vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201182 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés, les 15 février 2022 et le 17 mai 2023 Mme B A, représentée par Me Lopez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 août 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a procédé à son changement d'affectation, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 15 octobre 2021 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité fautive de la décision prononçant son changement d'affectation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable :
dès lors d'une part, que les décisions attaquées ne comportant pas la mention des voies et délais de recours, elles pouvaient être contestées devant le tribunal dans le délai d'un an et ont en tout état de cause, été contestées dans le délai du recours contentieux,
dès lors d'autre part, que la décision du 24 août 2021 qui diminue de façon importante ses responsabilités, notamment du fait de la perte de ses fonctions d'encadrement, ne saurait être considérée comme une mesure d'ordre intérieur mais constitue, de fait, une sanction disciplinaire déguisée ;
- la décision du 24 août 2021 est entachée d'incompétence de son signataire ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, elle a été privée de la possibilité de consulter son dossier administratif alors que la mesure contestée a été prise en considération de sa personne, la circonstance qu'elle ait été prise dans l'intérêt du service étant à cet égard sans incidence ;
- la décision attaquée n'a pas été prise dans l'intérêt du service ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée et est intervenue en méconnaissance de la procédure disciplinaire et des garanties qu'elle octroie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables dès lors que la décision du 24 août 2021 ne fait pas grief à Mme A ; cette décision ne constitue pas une sanction disciplinaire déguisée et ne traduit aucune discrimination, aucun élément ne permettant de considérer que le changement de ses missions auraient méconnu les garanties statutaires de l'intéressée ou préjudicié à son avancement de carrière ; si ses tâches ont été redéfinies, cette modification a eu seulement pour effet de réorganiser les fonctions de l'intéressée sans les affecter dans leur substance ;
- les conclusions à fin d'indemnisation ainsi que ses conclusions accessoires doivent être rejetées par voie de conséquence.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baux,
- et les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Première surveillante pénitentiaire, Mme A exerce ses fonctions au sein des quartiers disciplinaire et d'isolement de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas depuis 2015. Suite à un incident survenu avec un détenu, le 20 août 2021, par un courriel du 24 août 2021, Mme A est informée par la direction de l'administration pénitentiaire qu'elle était provisoirement affectée en qualité de première surveillante au sein du service des postes centraux d'information et postes centraux de circulation (PCI-PCC). Le 15 octobre 2021, l'intéressée a saisi l'administration d'un recours gracieux contre la " décision " du 24 août 2021. Dans le silence gardé par l'administration, Mme A demande au tribunal, d'une part, de prononcer l'annulation de la " décision " du 24 août 2021, ensemble celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et d'autre part, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité fautive de la décision prononçant son changement d'affectation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
3. D'autre part, une mesure revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
4. Il ressort des pièces du dossier que dans l'exercice de ses fonctions de première surveillante, affectée au quartiers disciplinaire et d'isolement, Mme A encadrait, depuis sept ans, dix-sept agents alors que par la décision attaquée, affectée aux postes centraux d'information et de circulation, elle a cessé d'exercer des fonctions d'encadrement. Ainsi, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que les nouvelles fonctions de l'intéressé ne correspondraient pas à son grade, la décision attaquée dont il n'est pas contesté qu'elle lui a retiré nombre de ses missions, a entrainé pour Mme A une perte de responsabilité et une dégradation de sa situation professionnelle. Par ailleurs, alors que la décision attaquée initialement qualifiée de " provisoire " a revêtu un caractère définitif, l'autorité administrative n'y ayant jamais mis fin, il ressort des pièces du dossier d'une part, que Mme A a été convoquée par sa hiérarchie pour s'expliquer sur l'incident survenu le 20 août 2021, qu'un formulaire de " demande d'explications ", qu'elle avait très précautionneusement rempli et daté, lui avait, au préalable, été envoyé, ledit formulaire étant en général le premier acte d'engagement d'une procédure disciplinaire, d'autre part, que l'incident du 20 août 2021 mettant en cause un détenu a été à l'origine de son changement d'affectation survenu quatre jours plus tard et enfin, qu'il n'est ni établi ni même allégué par l'autorité administrative que la mesure contestée aurait été prise dans l'intérêt du service, alors au demeurant que ledit incident avait été rapidement et parfaitement géré par Mme A, qui en avait régulièrement référé à son supérieur hiérarchique, il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par le garde des sceaux, ministre de la justice doit être écartée et que Mme A est fondée à soutenir que la décision attaquée constitue une sanction disciplinaire déguisée.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 24 août 2021, ensemble celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. La décision du 24 août 2021 est, ainsi qu'il vient d'être dit, entachée d'illégalité et susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat. En l'espèce, Mme A soutient qu'elle a subi, du fait de cette illégalité fautive, un préjudice moral. Il en sera fait une juste appréciation en indemnisant ce préjudice à hauteur de 1 500 euros.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 24 août 2021 ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à Mme A la somme de 1 500 euros.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise au disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La présidente-rapporteure
A. Baux L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
C. Bertolo
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026