M. A verseront à la société Groupe Launay Rhône-Alpes la somme globale de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Espace sans permis 69 et M. G A, à la commune de Lyon et à la société Groupe Launay Rhône-Alpes.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,

Mme Marine Flechet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

A. Baviera

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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