LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2201274

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2201274

lundi 2 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2201274
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantMESSAOUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 février et 14 mars 2022, M. A B, représenté par Me Messaoud, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du préfet du Rhône du 2 mars 2022 en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'une carte de résident et d'une carte de séjour pluriannuelle ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de sept jours ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros par mois à compter du cinquième mois suivant le dépôt de sa demande de titre de séjour en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision du 2 mars 2022 :

- s'agissant du refus de lui délivrer une carte de résident : le préfet du Rhône a commis une erreur de droit, en négligeant de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle ; le préfet du Rhône a méconnu les dispositions combinées des articles L. 423-6 et L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il remplit l'ensemble des conditions pour se voir délivrer la carte de résident sollicitée ;

- s'agissant du refus de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " : le préfet du Rhône a commis une erreur de droit, en négligeant de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle ; le préfet du Rhône a méconnu les dispositions des articles L. 432-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision implicite de rejet née initialement :

- elle est dépourvue de motivation ;

- la condition relative à l'ancienneté du séjour régulier figurant à l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas prévue par l'article 37 de la loi du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration dont cet article est issu ; en tout état de cause, il remplit l'ensemble des conditions pour prétendre à la délivrance de cette carte de résident, y compris celle relative à l'ancienneté du séjour régulier ;

- il remplit l'ensemble des conditions pour se voir délivrer la carte de séjour pluriannuelle prévue par l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision implicite de rejet litigieuse méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'illégalité de cette décision est constitutive d'une faute, de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- cette illégalité fautive a entraîné un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, évalués à la somme de 1 000 euros par mois à compter du cinquième mois suivant le dépôt de sa demande de titre de séjour.

La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 24 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 19 janvier 2007 relatif aux formations prescrites aux étrangers signataires du contrat d'accueil et d'intégration et à l'appréciation du niveau de connaissances en français prévues aux articles R. 311-22 à R. 311-25 du décret n° 2006-1791 du 23 décembre 2006 relatif au contrat d'accueil et d'intégration et au contrôle des connaissances en français d'un étranger souhaitant s'installer durablement en France et modifiant le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 21 février 2018 fixant la liste des diplômes et certifications attestant le niveau de maîtrise du français requis, pour l'obtention d'une carte de résident ou d'une carte de résident portant la mention "résident de longue durée - UE" ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gros, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant turc né le 1er février 1976, serait entré en France au cours de l'année 2008. Le 18 mars 2013, il a épousé Mme C, de nationalité française. Par un jugement du 30 mai 2017, le tribunal a annulé la décision du 1er février 2016 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B. L'intéressé a bénéficié de cartes de séjour temporaires portant la mention " vie privée et familiale " à compter du 21 décembre 2017. Le 5 mars 2021, il a sollicité, outre le renouvellement de ce titre de séjour, la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou d'une carte de séjour pluriannuelle en application de l'article L. 433-4 du même code. Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur cette demande a d'abord fait naître une décision implicite de rejet. Par une décision du 2 mars 2022, le préfet du Rhône a finalement procédé au renouvellement de la carte de séjour temporaire dont était titulaire M. B mais a refusé de lui délivrer la carte de résident et la carte de séjour pluriannuelle sollicitées. Dans le dernier état de ses écritures, le requérant demande au tribunal d'annuler la décision du préfet du Rhône du 2 mars 2022 en tant qu'elle lui refuse la délivrance de l'un et de l'autre de ces titres de séjour. Il sollicite également la réparation des préjudices causés par la décision implicite de rejet initialement née à la suite de sa demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation partielle de la décision du préfet du Rhône du 2 mars 2022 :

En ce qui concerne le refus de délivrance d'une carte de résident :

2. Aux termes de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ".

3. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des termes de la décision attaquée, que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant de lui refuser la délivrance de la carte de résident sollicitée.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6 () est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 413-15 de ce code : " Pour l'appréciation de la condition d'intégration prévue à l'article L. 413-7, l'étranger doit fournir : / 1° Une déclaration sur l'honneur par laquelle il s'engage à respecter les principes qui régissent la République française ; / 2° Les diplômes ou certifications permettant d'attester de sa maîtrise du français à un niveau égal ou supérieur au niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues du Conseil de l'Europe tel qu'adopté par le comité des ministres du Conseil de l'Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) 7 du 2 juillet 2008, dont la liste est définie par un arrêté du ministre chargé de l'accueil et de l'intégration. () ". L'arrêté du 21 février 2018 visé ci-dessus, applicable au litige, dispose que : " Les diplômes ou certifications nécessaires à l'obtention d'une carte de résident ou d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " sont les suivants : / 1° Diplômes attestant un niveau de connaissance du français au moins équivalent au niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues du Conseil de l'Europe ; / 2° Diplômes délivrés par une autorité française, en France ou à l'étranger, sanctionnant un enseignement suivi en langue française ; / 3° Tests ou attestations linguistiques sécurisés, délivrés par un organisme certificateur reconnu au niveau national ou international, qui constatent et valident la maîtrise des compétences écrites et orales visées par le niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues du Conseil de l'Europe. () ".

5. Aux termes de l'article R. 311-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur du 28 mars 2009 au 3 juillet 2016 : " Au cours de l'entretien mentionné à l'article R. 311-20, l'Office français de l'immigration et de l'intégration apprécie le niveau de connaissances en français de l'étranger en utilisant un test de connaissances orales et écrites en langue française, fixé par un arrêté du ministre chargé de l'intégration, permettant d'évaluer les capacités d'expression et de compréhension concernant les actes de la vie courante. / Lorsque l'étranger obtient à ce test des résultats égaux ou supérieurs à un niveau déterminé par l'arrêté, il se voit remettre une attestation ministérielle de dispense de formation linguistique. Mention en est portée sur le document prévu à l'article R. 311-29. Ce document atteste, à la date de l'entretien, du niveau satisfaisant de maîtrise de la langue française prévu par l'article L. 311-9 ainsi que de la connaissance suffisante de la langue française prévue par l'article L. 314-2. ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 19 janvier 2007 visé ci-dessus : " Le niveau de connaissance en français mentionné au premier alinéa de l'article R. 311-23 se réfère au niveau de langue exigé pour le diplôme initial de langue française prévu à l'article D. 338-23 du code de l'éducation. ". Selon l'article D. 338-23 du code de l'éducation : " () Le diplôme initial de langue française sanctionne un niveau de connaissance de la langue intitulé "niveau A1.1". () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Rhône a refusé de délivrer à M. B la carte de résident sollicitée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'insuffisante intégration républicaine dans la société française de l'intéressé, qui n'a présenté aucun diplôme ou certification attestant de sa maîtrise du français à un niveau égal ou supérieur au niveau A2.

7. Pour contester le motif de refus opposé par le préfet du Rhône, M. B se prévaut de l'attestation ministérielle de dispense de formation linguistique dont il est titulaire. Toutefois, cette attestation, délivrée en application des dispositions de l'article R. 311-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction en vigueur du 28 mars 2009 au 3 juillet 2016, atteste d'un niveau de connaissance du français équivalent au niveau A1, alors que l'article R. 413-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exige une maîtrise du français à un niveau égal ou supérieur au niveau A2. Dans ces conditions, alors même que M. B remplirait, ainsi qu'il le soutient, les autres conditions auxquelles la délivrance de la carte de résident prévue par l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est subordonnée, le préfet du Rhône n'a pas méconnu les dispositions précitées en rejetant la demande de l'intéressé tendant à l'obtention d'un tel titre.

En ce qui concerne le refus de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle :

8. Aux termes de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au terme d'une première année de séjour régulier en France accompli au titre d'un visa de long séjour tel que défini au 2° de l'article L. 411-1 ou, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 433-5, d'une carte de séjour temporaire, l'étranger bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle dès lors que : / 1° Il justifie de son assiduité, sous réserve de circonstances exceptionnelles, et du sérieux de sa participation aux formations prescrites par l'Etat dans le cadre du contrat d'intégration républicaine conclu en application de l'article L. 413-2 et n'a pas manifesté de rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République ; / 2° Il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. / La carte de séjour pluriannuelle porte la même mention que la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. ". Aux termes de l'article R. 433-5 de ce code : " () Le préfet vérifie en outre que l'étranger n'a pas manifesté de rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République au vu des informations dont il dispose ou qu'il est en mesure de solliciter auprès des services compétents. ". L'article L. 432-1 du même code dispose, par ailleurs, que : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".

9. Il ressort des pièces que M. B a été condamné à peine d'amende de 300 euros pour des faits de conduite d'un véhicule terrestre à moteur sans assurance par le tribunal correctionnel de Lyon le 25 janvier 2013 et à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits d'obtention frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation et de trafic d'influence actif par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu le 25 janvier 2013. Toutefois, les faits à l'origine de ces condamnation, commis, pour les premiers, le 23 décembre 2011 et, pour les seconds, entre 2010 et 2011, sont désormais anciens et ne permettaient, à eux seuls, pas de considérer qu'à la date de la décision attaquée, la présence du requérant était constitutive d'une menace pour l'ordre public. Ils ne traduisent pas davantage un rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, M. B est fondé à soutenir qu'en refusant, pour ces motifs, de lui délivrer la carte de séjour pluriannuelle sollicitée, le préfet du Rhône a méconnu les dispositions précitées.

10. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du préfet du Rhône du 2 mars 2022 en tant qu'elle refuse de lui délivrer la carte de séjour pluriannuelle sollicitée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen dirigé contre ce refus.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. L'annulation prononcée par le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à M. B une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions indemnitaires :

12. Il est constant qu'à la date de la décision implicite de rejet litigieuse, M. B continuait de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " mentionnée à l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il était titulaire. Le requérant a, en outre, rempli l'ensemble des engagements attachés au contrat d'accueil et d'intégration souscrit le 18 septembre 2014 ainsi qu'il ressort de l'attestation établie par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, son comportement ne traduisait pas un rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République et ne représentait, à la date de la décision attaquée, plus une menace pour l'ordre public. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision implicite de rejet née initialement sur sa demande de titre de séjour méconnaît les dispositions citées au point 8.

13. Le refus illégal de délivrer un titre de séjour à M. B constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat à raison des préjudices directs et certains qui ont pu en résulter entre le 5 juillet 2021, date de la décision implicite de rejet litigieuse, et le 2 mars 2022, date à laquelle celle-ci a cessé de produire ces effets. Toutefois, le requérant, qui a, lors du dépôt de sa demande, été mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dont il ne soutient pas qu'il aurait cessé d'être renouvelé au cours de cette période, n'établit pas la réalité du préjudice moral ou des troubles dans les conditions d'existence qu'il invoque, en se bornant à produire une lettre de la société Coffratech du 23 septembre 2021 l'alertant sur la nécessité de justifier du renouvellement de son récépissé, expiré depuis le 4 septembre 2021. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B de la somme de 1 200 euros au titre de ses frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet du Rhône du 2 mars 2022 est annulée en tant qu'elle refuse à M. B la délivrance de la carte de séjour pluriannuelle sollicitée.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à M. B une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Rizzato, première conseillère,

Mme Gros, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.

La rapporteure,

R. Gros

Le président,

M. ClémentLa greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions