mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 10 février 2022 et le 4 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Chanon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le président de la Métropole de Lyon a rejeté sa demande tendant à ce que la collectivité diligente toute étude de nature à établir l'intensité de l'exposition à l'amiante des agents ayant travaillé sur les voiries des rues Grenette, Gasparin et Perrache à Lyon avant 2012 et ses demandes indemnitaires ;
2°) de condamner la Métropole de Lyon à lui verser la somme de 18 000 euros en réparation de ses préjudices moral et d'anxiété ;
3°) d'enjoindre à la Métropole de Lyon de diligenter toute étude de nature à établir l'intensité de l'exposition à l'amiante des agents ayant travaillé sur les voiries des rues Grenette, Gasparin et Perrache avant 2012, d'identifier, sur le fondement de ces études, les risques auxquels les agents du service voirie ont été individuellement exposés, et en cas d'exposition faisant peser des risques sur la santé de ses agents, d'adopter des mesures de suivi de leur état de santé afin de prévenir toute pathologie en lien avec cette exposition, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la Métropole de Lyon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de réaliser des études permettant d'identifier l'exposition à l'amiante des agents ayant travaillé sur les voiries des rues Grenette, Gasparin et Perrache méconnaît les obligations découlant de l'article L. 4121-1 du code du travail applicable à la Métropole de Lyon en vertu de l'article 108-1 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'absence de mise en œuvre des mesures de contrôle prévues par l'article 6 du décret n°77-949 du 17 août 1977 qui imposait à la Métropole de Lyon un contrôle trimestriel de l'atmosphère du lieu de travail, aujourd'hui reprises aux articles R. 4412-94 et suivants du code du travail constitue une carence fautive de nature à engager la responsabilité de la collectivité ;
- il est maintenu dans l'incertitude quant aux risques que ses missions ont fait peser sur sa santé et subi de ce fait un préjudice moral pour lequel il peut prétendre à une indemnisation de 10 000 euros ;
- il a également subi un préjudice moral lié au sentiment de déconsidération découlant de la passivité de la Métropole de Lyon dans le traitement de son dossier pour lequel il peut prétendre à une indemnisation de 8 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, la Métropole de Lyon, représentée par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées par M. B sont irrecevables en vertu de l'autorité de la chose jugée, le tribunal administratif de Lyon ayant rejeté une précédente requête indemnitaire par jugement du 7 mars 2018 ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- l'agent n'a pas été personnellement exposé à l'amiante ;
- les préjudices invoqués ne sont pas établis.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chanon pour M. B et de Me Litzler pour la Métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est technicien territorial à la Métropole de Lyon. Par un jugement du 7 mars 2018, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa requête tendant à la condamnation de son employeur à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice d'anxiété qu'il estimait avoir subi en raison de son exposition aux poussières d'amiante dans le cadre de son travail de réfection des voies. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le président de la Métropole de Lyon a rejeté sa demande tendant à ce que la collectivité diligente toute étude de nature à établir l'intensité de l'exposition à l'amiante des agents ayant travaillé sur les voiries des rues Grenette, Gasparin et Perrache avant l'année 2012 et la condamnation de la Métropole de Lyon à lui verser la somme de 18 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi du fait du comportement fautif de son employeur.
Sur l'exception d'autorité de la chose jugée opposée par la Métropole de Lyon :
2. Aux termes de l'article 1351 du code civil : " L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité ".
3. Dans l'instance introduite devant le tribunal administratif de Lyon ayant donné lieu au jugement du 7 mars 2018, M. B demandait l'indemnisation des préjudices en lien avec son préjudice d'anxiété résultant de sa possible exposition à l'amiante, antérieurement à l'année 2012. Il demande, dans la présente requête, l'indemnisation des préjudices nés du comportement de la Métropole de Lyon postérieurement à ce jugement. Par suite, en l'absence d'identité d'objet entre ces deux instances, l'exception d'autorité de la chose jugée opposée par la Métropole de Lyon doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. / Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels ; 2° Des actions d'information et de formation ; 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés () ". Aux termes de l'article R. 4412-94 du même code : " Les dispositions de la présente section [prévention des risques chimiques] s'appliquent : () 2° Aux activités et interventions sur des matériaux ou appareils susceptibles de libérer des fibres d'amiante, définies à l'article R.4412-139 ". Aux termes de R. 4412-104 du même code : " La concentration moyenne en fibres d'amiante dans l'air inhalé par un travailleur ne doit pas dépasser 0,1 fibre par centimètre cube sur une heure de travail. ". L'article R. 4412-104 du code du travail prévoyant alors qu' " En fonction des résultats de l'évaluation des risques, l'employeur contrôle les niveaux d'empoussièrement en fibres d'amiante afin de garantir le respect de la valeur limite fixée à l'article R. 4412-104. ". Enfin aux termes de l'article R. 4412-106 du même code : " Les prélèvements sont faits sur des postes de travail en situation significative de l'exposition personnelle à l'inhalation des poussières d'amiante. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que des contrôles effectués au cours de l'année 2012 par les services de la communauté urbaine de Lyon ont révélé la présence d'amiante dans les enrobés de certaines portions des rues Grenette et Gasparin et du quai Perrache. M. B n'établit ni même ne soutient que la présence d'amiante sur ces voies était connue antérieurement à cette découverte.
6. D'une part, M. B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article 6 du décret du 17 août 1977 qui imposaient un contrôle au moins trimestriel de l'atmosphère des lieux de travail dès lors, en tout état de cause, que ces dispositions ont été abrogées par décret du 7 février 1996. D'autre part, le requérant ne se prévaut de la méconnaissance d'aucune disposition législative ou réglementaire qui imposerait à la Métropole de Lyon de faire réaliser, à la date de sa demande, soit le 29 septembre 2021, des études sur l'intensité de l'exposition à l'amiante des agents ayant travaillé sur les voiries des rues Grenette, Gasparin et Perrache avant 2012. Il n'est ainsi pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant de faire réaliser des études en ce sens. Ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
7. En premier lieu, les conclusions tendant à la réparation du préjudice subi par M. B du fait de la carence de la Métropole de Lyon dans la réalisation des études qu'il demandait doivent être regardées comme fondées sur l'illégalité fautive de la décision du 30 novembre 2021. Il résulte de ce qui précède que ces conclusions doivent être rejetées.
8. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la Métropole de Lyon aurait fait preuve de passivité dans le traitement du dossier de M. B. Une telle passivité ne peut en particulier pas se déduire de l'absence de communication des résultats sur la concentration en fibres d'amiante dans les enrobés lors des contrôles de 2012 alors que la Métropole soutient qu'aucune mesure de concentration n'a été faite une fois la présence d'amiante détectée, et alors même que dans une instance relative à la communication de ces documents, le tribunal avait considéré que la collectivité n'avait pas sérieusement contesté l'existence de documents de nature administrative faisant état de tels taux. Ainsi, les conclusions du requérant tendant à la réparation de son préjudice moral lié au sentiment de déconsidération découlant de la passivité de la Métropole de Lyon doivent, en tout état de cause, également être rejetées.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. B doit, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la Métropole de Lyon, être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Métropole de Lyon, qui n'est partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026