jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2022, M. C B et Mme A B, représentés par Me Lantheaume, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a rejeté la demande de regroupement familial formulée le 15 juillet 2021 par M. B ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de faire droit à la demande de regroupement familial dans le délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans le même délai ;
3°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 5 000 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la date de réception par le préfet de leur demande préalable, en réparation de l'ensemble de leurs préjudices, avec capitalisation des intérêts ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée n'est pas motivée, le préfet n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs dans le délai d'un mois, en violation de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 434-2, L. 434-7, L.434-8, R. 434-4 et R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que toutes les conditions fixées par ces dispositions pour bénéficier du regroupement familial sont remplies ;
- la décision litigieuse, qui est illégale, engage la responsabilité de l'Etat ; du fait de cette décision, ils ont subi un préjudice direct, certain, important et des troubles dans leurs conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir :
- qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, la demande de regroupement familial de M. B ayant été acceptée le 4 mars 2022 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 1er août 2014 pris en application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chapard a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais titulaire d'une carte de résident " longue durée - UE " valable jusqu'au 21 novembre 2031, a formulé le 15 juillet 2021 une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse résidant au Pakistan. M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de refus née du silence gardé par le préfet du Rhône sur cette demande et de condamner l'Etat à leur verser une somme de 5 000 euros, outre intérêts et capitalisation des intérêts, en réparation des préjudices causés par l'illégalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Par une décision en date du 4 mars 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le préfet du Rhône a accordé le regroupement familial sollicité par M. B. Dans ces conditions, les conclusions de M. et Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née le 15 janvier 2022 sont devenues sans objet, tout comme leurs conclusions à fin d'injonction. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ". En application de l'article L. 434-7 du même code : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. " En application de l'article R. 434-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / () ". Aux termes de l'article R. 434-5 du code précité : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : / 1° Présente une superficie habitable totale au moins égale à : / a) en zones A bis et A : 22 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes () / 2° Satisfait aux conditions de salubrité et d'équipement () / Les zones A bis, A, B1, B2 et C mentionnées au présent article sont celles définies pour l'application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation. "
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B séjourne régulièrement en France depuis plus de dix-huit mois et est titulaire d'une carte de résident " longue durée - UE " valable jusqu'au 21 novembre 2031. Il justifie de son mariage au Pakistan le 21 décembre 2016 avec Mme A C. Il justifie également être locataire à Villeurbanne, commune classée en zone A pour l'application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation, d'un appartement d'une surface habitable de 33,05 mètres carrés, supérieure à celle de 22 mètres carrés exigée par les dispositions précitées de l'article R. 434-5 et pour lequel l'habitabilité n'est pas contestée. M. B exerce en outre une activité professionnelle en contrat à durée indéterminée depuis le 9 avril 2019 en qualité d'employé polyvalent dans un café pour une durée hebdomadaire de 39 heures, rémunérée au salaire minimum de croissance. Enfin, il n'est pas contesté que l'intéressé se conforme aux principes essentiels qui régissent la vie familiale en France. Par suite, M. B remplissant l'ensemble des conditions pour prétendre au bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, c'est en méconnaissance des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet du Rhône a implicitement refusé de faire droit à sa demande. Au demeurant, comme indiqué précédemment, le préfet a en définitive fait droit à la demande de regroupement familial, par une décision du 4 mars 2022.
5. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, M. et Mme B sont fondés à soutenir que la décision par laquelle le préfet du Rhône a implicitement refusé de faire droit à leur demande de regroupement familial, qui est illégale, a un caractère fautif et est susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat. Cependant, compte tenu, d'une part, du délai particulièrement court entre cette décision illégale, survenue le 15 janvier 2022, et la décision du 4 mars 2022 faisant droit à la demande de regroupement familial, et donc de la brève période de séparation résultant de cette illégalité, ainsi que, d'autre part, du caractère peu circonstancié du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence que le couple invoque, il n'y a pas lieu de condamner l'Etat à leur verser une indemnisation.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. et Mme B de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. et Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du préfet du Rhône survenue le 15 janvier 2022 et sur les conclusions à fin d'injonction.
Article 2 : Les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme B sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026