mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200320 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier 2022 et 22 février 2023, M. A B, représenté par la SELARL Altius avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Champagne-au-Mont-d'Or a rejeté sa demande d'abrogation de la délibération du conseil municipal du 24 septembre 2020 portant approbation de la mise en place d'une procédure de concertation préalable au dépôt des permis de construire, pour les projets de travaux ou d'aménagements prévoyant la construction de logements de plus de 400 m² de surface de plancher, et d'une réunion publique d'information préalable pour les projets non soumis à concertation préalable ;
2°) d'enjoindre au maire de Champagne-au-Mont-d'Or d'abroger cette délibération dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de statuer à nouveau sur sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Champagne-au-Mont-d'Or une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mise en place d'une procédure de concertation préalable est illégale dès lors qu'elle n'est pas justifiée, ni nécessaire, ni proportionnée ; le délai d'instruction des demandes de permis de construire ne peut être majoré d'un mois en application de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme ;
- la mise en place d'une procédure de réunion publique d'information préalable est illégale dès lors qu'elle méconnaît l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, qu'elle est insuffisamment motivée et disproportionnée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 novembre 2022 et 8 février 2023, la commune de Champagne-au-Mont-d'Or, représentée par la SELARL Carnot avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Louche, représentant M. B, requérant,
- et celles de Me Arnaud, représentant la commune de Champagne-au-Mont-d'Or.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 24 septembre 2020 devenue définitive, le conseil municipal de la commune de Champagne-au-Mont-d'Or a approuvé la mise en place d'une procédure de concertation préalable au dépôt des permis de construire, pour les projets de travaux ou d'aménagements prévoyant la construction de logements de plus de 400 m² de surface de plancher, ainsi que, à la demande du maire ou du 1er adjoint en charge de l'urbanisme, d'une réunion publique d'information préalable pour les projets non soumis à concertation préalable. M. B, propriétaire de parcelles situées sur le territoire communal, a demandé au maire de Champagne-au-Mont-d'Or, par courrier du 29 octobre 2021 reçu le 2 novembre 2021, d'abroger cette délibération, demande qui a été implicitement rejetée le 2 janvier 2022. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision implicite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme : " Les projets de travaux ou d'aménagements soumis à permis de construire ou à permis d'aménager, autres que ceux mentionnés au 3° de l'article L. 103-2, situés sur un territoire couvert par un schéma de cohérence territoriale, par un plan local d'urbanisme ou par un document d'urbanisme en tenant lieu ou par une carte communale peuvent faire l'objet de la concertation prévue à l'article L. 103-2. Celle-ci est réalisée préalablement au dépôt de la demande de permis, à l'initiative de l'autorité compétente pour statuer sur la demande de permis ou, avec l'accord de celle-ci, à l'initiative du maître d'ouvrage. () / L'autorité mentionnée aux 1° à 3° de l'article L. 103-3 peut prendre une décision ou une délibération définissant, parmi les projets de travaux ou d'aménagements mentionnés au présent article, ceux qui, compte tenu de leur importance, de leur impact potentiel sur l'aménagement de la commune ou de la sensibilité du lieu où ils seront implantés, sont soumis à cette concertation. () ". Et aux termes de l'article L. 103-2 du même code : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : () / 3° Les projets et opérations d'aménagement ou de construction ayant pour effet de modifier de façon substantielle le cadre de vie, notamment ceux susceptibles d'affecter l'environnement, au sens de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, ou l'activité économique, dont la liste est arrêtée par décret en Conseil d'Etat ; / (). ".
3. Par une délibération du 24 septembre 2020, le conseil municipal de Champagne-au-Mont-d'Or a approuvé la mise en œuvre d'une procédure de concertation préalable au dépôt des permis de construire ayant pour objet la construction de logements de plus de 400 m² de surface de plancher. Il ressort des termes mêmes de la délibération litigieuse qu'elle est motivée par la morphologie du tissu urbain de la commune, les projets de construction de plus de 400 m² de surface de plancher ayant un impact non négligeable en termes d'insertion, de desserte et de préservation des espaces boisés ou végétalisés qui contribuent à l'identité du territoire communal. Si le requérant soutient qu'aucune circonstance ne justifie la modification du précédent seuil de 1 000 m² de surface de plancher fixé par la délibération du 28 novembre 2016, la commune de Champagne-au-Mont-d'Or fait valoir, sans être contestée, qu'elle est soumise à une forte pression foncière, que le territoire communal est majoritairement composé d'habitats individuels d'une surface de plancher moyenne de 150 m² et que le seuil de 400 m² permet de cibler les projets de logements collectifs de nature à avoir un impact non négligeable en termes d'insertion, de desserte et de préservation des espaces boisés ou végétalisés de la commune. Par ailleurs, la délibération litigieuse, qui a seulement pour objet de baisser le seuil de la surface de plancher précédemment approuvé et ne modifie pas la durée du délai d'instruction des demandes de permis de construire, se borne à rappeler les dispositions initiales de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, lesquelles pouvaient conduire à une majoration d'un mois du délai d'instruction des demandes de permis de construire. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la mise en œuvre d'une procédure de concertation préalable au dépôt des permis de construire ayant pour objet la construction de logements de plus de 400 m² de surface de plancher est illégale.
4. En second lieu, ni les dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire n'autorisent l'instauration d'une procédure de réunion publique d'information préalable, à la demande du maire, avant le dépôt des demandes de permis de construire ou des déclarations préalables, destinée à " offrir un temps d'échanges " pour les projets non soumis à concertation préalable. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de Champagne-au-Mont-d'Or a rejeté sa demande d'abrogation de la délibération du conseil municipal du 24 septembre 2020 en tant que celle-ci institue une procédure de réunion publique d'information préalable pour les projets non soumis à concertation préalable.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. Compte tenu de son motif, l'annulation de la décision refusant d'abroger les dispositions en litige de la délibération du 24 septembre 2020 implique nécessairement l'abrogation de ces dispositions. Par voie de conséquence, il y a lieu d'enjoindre au maire de Champagne-au-Mont-d'Or d'inscrire à l'ordre du jour de la séance du conseil municipal un projet de délibération portant abrogation de la délibération 24 septembre 2020 en tant qu'elle institue une procédure de réunion publique d'information préalable pour les projets non soumis à concertation préalable, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Champagne-au-Mont-d'Or une somme de 1 400 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par la commune de Champagne-au-Mont-d'Or au titre des frais engagés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du maire de Champagne-au-Mont-d'Or est annulée en tant qu'elle rejette la demande d'abrogation de la délibération du conseil municipal du 24 septembre 2020 en tant que celle-ci institue une procédure de réunion publique d'information préalable pour les projets non soumis à concertation préalable.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Champagne-au-Mont-d'Or d'inscrire à l'ordre du jour de la séance du conseil municipal un projet de délibération portant abrogation de la délibération 24 septembre 2020 en tant qu'elle institue une procédure de réunion publique d'information préalable pour les projets non soumis à concertation préalable, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Champagne-au-Mont-d'Or versera à M. B une somme de 1 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Champagne-au-Mont-d'Or présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Champagne-au-Mont-d'Or.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
F.-M. CLe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026