LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2201302

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2201302

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2201302
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCARON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 février 2022, M. D E, représenté par Me Caron, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de ses deux enfants ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône d'autoriser le regroupement familial au profit de ses deux enfants, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il remplissait les conditions requises pour un regroupement familial à la date de sa demande ;

- la décision est insuffisamment motivée dans la mesure où elle ne retient que l'absence de ressources suffisantes ;

- le préfet était tenu d'examiner sa situation financière uniquement au titre de la période allant du mois d'août 2016 au mois de juillet 2017, période de référence ;

- la décision du préfet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de cette période de référence ;

- le préfet ne pouvait pas prendre en compte ses revenus au titre de la période allant d'avril 2020 à mars 2021 ;

- la décision contestée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au

11 avril 2023.

Un mémoire en défense de la préfète du Rhône a été enregistré le 19 septembre 2023 postérieurement à la clôture de l'instruction.

La demande d'aide juridictionnelle de M. E a été rejetée, par une décision du 21 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code des relations entre l'administration et le public ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,

- les observations de Me Caron, avocat de M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. D E, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 1er juillet 1978, est entré en France le 16 mars 2002. Il a présenté, le

1er août 2017, une demande de regroupement familial en faveur de ses deux enfants. Par une décision du 24 janvier 2020, le préfet du Rhône a rejeté sa demande. Par un jugement du

2 décembre 2020, le tribunal administratif de Lyon a annulé cette décision. Il a enjoint au préfet de procéder au réexamen de la demande de M. E. Par un arrêt du

18 novembre 2021, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté le recours du préfet du Rhône présenté à l'encontre du jugement du 2 décembre 2020 précité. Par une nouvelle décision du

8 octobre 2021, le préfet a rejeté la demande de regroupement familial du requérant.

M. E demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, la décision énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivée. Notamment, le préfet du Rhône mentionne le nom et la date de naissance des deux enfants de M. E, précise qu'il a pris en considération les ressources du requérant pour la période allant du mois d'août 2016 au mois de juillet 2017, indique qu'il s'est prononcé au regard de la situation personnelle et familiale du requérant en application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, et, tout état de cause contrairement à ce que soutient le requérant, il ne se prononce pas uniquement sur l'insuffisance de ses ressources. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : () 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Aux termes de l'article R. 411-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / - cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ". Aux termes de l'article R. 421-4 du même code : " A l'appui de sa demande de regroupement, le ressortissant étranger présente les copies intégrales des pièces suivantes () 3° Les justificatifs des ressources du demandeur et, le cas échéant, de son conjoint, tels que le contrat de travail dont il est titulaire ou, à défaut, une attestation d'activité de son employeur, les bulletins de paie afférents à la période des douze mois précédant le dépôt de sa demande, ainsi que le dernier avis d'imposition sur le revenu en sa possession, dès lors que sa durée de présence en France lui permet de produire un tel document, et sa dernière déclaration de revenus. La preuve des revenus non salariaux est établie par tous moyens () ".

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. E a déposé son dossier de demande de regroupement familial, le 1er août 2017, au profit de ses deux enfants encore mineurs à la date de cette demande. La période de référence pour apprécier le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur s'étendait donc, en application des dispositions précitées, du mois d'août 2016 au mois de juillet 2017. Il ressort des pièces du dossier que M. E, a d'une part, exercé des missions d'intérim en qualité de plongeur, dans le cadre d'un contrat de travail à durée déterminée à temps partiel conclu avec la société Sodexo et d'autre part, perçu l'allocation d'aide au retour à l'emploi, ce qui lui a procuré un revenu mensuel moyen de 1 046,89 euros net pour la période allant du mois d'août 2016 au mois de juillet 2017. Les ressources dont disposait le requérant, au titre de la période de référence, sont inférieures à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance, fixée à 1 145,96 euros et ne lui permettait pas, en tout état de cause, de subvenir aux besoins de sa famille composée de trois personnes. Si le requérant se prévaut notamment de son avis de situation déclarative à impôt sur le revenu 2018 selon lequel ses revenus sont de 17 589 euros au titre de l'année 2017, il ne justifie pas du fait que ses revenus aient atteints un montant mensuel moyen équivalent au salaire minimum interprofessionnel de croissance au titre l'ensemble de la période de référence c'est-à-dire du mois d'août 2016 au mois de juillet 2017. Dans ces conditions, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en refusant la demande de regroupement familial présentée par M. E.

6. En troisième lieu, dans la mesure où les ressources du requérant n'avaient pas atteint la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de la période de référence, le préfet pouvait tenir compte de l'évolution des ressources de M. E afin de prendre, le cas échéant, une décision favorable. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité administrative ne pouvait pas prendre en compte les revenus du requérant au titre de la période allant d'avril 2020 à mars 2021 doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention susvisée relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

8. Il ressort des termes des pièces du dossier que les enfants du requérant M. A E et Mme B E, respectivement nés les 14 décembre 1999 et le 29 septembre 2000, sont devenus majeurs à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant. Au surplus, il ressort également des pièces du dossier que les enfants du requérant ont toujours vécu en République Démocratique du Congo auprès de leur mère. Selon le jugement du tribunal pour enfants de C du 12 août 2013, produit par M. E, ce dernier est allé vivre en France après la naissance de ses enfants. Or, l'intéressé, qui serait entré en France selon ses déclarations, le 16 mars 2002, a déposé une première demande de regroupement familial, le 15 septembre 2016, soit plus de quatorze ans après son entrée sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit, en tout état de cause, être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Compte tenu de ce qui a été exposé précédemment au point 8, M. E, qui ne démontre pas l'intensité des liens familiaux l'unissant à ses enfants, dont il a vécu séparé depuis leur naissance, n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Segado, président,

M. Delahaye, premier conseiller,

Mme Bardad, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.

La rapporteure,Le président,

N. BardadJ. Segado

La greffière,

E. Seytre

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions