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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2200692

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2200692

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2200692
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantTCHATAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier 2022 et 12 juillet 2022, la SCI 34 route d'Ecully, représentée par Me Tchatat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de Tassin-la-Demi-Lune a refusé de lui délivrer un permis de construire un ensemble immobilier de 55 logements, dont 17 logements sociaux, et un local artisanal et commercial sur un terrain situé 170 avenue Charles de Gaulle, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commune de Tassin-la-Demi-Lune de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Tassin-la-Demi-Lune une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des règles du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon relatives à la mixité sociale est entaché d'erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des règles prévues au chapitre 2 de la zone URm1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon relatives aux règles d'implantation par rapport aux limites séparatives est entaché d'erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 2.3 du chapitre 2 de la zone URm1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon relatives aux règles d'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur un même terrain est entaché d'erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article 3.1 du chapitre 3 de la zone URm1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon relatives à l'aménagement des espaces libres est entaché d'erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur la méconnaissance des dispositions des articles 5.2.2 et 5.5.5.1 de la zone URm1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon relatives aux modalités de réalisation des aires de stationnement est entaché d'erreur d'appréciation ;

- le motif de refus fondé sur l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est illégal dès lors que l'extension du réseau électrique, induite par le projet, est mineure et que le financement de ces travaux peut être pris en charge par la commune ;

- le motif de refus fondé sur la dangerosité de l'accès du projet méconnaît les dispositions de l'article 5.1.1.2.2 b de la partie I du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon relatives aux accès et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la configuration de l'accès ne remet pas en cause la sécurité des usagers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, la commune de Tassin-la-Demi-Lune, représentée par la SELARL Cabinet d'Avocats Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par ordonnance du 28 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- et les observations de Me Teyssier, représentant la commune de Tassin-la-Demi-Lune.

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 juin 2021, la SCI 34 route d'Ecully a déposé en mairie de Tassin-la-Demi-Lune une demande de permis de construire pour la réalisation d'un ensemble immobilier de 55 logements, dont 17 logements sociaux, et un local artisanal et commercial sur un terrain situé 170 avenue Charles de Gaulle. La SCI 34 route d'Ecully demande l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de Tassin-la-Demi-Lune a refusé l'autorisation d'urbanisme ainsi sollicitée, ainsi que de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter, dans les zones urbaines ou à urbaniser, des secteurs dans lesquels, en cas de réalisation d'un programme de logements, un pourcentage de ce programme est affecté à des catégories de logements qu'il définit dans le respect des objectifs de mixité sociale. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1.1.2.2.3 de la partie I du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " Secteur de mixité sociale (SMS). / Dans ces secteurs, délimités par les documents graphiques du règlement au sein de zones U ou AU, en cas de réalisation d'un programme d'habitation (dans une ou plusieurs constructions) supérieur à un seuil défini par le PLU-H, un pourcentage minimum de la surface de plancher de ce programme est destiné à des catégories de logements ou d'hébergements déterminées, au sein des types de logements ou d'hébergements selon la nomenclature définie ci-avant. / Un tableau figurant en partie III du règlement écrit définit, en conséquence, pour chaque secteur : / - le seuil à partir duquel cette servitude d'urbanisme s'applique ; / - la ou les catégories de logements ou d'hébergements exigées et le pourcentage afférent, qui s'applique par rapport à la surface de plancher totale du programme d'habitation, en les distinguant selon leur mode de financement et, le cas échéant, selon leur affectation. / () ". Pour un projet de construction neuve de plus de 800 m² de surface de plancher situé en secteur 1 de mixité sociale, comme en l'espèce, les prescriptions d'urbanisme C.3.1 applicables à la commune de Tassin-la-Demi-Lune imposent qu'un pourcentage minimal de 30 % de la surface de plancher soit affecté au logement aidé de type PLUS-PLAI (Prêt locatif à usage social - Prêt locatif aidé d'intégration).

4. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'une superficie de 4 123 m² de surface de plancher, dont 3 873 m² sont affectés au logement. Toutefois, d'une part, si le projet prévoit la création de 382 m² affectés aux logements aidés de type PLAI-LLTS, il ne précise pas la répartition opérée entre ces deux types de logements. D'autre part, si le projet prévoit également la création de 918 m² affectés aux logements aidés de type PLUS-LES-PSLA-PLS-LLS, il ne précise pas davantage la répartition opérée entre ces différents types de logements. Dans ces conditions, les pièces du dossier de la demande de permis ne permettent pas de s'assurer du respect de la règle d'un pourcentage minimal de 30 % de surface de plancher affecté aux logements aidés exclusivement de type PLUS-PLAI. Ainsi, le maire est fondé à opposer au projet le motif tiré de ce qu'il n'est pas établi que les exigences fixées par les dispositions précitées du règlement du PLU-H sont respectées.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.2.1.3, relatif à la bande de constructibilité secondaire et pour les constructions de second rang dans une morphologie en peigne, de la zone URm1 du règlement du PLU-H : " Les constructions sont implantées en retrait des limites séparatives. / Le retrait est au moins égal à la moitié de la hauteur de la façade de la construction avec un minimum de 4 mètres, sans toutefois qu'il puisse être exigé un retrait supérieur à 12 mètres. () ". Le retrait est défini par le règlement du PLU-H comme étant " la distance mesurée horizontalement entre tous les points de la façade de la construction et ceux correspondant à la projection verticale d'une limite séparative, qui sont situés à la même altimétrie ".

