jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 février 2022, 21 juin 2022 et 14 février 2024, Mme E B, représentée par le cabinet Orsec avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le permis de construire délivré tacitement par le maire de Saint-Priest le 11 juillet 2021 à M. et Mme C pour la réalisation d'une maison individuelle avec piscine, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 8 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de M. et Mme C la somme de 1 800 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir en tant que propriétaire d'une maison située sur la parcelle limitrophe au terrain d'assiette du projet, qui est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien ;
- un permis tacite ne pouvait pas naître le 11 juillet 2021, les délais d'instruction n'étant pas expirés en raison des demandes de pièces complémentaires ;
- le dossier de demande ne permet pas d'apprécier l'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ; il ne précise pas la nature de la construction démolie et ne comporte aucun volet paysager ;
- le projet se situe à moins de 4 mètres de la limite séparative en façade nord et en façade ouest, en méconnaissance de l'article 2.2.1 du règlement applicable à la zone URi1 du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon ;
- le projet présente une emprise au sol supérieure au maximum de 223 mètres carrés prévu par l'article 2.4.1 du règlement applicable à la zone URi1 du plan local d'urbanisme et de l'habitat ;
- il méconnaît l'article 5.2 du règlement applicable à la zone URi1 du plan local d'urbanisme et de l'habitat car il ne comporte pas le nombre de places de stationnement requis pour la réalisation de deux logements ;
- il méconnaît l'article 6.2 du règlement applicable à la zone URi1 du plan local d'urbanisme et de l'habitat car il ne prévoit pas de raccordement à un réseau public de collecte des eaux usées sans prévoir de dispositif d'assainissement individuel ;
- il méconnaît les articles 4.1.1 et 4.2.2 du règlement applicable à la zone URi1 du plan local d'urbanisme et de l'habitat par son implantation et son architecture imposante, avec un traitement disgracieux des façades sans ouvertures ;
- la rue Léon Bérard, qui dessert le projet, n'est pas conforme à l'article 5.1.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat puisqu'elle n'est large que de 3 mètres.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 août 2022 et 4 mars 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Saint-Priest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 mars 2022 et 12 octobre 2023, M. A C et Mme D C, représentés par Me Michel, concluent au rejet de la requête, à ce que la requérante soit condamnée à payer la somme de 10 000 euros en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative et à ce que soit mis à sa charge le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- Mme B est dépourvue d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 février 2024, la clôture d'instruction a été reportée au 13 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Soy, pour Mme B, requérante,
- et les observations de Me Michel, pour M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont déposé en mairie de Saint-Priest le 11 février 2021 une demande de permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle avec piscine. Le maire de Saint-Priest leur a délivré le 12 août 2021 un certificat attestant que leur projet a fait l'objet d'un permis tacite né le 11 juillet 2021. Par courrier du 8 octobre 2021, Mme B a exercé un recours gracieux à l'encontre du permis ainsi délivré, auquel le maire de Saint-Priest n'a pas répondu. Elle demande l'annulation du permis de construire tacite du 11 juillet 2021 et de cette décision implicite.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ". L'article L. 600-1-3 de ce code précise que : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire () s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. " Aux termes de l'article R. 424-13 du même code : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit. Ce certificat mentionne la date d'affichage en mairie ou la date de publication par voie électronique de l'avis de dépôt prévu à l'article R. 423-6. / () ".
3. D'une part, le certificat de permis de construire tacite délivré par le maire de Saint-Priest à M. et Mme C le 12 août 2021 indique, comme l'exige l'article R. 424-13 précité, que la demande de permis des pétitionnaires a été affichée en mairie le 15 février 2021. Ces derniers produisent également un courriel du service d'urbanisme de la commune du 23 février 2024 leur confirmant que leur demande a bien été affichée en mairie à cette date. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'un affichage de la demande à la date du 15 février 2021 n'est pas démontré.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme B est devenue propriétaire de la maison voisine de la parcelle objet du permis de construire dont elle demande l'annulation postérieurement à l'affichage de la demande en mairie, la promesse de vente du bien dont elle est aujourd'hui propriétaire ayant été signée le 15 avril 2021. Si elle soutient qu'il y a eu des connivences entre le vendeur du bien et les pétitionnaires dans le but de la tromper sur la constructibilité du terrain d'assiette du projet en litige, qui jouxte son terrain, et que le notaire l'a induite en erreur en faisant figurer, de façon erronée, dans la promesse de vente des dispositions du cahier des charges du lotissement limitant le détachement de lots à bâtir, ces circonstances ne sauraient avoir le caractère de circonstances particulières, au sens de l'article L. 600-1-3 précité du code de l'urbanisme, la requérante ayant acquis son bien alors que le terrain d'assiette du projet de M. et Mme C avait déjà fait l'objet d'une division et n'ayant par ailleurs pas pris la peine de se renseigner en mairie sur les projets de construction situés à proximité du bien qu'elle était en train d'acquérir.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la fin de non-recevoir, opposée en défense, tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante doit être accueillie. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent ainsi être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'imposition d'une amende pour recours abusif :
6. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". Ces dispositions ont pour objet non la réparation du préjudice subi par le défendeur du fait de la saisine du juge, mais la sanction de l'abus d'agir en justice. S'agissant d'un pouvoir propre du juge, les parties ne sont pas recevables à en réclamer l'application.
7. Les conclusions présentées par M. et Mme C tendant à ce qu'une amende soit infligée à Mme B n'étant pas recevable, elles doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme B. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme B une somme de 1 400 euros à verser à M. et Mme C au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à M. et Mme C une somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B, à la commune de Saint-Priest et à M. A C et Mme D C.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026