mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2022, M. A C, représenté par Me Laurent, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil de la Communauté de communes du Pays bellegardien a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat (PLUi-H) en tant qu'elle classe en zone 1AUCb la parcelle cadastrée section 458 AC n°105 de la commune nouvelle de Valserhône ;
2°) de mettre à la charge de la Communauté de communes du pays Bellegardien une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le classement de la parcelle cadastrée section 458 AC n°105 en zone 1AUCb est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- ce classement contredit le projet d'aménagement et de développement durable ;
- l'accès à la parcelle n°105 depuis le chemin de la Croix sera de facto interdit ;
- le classement porte atteinte aux conditions de jouissance de son bien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2022, la Communauté de communes du Pays bellegardien, représentée par la SELARL BLT Droit Public, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 20 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 novembre 2022
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public,
- et les observations de Me Castrin, pour la Communauté de communes du Pays bellegardien.
Considérant ce qui suit :
1. M. C demande au tribunal d'annuler la délibération du 16 décembre 2021 de la Communauté de communes du Pays bellegardien approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat (PLUi-H) en tant qu'elle classe en zone 1AUCb la parcelle cadastrée section 458 AC n°105 de la commune nouvelle de Valserhône dont il est propriétaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : () 2° Un projet d'aménagement et de développement durable ; 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; 4° Un règlement ; 5° Des annexes. () ". Aux termes de l'article L. 151-5 du même code : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune () le projet d'aménagement et de développement durables fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain.". Aux termes de l'article L. 151-6 du même code : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. ". Aux termes de l'article L. 151-6-1 du même code : " Les orientations d'aménagement et de programmation définissent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, un échéancier prévisionnel d'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de réalisation des équipements correspondant à chacune d'elles, le cas échéant ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
3. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger ".
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. Le PLUi-H de la Communauté de communes du Pays bellegardien a classé la parcelle appartenant au requérant en zone 1AUCb correspondant aux termes du règlement dudit plan à de " nouveaux secteurs à urbaniser en extension ou au sein d'enveloppes urbaines " qui font également l'objet d'orientations d'aménagement et de programmation (OAP) qui s'appliquent aux autorisations d'aménager et de construire en compatibilité. Il ressort des pièces du dossier que le classement en litige résulte de son inclusion dans le périmètre de l'OAP n°12 dite " Le Village " qui a pour vocation de compléter et développer l'offre résidentielle existante sur la commune nouvelle de Valserhône en créant une trentaine de logements sur des terrains composés de prairies en dents creuses s'inscrivant dans un environnement bâti.
7. Le requérant soutient que ce classement, qui conduit à porter atteinte à la haie d'arbres et aux boisements présents sur sa parcelle, est incohérent avec les orientations du projet d'aménagement et développement durables qui comporte un axe numéroté IV intitulé " Valoriser l'authenticité et la qualité de vie du territoire par une gestion environnementale des ressources et des risques exemplaires " qui affirme que le Pays bellegardien " agit en faveur () de la promotion du " capital nature " comme support de l'authenticité du territoire " et est assorti de plusieurs orientations, dont celle de protéger les boisements et les haies et notamment "le maillage de haies comme éléments de perméabilité environnementale et d'organisation de la fonctionnalité de la trame verte et bleue " et celle de " renforcer l'armature verte au sein du système urbain en reconnaissant le rôle de la biodiversité, des espaces de respiration et de nature ordinaire en milieu urbain comme contributeurs à la qualité des paysages et du cadre de vie ". Toutefois, le projet d'aménagement et développement durables comporte également un axe numéroté I intitulé " affermir et diversifier les services et les équipements en lien avec les mobilités pour garantir la proximité " qui qualifie Valserhône de " pôle de centralité " ayant vocation à voir l'offre résidentielle renforcée et un axe numéroté II intitulé " mettre en œuvre les conditions d'un développement au service du vivre ensemble " qui prévoit que le renforcement de Valserhône, avec notamment la construction de 1 800 à 1 950 logements en mobilisant prioritairement les disponibilités foncières dans l'enveloppe urbaine existante et en favorisant le renouvellement urbain avec l'aménagement des espaces mutables au sein du tissus urbain (dents creuse, cœur d'ilots ), constitue un objectif majeur. Le classement en litige présente ainsi un lien direct avec les axes I et II. Alors en outre que l'OAP " Le Village " comporte des objectifs de gestion environnementale consistant à préserver dans la mesure du possible les haies et arbres existants ou, si leur destruction est nécessaire, à les compenser, ce classement ne révèle pas, par suite, d'incohérence entre les orientations du projet d'aménagement et de développement durables et le règlement du plan local d'urbanisme.
8. Par ailleurs, pour contester le classement de la parcelle dont il est propriétaire, le requérant soutient qu'il porte atteinte aux conditions de jouissance de son bien et conduit à interdire tout accès à cette parcelle depuis le chemin de la Croix dès lors qu'il est également propriétaire de la parcelle cadastrée section 458 AC n°108 qui permet cet accès. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la parcelle en cause est située au voisinage du centre de la commune, dans une zone pavillonnaire bâtie. Le terrain supporte une construction, qui est la maison d'habitation du requérant. S'il supporte également une importante végétation, il n'est pas établi qu'il présente une qualité paysagère particulière. Le terrain en cause est entourée de parcelles construites ou classées en zone à urbaniser, et nonobstant la présence à l'ouest d'une petite zone naturelle qui sera préservée, elle peut être regardée comme constituant une " dent creuse ". Par ailleurs, ce classement en zone à urbaniser répond, ainsi qu'il a été dit précédemment, aux objectifs fixés par le plan d'aménagement et de développement durables dans ses axes I et II de densification de cette zone. Dans ces conditions, eu égard à sa localisation et ses caractéristiques, le classement de cette parcelle en zone à urbaniser n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 16 décembre 2021 du conseil de la Communauté de communes du Pays bellegardien approuvant le PLUi-H en tant qu'elle classe en zone 1AUCb la parcelle cadastrée section 458 AC n°105 sur la commune nouvelle de Valserhône. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Communauté de communes du Pays bellegardien qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C une somme à verser à la Communauté de communes du Pays bellegardien.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la Communauté de communes du Pays bellegardien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la Communauté de communes du Pays bellegardien et à la commune nouvelle de Valserhône.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Deniel, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La rapporteure,
C. B
Le président,
H. Drouet La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026