jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200121 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 3ème chambre |
| Avocat requérant | WECKERLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 janvier 2022, M. C D, représenté par Me Weckerlin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2021 par lequel la préfète de l'Ain a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui restituer son titre de conduite valide dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité compétente ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire et du principe général des droits de la défense ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le principe de la présomption d'innocence ;
- l'infraction d'excès de vitesse reprochée n'est pas établie et elle est dépourvue de fondement légal ;
- la mesure est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal ayant désigné Mme Michel, présidente de la troisième chambre, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article ;
La magistrate désignée ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme Michel.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D demande l'annulation de l'arrêté du 15 novembre 2021 par lequel la préfète de l'Ain a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.
2. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué () / II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. Cette durée peut être portée à un an en cas d'accident de la circulation ayant entraîné la mort d'une personne ou ayant occasionné un dommage corporel, en cas de conduite sous l'empire d'un état alcoolique, de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2. / III.-A défaut de décision de suspension dans le délai prévu au premier alinéa du I du présent article, le permis de conduire est remis à la disposition de l'intéressé, sans préjudice de l'application ultérieure des articles L. 224-7 à L. 224-9. ".
3. En premier lieu, M. A B, signataire de l'arrêté du 15 novembre 2021, directeur des sécurités de la préfecture de l'Ain, disposait d'une délégation de signature à cet effet en vertu d'un arrêté de la préfète de l'Ain du 19 mai 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 21 mai suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". La décision par laquelle un préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route est une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration précité.
5. L'arrêté attaqué vise les dispositions applicables du code de la route et notamment les articles, L. 224-9 et R. 224-4 de ce code. Il précise l'identité et l'adresse du conducteur, relève que celui-ci a fait l'objet, le 11 novembre 2021 à 15h10 sur le territoire de la commune de Reyrieux, d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour dépassement de la vitesse maximale autorisée de 30 km/h ou plus, soit une vitesse retenue de 138 km/h pour une vitesse maximale autorisée de 80 km/h. Il précise également que cette infraction justifie, en raison du danger grave et immédiat que représente le conducteur en infraction pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même, une suspension pour une durée de six mois de son permis de conduire. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. La circonstance qu'il ne cite pas les dispositions prévoyant la répression de l'infraction en cause est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". L'article L. 121-2 du même code dispose que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; / (). ".
7. Comme indiqué au point 2, la décision par laquelle un préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route ordonne une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En l'absence d'une procédure contradictoire particulière organisée par les textes, le préfet doit se conformer aux dispositions des articles L. 121-1, L. 121-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, en informant le conducteur de son intention de suspendre son permis de conduire et de la possibilité qui lui est offerte de présenter des observations dans les conditions prévues par ces dispositions. Le préfet ne peut légalement se dispenser de cette formalité, en raison d'une situation d'urgence, que s'il apparaît, eu égard au comportement du conducteur, que le fait de différer la suspension de son permis pendant le temps nécessaire à l'accomplissement de la procédure contradictoire créerait des risques graves pour lui-même ou pour les tiers.
8. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que celui-ci a été pris au motif que M. D a été contrôlé, au moyen d'un appareil homologué, à une vitesse dépassant de 40 km/h ou plus la vitesse maximale autorisée, constitutive d'une infraction au code de la route. Eu égard au délai de 72 heures laissé à la préfète pour prononcer la suspension du permis de conduire et à la gravité de l'infraction commise par M. D, la préfète de l'Ain doit être regardée comme ayant été placée dans une situation d'urgence pour l'application des dispositions précitées. Dès lors, le requérant ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué, pris sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route, est intervenu en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ou du principe général des droits de la défense, faute pour la préfète de l'avoir mis à même de présenter ses observations.
9. En quatrième lieu, la mesure de suspension prononcée par la préfète de l'Ain est une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité des usagers de la route et non une décision juridictionnelle statuant en matière pénale. Il s'ensuit que M. D ne peut utilement invoquer à l'encontre de l'arrêté attaqué le principe de présomption d'innocence.
10. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que les faits sont établis par les constats circonstanciés des services de gendarmerie relevés dans le procès-verbal d'infraction du 11 novembre 2021 signé par le requérant et produit en défense, qui précise notamment que M. D a été contrôlé à 15h10 sur la route départementale n° 4, au niveau de la commune de Reyrieux, limitée à 80 km/h, à une vitesse retenue de 138 km/h, établie au moyen d'un appareil homologué. Ni la circonstance tirée de ce que ne figurent pas sur l'arrêté de mentions relatives à la voie de circulation, au point routier concerné, au sens de la circulation, au lieu d'interpellation, ni celle tirée de ce que ne figure pas davantage la moindre mention relative à l'appareil cinémomètre utilisé aux fins de constater l'infraction, alors au demeurant qu'aucune disposition n'impose de porter de telles indications sur l'arrêté attaqué, ni aucun élément produit par le requérant ne sont de nature à remettre en cause les mentions portées sur cet arrêté quant à la réalité de l'infraction commise. En outre, les allégations de M. D selon lesquelles la préfète aurait restreint la vitesse maximale autorisée sur cette portion de voie définie à l'article R. 413-2 du code de la route et que cette limitation n'aurait pas fait l'objet d'une signalisation particulière, ne sont pas établies par les pièces du dossier. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir ni que la matérialité des faits n'est pas établie ni que la préfète n'a pu légalement prendre l'arrêté attaqué en application de l'article L. 224-2 du code de la route.
11. En dernier lieu, eu égard à la gravité de l'infraction commise et au danger que le comportement de conduite de M. D crée pour tous les usagers de la route, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que la préfète de l'Ain, a, par l'arrêté attaqué, prononcé pour une durée de six mois la suspension de la validité de son permis de conduire sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route, sans que le requérant puisse se prévaloir utilement des conséquences de cette mesure sur son activité professionnelle.
12. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La magistrate désignée,
C. Michel
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026