mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200748 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GOGUELAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2022, l'EURL Sotralup, représentée par Me Goguelat, demande au tribunal :
1°) la décharge de l'obligation de payer procédant de la mise en demeure, tenant lieu de commandement de payer, du 15 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a jamais été destinataire des avis d'imposition supplémentaires en dépit de ses demandes et l'article L. 257-0 du livre des procédures fiscales ne peut en conséquence lui être appliqué ; elle n'a en conséquence pas été en mesure de présenter une réclamation d'assiette ;
- la mise en demeure ne peut pas requérir le paiement de sommes dont la mise en recouvrement n'a pas été effectuée ou n'a pas été connue du contribuable ;
- la mise en demeure est nulle dès lors qu'elle fait état d'un délai de 8 jours avant engagement des poursuites alors que selon l'article L. 257-0 du livre des procédures fiscales, l'engagement des poursuites n'est possible qu'à l'expiration d'un délai de 30 jours suivant la mise en demeure ;
- le rejet de l'opposition à poursuite cite une lettre de relance sans la produire ;
- la majoration de non-recouvrement n'est pas motivée en méconnaissance de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales ;
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par l'EURL Sotralup ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Sotralup a fait l'objet de suppléments de cotisations foncières des entreprises au titre des années 2018 et 2019 qui ont été mis en recouvrement le 20 avril 2021 pour les sommes respectives de 2 338 euros et 2 457 euros. La société a réglé ces sommes par chèques datés du 28 juin 2021, postérieurement à la date limite de paiement fixée au 15 juin 2021. A la suite de deux lettres de relance émises le 27 juillet 2021, elle a été destinataire d'une mise en demeure le 15 septembre 2021 tendant au paiement de la majoration de recouvrement pour non-paiement dans le délai requis prévue à l'article 1731 du code général des impôts d'un montant de 123 euros au titre de l'année 2016 et 117 euros au titre de l'année 2017. L'EURL Sotralup demande la décharge de l'obligation de payer résultant de cette mise en demeure.
Sur les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer :
2. En premier lieu, si l'EURL Sotralup fait valoir, d'une part, que la mise en demeure du 15 septembre 2021 n'est pas motivée en violation de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, et d'autre part, qu'elle fait état à tort d'un délai de 8 jours avant engagement des poursuites en lieu et place du délai de 30 jours en méconnaissance du point 2 de l'article L. 257-0 A du livre des procédures fiscales, et enfin que l'administration ne produit pas la lettre de relance prévue à l'article L. 257-0 B du livre des procédures fiscales, ces moyens se rattachent à la régularité en la forme de l'acte de poursuite. Par suite, il n'appartient qu'au juge judiciaire, saisi par la personne poursuivie dans les conditions fixées par l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, d'en connaître.
3. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 1731 du code général des impôts : " 1. Donne lieu à l'application d'une majoration de 5 % tout retard dans le paiement des sommes qui doivent être versées aux comptables de l'administration fiscale au titre des impositions autres que celles mentionnées à l'article 1730. ". Aux termes de l'article 1731 B du même code : " Pour la cotisation foncière des entreprises, la majoration prévue au 1 de l'article 1731 s'applique :1° Aux sommes mentionnées sur un rôle qui n'ont pas été acquittées dans les quarante-cinq jours suivant la date de mise en recouvrement de ce rôle, sans que cette majoration puisse être appliquée avant le 15 septembre pour les impôts établis au titre de l'année en cours ; ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs ou, pour les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière, au rôle de cet impôt, dans les conditions prévues aux articles 1658 à 1659 A du code général des impôts. L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement. () ". Aux termes de l'article L. 257-0 A du même livre dans sa version applicable au litige : " 1. A défaut de paiement de l'acompte mentionné à l'article 1663 C du code général des impôts ou des sommes mentionnées sur l'avis d'imposition à la date limite de paiement ou de celles mentionnées sur l'avis de mise en recouvrement et en l'absence d'une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement formulée dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 277, le comptable public compétent adresse au contribuable une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte de poursuite devant donner lieu à des frais au sens de l'article 1912 du code général des impôts. 2. Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement ou d'une demande de sursis de paiement au sens de l'article L. 277, le comptable public compétent peut engager des poursuites à l'expiration d'un délai de trente jours suivant sa notification. () ".
5. Il est constant que l'EURL Sotralup a réglé par deux chèques du 28 juin 2021 les suppléments de cotisations foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017, mises en recouvrement le 20 avril 2021, postérieurement à la date limite de paiement fixée au 15 juin 2021. Si la société fait valoir qu'elle n'a pas été destinataire de l'avis d'imposition correspondant à ces impositions, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il vient d'être dit, qu'elle s'est acquittée du règlement des sommes figurant sur cet avis d'imposition et qu'elle ne fait état d'aucune circonstance particulière qui expliquerait qu'elle ne l'aurait pas reçu alors que l'administration fait valoir sans être contestée que cet avis, bien qu'elle n'en ait pas gardé la copie, a été libellé au nom et à l'adresse, Riattez à Curtafond (01310), lieu soumis à la cotisation foncière des entreprises, par courrier simple sous pli fermé conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales. Par suite, la société requérante doit en l'espèce être regardée comme ayant été destinataire de cet avis et comme ayant ainsi été informée de la mise en recouvrement des impositions ainsi que de la date limite de paiement.
6. Il résulte de ce qui précède que l'EURL Sotralup n'est pas fondée à demander la décharge de l'obligation de payer résultant de la mise en demeure du 15 septembre 2021.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de l'EURL Sotralup est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Sotralup et au directeur départemental des finances publiques de l'Ain.
Délibéré après l'audience le 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
E. Seytre
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026