6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de la façade sud du bâtiment A, que la hauteur de cette façade s'élève à 9,54 mètres. Or, il ressort du plan de masse que ce bâtiment est implanté avec un retrait de seulement 4,10 mètres, au plus, de la limite séparative sud, soit à une distance inférieure à la moitié de la hauteur de la façade (4,77 mètres), en méconnaissance des dispositions citées au point 5. Dans ces conditions, et alors au surplus que le maire a retenu dans l'arrêté attaqué une hauteur de ladite façade du bâtiment A de 8,52 mètres, plus favorable à la société pétitionnaire, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que le maire a méconnu les dispositions précitées de l'article 2.2.1.3 applicable à la zone URm1 du règlement.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.3.1, relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur un même terrain, de la zone URm1 du règlement du PLU-H : " La distance minimale entre constructions ou parties de construction non contigües implantées sur un même terrain, hors césures et fractionnements, est : / () - au moins égale à la moitié de la hauteur de façade la plus élevée avec un minimum de huit mètres dans le cas où l'une des constructions développe une longueur de façade au plus égale à 15 mètres ou dans le cas où les constructions ne sont pas en vis-à-vis. / Toutefois, la distance minimale exigée entre deux constructions ne peut être supérieure à 20 mètres. () ". Pour le calcul de cette distance, le règlement précise que ne sont pas pris en compte les débords de toiture, les balcons, les oriels et les marquises dont la profondeur est inférieure ou égale à 1,10 mètre par rapport au nu général de la façade.

8. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan de masse, que les balcons de la façade nord-ouest du bâtiment C présentent une profondeur de 2 mètres. Ainsi, en application des dispositions précitées, les débords des balcons doivent être pris en compte pour le calcul de la distance entre le bâtiment B et le bâtiment C. Il ressort également des pièces du dossier que la distance, ainsi calculée, entre ces deux bâtiments est inférieure à 8 mètres. Dans ces conditions, le maire a pu, à juste titre, considérer que la distance entre le bâtiment B et le bâtiment C méconnaît les dispositions précitées de l'article 2.3.1 de la zone URm1 du règlement du PLU-H.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.1, relatif aux principes d'aménagement des espaces libres, de la zone URm1 du règlement du PLU-H : " L'aménagement des espaces libres ne peut être réduit à un traitement des surfaces résiduelles de l'emprise du bâti, mais il est intégré dans la conception globale de tout projet comme un élément structurant, source de paysage et de biodiversité. Il concourt à : / l'insertion des constructions dans leur paysage urbain et à la qualité des transitions entre espaces bâtis ; / l'amélioration du cadre de vie d'un point de vue paysager et bioclimatique ; / l'enrichissement de la biodiversité en ville ; / la gestion de l'eau pluviale et de ruissellement. () ". Et aux termes des dispositions de l'article 3.1.1 applicables dans l'hypothèse d'une " morphologie en peigne " en zone URm1 du règlement du PLU-H : " Outre les dispositions générales prévues ci-avant, la mise en œuvre de la morphologie en peigne suppose que la composition du projet s'organise dans un rapport équilibré entre le bâti et le végétal. / La composition paysagère, à dominante végétale, est conçue comme la maille qui structure le projet et donne un sens à sa composition générale. / Les espaces entre les constructions de premier rang : / créent des percées visuelles continues pénétrant dans la profondeur du terrain ; / reçoivent un traitement paysager, pouvant allier le végétal au minéral, créant une réelle interface de qualité. "

