jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier et 18 juillet 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. D A, M. G B et Mme E F, représentés par Me Deygas, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 par lequel le maire de la commune de Valserhône a délivré un permis de construire à la société Les Erables en vue de l'édification d'un immeuble collectif à usage d'habitation totalisant quatre logements sur un terrain situé 26 rue Jean Jaurès et la décision du maire rejetant leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Valserhône le versement d'une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'insuffisances ;
- l'arrêté attaqué a méconnu l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'aucun permis de démolir n'a été délivré pour le projet ;
- l'implantation du bâtiment projeté méconnaît les dispositions de l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- l'insertion du projet dans son environnement ne respecte pas les exigences de l'article Ua 11 du même règlement et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, la commune de Valserhône, représentée par Me Thiry, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur conférant qualité pour agir en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public ;
- les observations de Me Gneno-Gueydan, suppléant Me Deygas, pour les requérants, et celles de Me Thiry, pour la commune de Valserhône.
Une note en délibéré a été enregistrée pour les requérants le 12 octobre 2022 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La société Les Erables a déposé et complété, le 10 mai 2021, une demande de permis de construire en vue de l'édification d'un immeuble collectif à usage d'habitation totalisant quatre logements sur un terrain situé 26 rue Jean Jaurès, sur le territoire de la commune de Valserhône. Par un arrêté du 3 août 2021, le maire de cette commune lui en a accordé le bénéfice. M. D A, M. G B et Mme E F demandent au tribunal l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté ainsi que de la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que, d'une part, si les plans de façade et de coupe ne font pas apparaître l'intégralité des façades du bâtiment, les parties de façade manquantes correspondent aux éléments borgnes immédiatement accolées aux bâtiments voisins du projet, permettant en cela à l'autorité administrative de statuer en toute connaissance de cause. D'autre part, les photographies produites, compte tenu de la conformation des lieux, ont permis à la même autorité d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche et plus lointain. Enfin, aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose que le dossier de demande de permis de construire contienne des éléments relatifs à la justification de l'impossibilité technique de réaliser des places de stationnement sur le terrain d'assiette du projet ou de la localisation des places de stationnement en dehors de ce terrain, exigence qui ne saurait résulter des dispositions du plan local d'urbanisme applicable.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou
d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la
fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis
de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans et énonciations de la notice joints au dossier de demande de permis de construire, qu'aucune construction n'a vocation à être démolie dans le cadre du projet de la société Les Erables, un permis de démolir antérieur ayant été exécuté sur ce terrain. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Valserhône : " Les constructions et installations admises doivent être implantées à l'alignement des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation générales et des emprises publiques existantes, à modifier ou à créer. () Exceptions : Lorsqu'il existe un alignement de fait des façades différent du principe ci-dessus, pour un motif de perspective monumentale, il pourra être imposé un recul pour l'implantation de constructions par rapport aux voies et emprises publiques ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire, que le projet de la société Les Erables est implanté à l'alignement de la rue Jean Jaurès. Si les requérants se prévalent de l'implantation d'un bâtiment voisin du projet, en retrait de cette voie publique, il ressort des plans joints au dossier de demande que cette implantation en retrait, isolée, ne saurait à elle-seule constituer un alignement de façade justifiant qu'un alignement exceptionnel soit prescrit alors que l'ensemble des autres bâtiments environnant sont implantés, à l'instar du projet, à l'alignement de la rue Jean Jaurès. Le moyen doit ainsi être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article Ua 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Valserhône : " () les façades des bâtiments neufs seront enduites par tout type de revêtements extérieurs. () L'étude des couleurs fera l'objet d'une attention particulière, notamment pour préserver une harmonie sur une même façade () ". Selon l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
9. Les requérants soutiennent que l'insertion du projet dans son environnement s'opère en rupture avec celui-ci dès lors que les coloris choisis sont de couleur grise, avec l'usage d'aluminium et de PVC. Il ressort des pièces du dossier que l'environnement bâti dans lequel s'insère le projet est essentiellement constitué de constructions à usage d'habitation de deux à quatre niveaux ne présentant pas d'homogénéité architecturale particulière. Dans ces conditions, le projet en litige, présentant trois niveaux et de facture contemporaine, ne saurait être regardé comme y opérant une rupture. De même, aucune des dispositions de l'article Ua 11 invoqué ne prescrivent une teinte ou des matériaux particuliers, les choix opérés n'apparaissant par ailleurs pas en rupture avec l'environnement du projet. Enfin, la circonstance que l'avis de l'architecte des Bâtiments de France n'a pas été produit à l'instance ou communiqué aux requérants est sans incidence sur l'appréciation portée par l'autorité compétente. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'insertion du projet méconnaîtrait les dispositions précitées.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Valserhône, qui n'est la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser la somme que demandent les requérants sur leur fondement. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A et autres le versement d'une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête n° 2200681 est rejetée.
Article 2 : M. A et autres verseront à la commune de Valserhône une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, représentant unique des requérants, à la commune de Valserhône et à la société Les Erables.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Deniel, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026