jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, M. A Daoud demande au tribunal d'annuler la décision du 10 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de La Grand'Croix a refusé la publication de l'article " Des caprins sauvages nous rendent chèvres ! " dans le bulletin municipal et d'enjoindre au maire de procéder à sa publication dans le prochain bulletin.
Il soutient que :
- l'article en cause, relatif à un événement qui s'est déroulé dans la commune voisine de Lorette, intéresse les administrés aux alentours ;
- le maire ne peut contrôler le contenu des articles publiés dans le bulletin municipal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, la commune de La Grand'Croix, représentée par Me Saban, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. Daoud sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte pas l'adresse du requérant et ne contient pas l'exposé des faits et de moyens, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- l'article proposé par M. Daoud ne porte pas sur les affaires communales ;
- il comporte des allégations mettant en cause personnellement son maire, susceptibles d'être diffamatoires, outrageants ou injurieux ;
- la décision de faire paraître l'article relève de la seule compétence du directeur de la publication.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacroix,
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- et les observations de Me Petit, représentant la commune de La Grand'Croix.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 10 janvier 2022, le maire de la commune de La Grand'Croix a rejeté la demande de publication dans le bulletin municipal de l'article " Des caprins sauvages nous rendent chèvres ! " proposé par M. Daoud, conseiller municipal d'opposition, au nom de la liste " Agir pour vous ". M. Daoud demande l'annulation de cette décision et qu'il soit enjoint au maire de procéder à sa publication dans le prochain bulletin municipal.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. (). ".
3. La requête de M. Daoud, qui indique notamment que le maire de la commune ne peut contrôler le contenu des articles publiés, renvoie à la décision attaquée, qui porte mention de son domicile, et à un courrier électronique du 14 janvier 2022, qui évoque l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, dont une copie est jointe à la requête. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de ce que la requête serait irrecevable à défaut de l'exposé de moyens et, en tout état de cause, de l'indication du domicile du requérant, doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal. ".
5. Il résulte des dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales qu'une commune de 1 000 habitants et plus est tenue de réserver dans son bulletin d'information municipale, lorsqu'elle diffuse un tel bulletin, un espace d'expression réservé à l'opposition municipale. Ni le conseil municipal ni le maire de la commune ne sauraient, en principe, contrôler le contenu des articles publiés, sous la responsabilité de leurs auteurs, dans cet espace. Il en va toutefois autrement lorsqu'il ressort manifestement de son contenu qu'un tel article est de nature à engager la responsabilité pénale du directeur de la publication, notamment s'il présente un caractère outrageant, diffamatoire ou injurieux de nature à engager la responsabilité du maire, directeur de publication du bulletin municipal, sur le fondement des dispositions de la loi du 29 juillet 1881.
6. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée que le maire de La Grand'Croix s'est opposé à la publication de l'article " Des caprins sauvages nous rendent chèvres ! ", rédigé par M. Daoud, au motif qu'il concernait un évènement survenu dans la commune voisine de Lorette et ne concernait pas les affaires de la commune de La Grand'Croix. Ce motif n'est toutefois pas au nombre de ceux qui peuvent légalement justifier la décision de refus de publication.
7. En second lieu, la commune de La Grand'Croix soutient dans son mémoire en défense que l'article comporte des allégations qui mettent en cause personnellement son maire susceptibles d'être diffamatoires, outrageant ou injurieux. Toutefois, l'article en question, qui intervient en soutien d'un arrêté du maire de la commune de Lorette du 14 décembre 2021 de procéder à la battue de chèvres divaguant sur le territoire communal, bien que polémique aux vues des articles de presse produits, ne contient manifestement aucun propos à caractère outrageant, diffamatoire ou injurieux de nature à engager la responsabilité du maire, sur le fondement des dispositions de la loi du 29 juillet 1881. Ce nouveau motif, opposé par la commune de La Grand'Croix dans son mémoire en défense, ne peut, lui non plus, légalement fonder la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède que M. Daoud est fondé à demander l'annulation de la décision du 10 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
10. Le présent jugement, qui annule la décision de refus de publication en tant qu'elle est contraire aux dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, implique nécessairement que le maire de la commune de La Grand'Croix, en sa qualité de directeur de publication du bulletin municipal, procède, sous réserve d'un changement de circonstance de droit ou de fait, à la publication de cet article dans le prochain bulletin municipal. Il y a lieu d'enjoindre au maire d'y procéder.
Sur les frais du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la commune de La Grand'Croix soit mise à la charge de M. Daoud, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 10 janvier 2022, par laquelle le maire de la commune de La Grand'Croix a rejeté la demande de publication de l'article " Des caprins sauvages nous rendent chèvres ! " dans le bulletin municipal, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de La Grand'Croix, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, de procéder à la publication de l'article " Des caprins sauvages nous rendent chèvres ! " dans le prochain bulletin municipal.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de La Grand'Croix sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A Daoud et à la commune de La Grand'Croix.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
La rapporteure,
A. Lacroix
La présidente,
C. MichelLa greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026