10. Il ressort des pièces du dossier que, si le projet prévoit la création d'espaces de pleine terre, l'implantation d'arbres de haute tige et la conservation de certains arbres sur les limites séparatives nord, sud et ouest du terrain d'assiette, ainsi que l'implantation de massifs floraux entre les bâtiments B et C, il ne prévoit aucun traitement paysager au niveau des espaces existants entre les bâtiments C et D, qui constituent les constructions de premier rang situées sur l'avenue Charles de Gaulle, la seule " dalle brut attique ", d'une surface réduite, comprenant un espace vert de pleine terre, au demeurant inférieur à 4 mètres de profondeur, mentionnée sur le plan n° 303, n'étant pas de nature à créer une réelle interface de qualité eu égard à la composition paysagère structurant le projet. Dans ces conditions, le maire a pu légalement opposer à la société pétitionnaire le motif tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 9 de l'article 3.1 de la zone URm1 du règlement du PLU-H.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5.2.2.1, relatif aux modalités différenciées selon la destination des constructions et le secteur de stationnement, de la zone URm1 du règlement du PLU-H : " () dans les secteurs de stationnement Da, Dab, Db, Dc et E : les places de stationnement sont réalisées en sous-sol, sauf en cas soit de contraintes techniques ou liées aux caractéristiques de l'opération et de la configuration de son terrain d'assiette (terrain de faible superficie), soit d'une insertion urbaine complexe, soit du respect de caractéristiques patrimoniales (). Et aux termes de l'article 5.2.2.2, relatif aux modalités d'application de l'obligation de réaliser les places en sous-sol, de la zone URm1 du règlement du PLU-H : " () Dès lors qu'est imposée la réalisation des places de stationnement en sous-sol, cette obligation n'est pas applicable, sous réserve d'une insertion qualitative des aires de stationnement dans la composition urbaine et paysagère du projet : () / d. aux places de stationnement destinées aux livraisons, aux camions et autocars, aux véhicules de secours et ambulances ; () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit une place de stationnement en surface destinée au local artisanal. Si la commune fait valoir qu'il n'est pas établi que cette place de stationnement sera destinée à la livraison du local artisanal, il n'est pas contesté, d'une part, que le projet prévoit un nombre de 65 places de stationnement en sous-sol, soit un nombre supérieur aux 59 places de stationnement exigées par les dispositions du PLU-H et, d'autre part, que des places de stationnement en sous-sol seront destinées au local artisanal. Ainsi, la commune ne peut sérieusement soutenir que ladite place de stationnement destinée au local artisanal ne correspond pas aux caractéristiques de l'opération, ni qu'elle ne sera pas destinée aux livraisons du local artisanal compte tenu de la destination de la construction projetée. Dans ces conditions, le maire a entaché ce motif de refus d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles 5.2.2.1 et 5.2.2.2 de la zone URm1 du règlement.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

14. Par ailleurs, en application de l'article L. 332-15 de ce code, " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, (). / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés (). / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures. () ".

15. Dans son avis rendu le 12 août 2021, la société Enedis a mentionné que le projet de la société requérante implique un raccordement au réseau électrique d'une longueur de 8 mètres, à réaliser sur le terrain d'assiette de l'opération, dont le montant a été estimé à 5 726,45 euros HT. Dès lors, le maire pouvait, en application de l'article L. 332-15 précité du code de l'urbanisme, aucune extension ou renforcement du réseau public n'étant nécessaire, exiger de la société SCI 34 route d'Ecully la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement du projet. Dans ces conditions, le maire n'a pu légalement refuser le permis de construire en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". L'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H dispose que : " - Conditions d'accès des terrains aux voies de desserte - / () / b. Caractéristiques des accès. () Les accès : - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : - de la position des accès et de leur configuration ; - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / () ".

17. Dès lors que les dispositions du règlement d'un document local d'urbanisme invoquées par un requérant ont le même objet que celles, également invoquées, d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du document local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.

18. D'une part, il ne résulte pas des dispositions précitées qu'il existerait une obligation d'implantation perpendiculaire de l'accès réservé aux véhicules. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'accès réservé aux véhicules débouchera sur une voie rectiligne à double sens. Il n'est pas établi, ni même allégué, que les caractéristiques de cette voie, qui présente une largeur suffisante, entraînent des risques pour la sécurité des usagers. La configuration de l'accès projeté, implanté en retrait de cette voie et offrant de bonnes conditions de visibilité, ne présente pas davantage de risques. Ainsi, la commune n'établit pas que des pans coupés aménagés de chaque côté de l'accès seraient nécessaires pour assurer de bonnes conditions de visibilité. Dans ces conditions, nonobstant l'avis défavorable émis par le service gestionnaire de la voirie, le maire a entaché le motif de refus tiré de l'existence de risques pour la sécurité d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H.

19. Il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les motifs tirés de la méconnaissance des règles du PLU-H relatives à la mixité sociale et des dispositions des articles 2.2.1.3 et 2.3.1 de la zone URm1 du règlement du PLU-H, ainsi que du non-respect des principes d'aménagement des espaces libres fixés par l'article 3.1 de cette même zone. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la société SCI 34 route d'Ecully doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Tassin-la-Demi-Lune, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par cette commune sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI 34 route d'Ecully est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Tassin-la-Demi-Lune sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société 34 route d'Ecully et à la commune de Tassin-la-Demi-Lune.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,

Mme Marie Chapard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

F. ALe président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

A. Baviera

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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