mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | JOURDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 février, 15 avril et 15 juin 2022, M. B A, représenté par Me Jourda, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, a rejeté son recours administratif préalable obligatoire et sa demande de renouvellement de carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre à la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer la carte professionnelle d'agent de sécurité privée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- elle est dirigée contre la décision du 9 juin 2022 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) qui s'est substituée à la décision implicite de rejet du 9 avril 2022 ;
- le refus de renouvellement de sa carte d'agent de sécurité privé est illégal dès lors qu'il ne relève d'aucun des cas d'empêchement prévus par le 1° et le 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteur publique,
- les observations de Me Sanzari, substituant, Me Jourda, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A était titulaire d'une carte professionnelle l'autorisant à exercer des fonctions d'agent de sécurité privée délivrée le 8 mars 2017, valable jusqu'au 8 mars 2022. Il a sollicité son renouvellement le 30 décembre 2021. Par une décision du 27 janvier 2022, la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a rejeté sa demande. M. A a présenté, le 7 février 2022, un recours préalable obligatoire à l'encontre de cette décision en application de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure dont la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), a accusé réception le 10 mars 2022. Ce recours demeuré sans réponse a donné naissance à une décision implicite de rejet, le 9 avril 2022. Par une décision du 9 juin 2022, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet, la commission nationale d'agrément et de contrôle CNAPS, a rejeté le recours administratif préalable obligatoire et la demande de renouvellement de carte professionnelle présentés par l'intéressé. Dans le dernier état de ses écritures, M. A demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 9 juin 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; () ". Aux termes de l'article L. 612-20 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'État territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, à l'issue d'une enquête administrative, et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession ou la direction d'une personne morale exerçant cette activité, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, ou que la condamnation prononcée en raison de ces agissements aurait été effacée de ce bulletin.
4. Il ressort des pièces du dossier que la commission nationale du CNAPS a refusé de procéder au renouvellement de la carte professionnelle de M. A au motif que les conditions fixées par le 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure n'étaient pas satisfaites dans la mesure où l'intéressé avait été mis en cause, le 5 août 2020, pour des faits d'exhibition sexuelle commis le 3 août 2020 à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) à raison desquels il avait été condamné par le tribunal judiciaire de Lyon le 25 janvier 2021, à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis probatoire et obligation de soins pendant dix-huit mois et à une peine d'un an de privation du droit d'éligibilité. En l'espèce, ces faits, dont M. A ne conteste pas la matérialité, ont été commis alors qu'il était titulaire de la carte professionnelle d'agent de sécurité et ainsi soumis à une exigence déontologique élevée. Si les faits en cause, à savoir une exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public, présentent un caractère isolé et que le requérant n'a pas d'antécédents judiciaires, ils révèlent un comportement contraire aux bonnes mœurs qui s'avère incompatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité alors même que l'intéressé allègue que ces faits auraient fait l'objet d'une sanction pénale modérée, que la condamnation prononcée à son encontre n'est pas inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, que l'obligation de soins a été levée par le juge de l'application des peines, que les obligations probatoires seraient respectées, qu'il se bornerait à exercer son activité professionnelle dans le cadre de la télésurveillance, que la délivrance de la carte professionnelle n'a pas été abrogée, et que le procureur de la République l'a informé qu'il avait prescrit l'inscription d'une mention rendant les données inaccessibles aux autorités administratives afin de ne pas obérer ses projets professionnels, mention qui au demeurant ne figurait pas au fichier lors de sa consultation. Par suite, en refusant de délivrer à M. A une carte professionnelle d'agent privé de sécurité, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS n'a pas méconnu les dispositions du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, ni commis d'erreur d'appréciation.
5. En second lieu, M. A ne peut utilement soutenir qu'il ne relevait pas des dispositions du 1° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure alors que la décision attaquée n'est pas fondée sur ces dispositions.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,Le président,
N. BardadJ. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026