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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2200985

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2200985

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2200985
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL ITINERAIRES AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 février et 10 novembre 2022, M. A C, représenté par la SELARL Itinéraires Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2021 par lequel le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a délivré à M. B un permis de construire pour la surélévation du garage d'une maison d'habitation, ainsi que la décision du 14 décembre 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête a été introduite dans le délai de recours ;

- il justifie d'un intérêt à agir en raison des nuisances qu'engendreront les travaux et des vues créées par le projet sur sa propriété ;

- le dossier de demande de permis comporte des incohérences quant à l'orientation du projet ;

- le projet méconnaît l'article 2.5.3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat, puisqu'il n'est pas démontré que le niveau créé présenterait une hauteur d'au moins 2,75 mètres ;

- le projet méconnaît l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URi2 puisqu'il n'est pas implanté en retrait de plus de 6 mètres et ne peut bénéficier des dérogations prévues à cette règle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, représentée par la SELARL Chanon Leuleu Associés, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer ou qu'une annulation partielle soit prononcée, et, en toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge de M. C le versement d'une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- M. C est dépourvu d'intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juillet 2022 et 13 janvier 2023, M. D B, représenté par la SELARL Delsol Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- M. C est dépourvu d'intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 15 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chapard,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Garifulina, pour M. C, requérant,

- les observations de Me Luzineau, substituant la SELARL Chanon Leuleu Associés, pour la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon,

- et les observations de Me Castiglione, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé le 8 avril 2021 en mairie de Sainte-Foy-lès-Lyon une demande de permis de construire pour la surélévation du garage d'une maison d'habitation située en zone URi2 du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon. Par arrêté du 2 septembre 2021, le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. M. C a exercé un recours gracieux contre cet arrêté par courrier du 28 octobre 2021, lequel a été rejeté par le maire par une décision du 14 décembre 2021. M. C demande l'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2021 et de cette décision.

2. En premier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis que, comme le soutient le requérant, les points cardinaux indiqués sur les plans des façades sont erronés, les façades indiquées comme étant les façades ouest et est étant en réalité les façades nord et sud de la maison de M. B et celle indiquée comme étant la façade nord étant la façade est. Pour autant, ce dossier de demande s'accompagne de documents d'insertion graphique, qui identifient correctement l'orientation des façades représentées, ainsi que d'un plan de situation et d'un plan de masse, permettant au service instructeur de se repérer par rapport à la voie publique située au nord du projet et visible sur ces plans. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'appréciation du service instructeur a été faussée par les incohérences du dossier déposé.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.5.3.1 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon : " Hauteur des niveaux de construction / Un niveau est le volume compris entre le dessus du plancher bas et le dessus du plancher haut qui lui est immédiatement supérieur. Lorsque le dernier niveau n'est pas surmonté par un VETC, le dessus du plancher haut correspond au-dessus de la dalle brute. / La hauteur d'un niveau de construction se mesure verticalement du dessus du plancher bas au-dessus du plancher haut immédiatement supérieur. / Hors VETC, chaque niveau de construction comportant de la surface de plancher présente une hauteur minimale de 2,75 mètres, sauf règle différente prévue par la partie II ou la partie III du règlement. / () ".

5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de coupe joint à la demande de permis, que l'espace créé par le projet en cause présente une hauteur de 2,97 mètres. Cette hauteur correspond, comme le fait valoir le pétitionnaire dans ses écritures, à la hauteur actuelle du rez-de-chaussée côté rue de la maison existante, soit 2,63 mètres, majorée de la hauteur des deux marches qui permettent de relier la maison actuelle à la partie à créer. Dans ces conditions, et alors que M. C ne démontre pas que le calcul de la hauteur de 2,97 mètres figurant sur les plans serait erroné, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.5.3.1 précité du règlement doit être écarté.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URi2 : " Les constructions sont implantées en retrait* des limites séparatives* / Le retrait* est au moins égal à 6 mètres (R = 6 m). / Toutefois, les constructions ou parties de construction ayant une hauteur de façade* au plus égale à 3,50 mètres, peuvent être implantées : / - soit sur une seule limite séparative*, sur une longueur au plus égale aux / 2/3 du linéaire de la limite séparative* concernée, / - soit avec un retrait* moindre que celui fixé ci-avant, sur une seule limite séparative*. / () ". Aux termes de l'article 2.2.2 de ce règlement : " Règles alternatives / Une implantation différente de celle prévue par la règle peut être appliquée dans les conditions et cas suivants : / () d. l'extension d'une construction existante, à la date d'approbation du PLU-H, dont l'implantation n'est pas conforme à la règle, dès lors qu'elle est réalisée dans le respect d'une harmonie d'ensemble avec la construction existante dans le prolongement des murs et qu'aucune baie nouvelle n'est créée dans les parties de la construction qui ne respecteraient pas le retrait minimal prévu par la règle. "

7. Il n'est pas contesté que la maison du pétitionnaire a été construite antérieurement à la date d'approbation du plan local d'urbanisme et de l'habitat et que son implantation en limite séparative est du terrain d'assiette n'est pas conforme à la règle de retrait minimal fixée par l'article 2.2.1 précité du règlement. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige consiste en une extension du niveau principal de la maison au-dessus du garage existant et que cette extension est réalisée dans le prolongement des murs et sans porter atteinte à l'harmonie d'ensemble de la construction. Il ressort également de ces pièces qu'aucune baie n'est créée face à la limite séparative en cause, le projet prévoyant une fenêtre face à la limite de référence du terrain, située au nord, et une porte-fenêtre face à la limite séparative sud. Il ne crée ainsi aucune vue en direction de la limite séparative au regard de laquelle la règle de retrait minimal n'est pas respectée. Au demeurant, un pare-vue aussi haut que l'ouvrant est projeté en parallèle de la limite séparative est, au droit de la porte fenêtre. Dans ces conditions, le maire de Sainte-Foy-Lès-Lyon n'a pas fait une inexacte application de l'article 2.2.2 précité du règlement en délivrant le permis en litige.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2021 et de la décision du 14 décembre 2021 rejetant son recours gracieux.

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C la somme de 1 400 euros à verser à chacune des parties défenderesses au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : M. C versera à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon une somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. C versera à M. B une somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon et à M. D B.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Jean-Pascal Chenevey, président,

- Mme Marine Flechet, première conseillère,

- Mme Marie Chapard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.

La rapporteure,

M. Chapard

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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