vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | JOURDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 13 janvier 2022 et le 28 avril 2023, M. C A, représenté par Me Jourda, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ainsi que l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel cette même autorité l'a maintenu en congé de maladie ordinaire du 14 décembre 2020 au 12 mai 2021, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au département de la Loire de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 12 octobre 2020 et de régulariser sa situation en conséquence dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge du département de la Loire la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le refus de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 4 janvier et 10 mai 2023, le département de la Loire, représenté par la Selarl Cabinet d'avocat Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 2020-1131 du 14 septembre 2020 relatif à la reconnaissance en maladies professionnelles des pathologies liées à une infection au SARS-CoV2 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteur public,
- les observations de Me Jourda pour M. A, ainsi que celles de Me Garaudet pour le département de la Loire.
Considérant ce qui suit :
1. Conseiller supérieur socio-éducatif précédemment employé par le département de la Loire en qualité de chargé de mission au sein de la direction du service logement et habitat, M. A conteste, d'une part, la décision du 9 juillet 2021 confirmée sur recours gracieux par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'affection respiratoire aiguë qu'il a contractée au mois d'octobre 2020 et, d'autre part, l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel cette même autorité l'a maintenu en congé de maladie ordinaire pour la période du 14 décembre au 12 mai précédents.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions ".
3. Si la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie n'est pas subordonnée au caractère exclusif du lien entre cette maladie et l'exercice des fonctions de l'intéressé, la circonstance que la motivation de la décision en litige relève l'absence de lien " unique " entre la pathologie du requérant et son activité professionnelle ne permet toutefois pas de considérer en l'espèce, compte tenu en particulier de l'origine virale de cette pathologie, que l'autorité territoriale a entaché sa décision de l'erreur de droit qui est invoquée.
4. Pour soutenir que l'affection respiratoire aiguë liée à une infection au SARS-CoV2 qu'il a contractée au mois d'octobre 2020 est imputable au service, M. A se prévaut des avis en ce sens émis successivement, les 4 février et 10 juin 2021, par le Dr B et la commission de réforme et décrit les circonstances tirées de la chronologie des faits permettant selon lui de considérer que ses conditions de travail l'ont directement exposé à cette infection par voie de contagion. Toutefois, si M. A relève qu'il a contracté la Covid 19 quelques jours après qu'un de ses proches collègues a lui-même été déclaré cas contact et développé la maladie en cause, indique que l'ensemble des collègues de son service ont développé cette maladie de façon concomitante et expose que son employeur a tardé à mettre en place les mesures permettant d'éviter la contagion s'agissant en particulier de la fin de l'accueil du public, de la fermeture de la salle de convivialité ou de la généralisation du télétravail, les circonstances dont il est fait état, si elles ont trait aux risques encourus par le requérant du fait de la fréquentation de son lieu de travail, ne suffisent pas, au regard notamment d'un contexte de circulation active du virus en cause sur l'ensemble du territoire, pour établir l'existence d'un lien direct de causalité entre la pathologie du requérant et l'exercice de ses fonctions à l'exclusion d'une cause extérieure au service.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juillet 2021 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie ni, par suite, l'annulation de la décision du 3 septembre 2021 fondée sur ce refus et par laquelle cette même autorité l'a maintenu en congé de maladie ordinaire du 14 décembre 2020 au 12 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A à fin d'annulation n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre le département de la Loire, qui n'est pas la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions formées par le département de la Loire au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A et les conclusions présentées par le département de la Loire sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au département de la Loire.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026