lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2022, ensemble des mémoires complémentaires enregistrés les 28 avril 2022, 11 mai 2022 et 17 juin 2022, M. B E demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la facture émise par l'association syndicale autorisée du plateau de ANO)Neulise(/ANO) en date du 22 octobre 2021 au titre de la part partenaire pour l'année 2021 ;
2°) de condamner l'association syndicale autorisée du plateau de Neulise, M. D C et l'Etat à lui verser une somme de 5 000 000 d'euros.
M. E soutient que :
- la somme n'est pas due dès lors que la borne d'irrigation n'existe pas ;
- il doit être regardé comme n'ayant plus la qualité d'adhérent en l'absence de borne d'irrigation ;
- l'Etat a déjà indemnisé ;
- il a subi un harcèlement et un préjudice moral, financier et de santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 11 mai 2022, l'association syndicale autorisée du plateau de Neulise, représentée par la SELARL Robert (Me Perret), conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la condamnation du requérant à lui verser une somme de 4 000 euros pour procédure abusive ;
3°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association syndicale soutient que :
- le moyen invoqué n'est pas fondé, dès lors que la somme demandée au requérant l'est en sa qualité d'adhérent et non au titre d'une consommation d'eau ;
- les multiples recours engagés par le requérant présentent un caractère abusif et ce comportement doit être sanctionné.
Un mémoire complémentaire, présenté pour l'association syndicale autorisée du plateau de Neulise et enregistré le 30 mai 2022, n'a pas été communiqué.
Un mémoire complémentaire en production de pièce, présenté pour l'association syndicale autorisée du plateau de Neulise et enregistré le 3 juin 2022, n'a pas été communiqué.
Par un courrier en date du 17 juin 2022, les parties ont été informées de ce que le Tribunal est susceptible de se fonder sur le moyen, relevé d'office, tiré de ce que le juge administratif n'est pas compétent pour se prononcer sur les conclusions indemnitaires dirigées directement contre une personne privée.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 ;
- le décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stillmunkes, président,
- et les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions indemnitaires dirigées contre une personne privée :
1. La juridiction administrative n'est normalement pas compétente pour connaitre de conclusions indemnitaires dirigées contre un particulier, qui n'a pas à titre personnel la qualité d'autorité administrative. Les conclusions de la requête tendant à la condamnation indemnitaire de M. Basset, président de l'association syndicale autorisée, pour harcèlement, doivent en conséquence être rejetées comme portées devant un ordre de juridictions incompétent pour en connaitre.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
2. Aux termes de l'article 3 de l'ordonnance susvisée du 1er juillet 2004 : " Les droits et obligations qui dérivent de la constitution d'une association syndicale de propriétaires sont attachés aux immeubles compris dans le périmètre de l'association et les suivent, en quelque main qu'ils passent, jusqu'à la dissolution de l'association ou la réduction de son périmètre () ". Aux termes de l'article 38 de la même ordonnance : " L'immeuble qui, pour quelque cause que ce soit, n'a plus de façon définitive d'intérêt à être compris dans le périmètre de l'association syndicale autorisée peut en être distrait. La demande de distraction émane de l'autorité administrative, du syndicat ou du propriétaire de l'immeuble. / La proposition de distraction est soumise à l'assemblée des propriétaires. () / Lorsque l'assemblée des propriétaires, dans les conditions de majorité prévues à l'article 14, ou, dans l'hypothèse mentionnée à l'alinéa précédent, la majorité des membres du syndicat s'est prononcée en faveur de la distraction envisagée, l'autorité administrative peut autoriser celle-ci par acte publié et notifié dans les conditions prévues à l'article 15 () ".
3. Aux termes de l'article 31 de la même ordonnance : " I. - Les ressources d'une association syndicale autorisée comprennent : / 1° Les redevances dues par ses membres ; / () / II. - Les redevances syndicales sont établies annuellement et réparties entre les membres en fonction des bases de répartition des dépenses déterminées par le syndicat () ". Aux termes de l'article 7 du décret susvisé du 3 mai 2006 : " Les statuts de l'association syndicale autorisée fixent notamment : / () / 5° Ses modalités de financement et le mode de recouvrement des redevances () ". Aux termes de l'article 53 du même décret : " Les redevances syndicales sont dues par les membres appartenant à l'association au 1er janvier de l'année de leur liquidation ". Enfin, aux termes de l'article 54 du même décret : " L'ordonnateur émet le titre de recettes dont une ampliation est adressée aux redevables de l'association syndicale autorisée et vaut avis des sommes à payer () ".
4. Enfin, aux termes de l'article 4 des statuts de l'association syndicale autorisée d'irrigation du plateau de Neulise : " L'association a pour objet la réalisation des travaux pour la construction de stations de pompage et d'un réseau de distribution d'eau sous pression et la mobilisation de la ressource en eau nécessaire, l'entretien, la gestion et la mise en valeur des ouvrages réalisés, l'exécution des travaux complémentaires, de grosses réparations, d'amélioration ou d'extension qui pourraient ultérieurement être reconnus utiles () ". Aux termes de l'article 16 des mêmes statuts : " Les recettes de l'ASA comprennent : /. Les redevances dues par ses membres () / Le recouvrement des créances de l'association s'effectue comme en matière de contributions directes. / Les redevances syndicales sont établies annuellement et sont dues par les membres appartenant à l'association au 1er janvier de l'année de leur liquidation () ".
5. D'une part, il n'est pas sérieusement contesté que le requérant a acquis la propriété de terrains compris dans le périmètre de l'ASA (association syndicale autorisée) du plateau de Neulise. La circonstance qu'une autorisation d'occupation du 22 décembre 1995 aurait permis l'occupation temporaire de certaines parcelles pour les besoins de travaux publics routiers est, à cet égard, sans incidence utile. Le moyen tiré de ce que l'absence de borne lui aurait fait perdre " de fait " la qualité d'adhérent est par ailleurs infondé, compte tenu des dispositions précitées de l'article 3 de l'ordonnance du 1er juillet 2004. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait demandé et obtenu la distraction de ses parcelles du périmètre de l'association syndicale autorisée, sur le fondement des dispositions précitées de l'article 38 de l'ordonnance du 1er juillet 2004. Ainsi, dès lors que le périmètre n'a pas été modifié, le requérant demeure légalement adhérent de l'association syndicale autorisée et doit, en conséquence, répondre notamment des obligations financières afférentes en application des dispositions précitées de l'article 3 de l'ordonnance du 1er juillet 2004.
6. D'autre part, ainsi que l'expose l'association syndicale autorisée, les sommes réclamées par la " facture " en litige, datée du 22 octobre 2021, correspondent à une redevance liée à la qualité d'adhérent, c'est-à-dire aux obligations dues en cette qualité, qui dépend comme il vient d'être dit de l'appartenance des terrains au périmètre de l'association syndicale agréée. Il est d'ailleurs expressément précisé dans cette facture que la consommation d'eau du requérant est nulle sur la période en cause, de telle sorte que l'ASA ne peut être regardée comme lui demandant le paiement d'une consommation d'eau. L'acte précise au contraire que la somme est réclamée au titre de la " part partenaire " pour l'année 2021, et indique très clairement que le montant d'abonnement est uniquement destiné à couvrir des charges fixes et qu'il est indépendant de la consommation correspondant à la mise à disposition des services. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait plus de borne d'irrigation et n'aurait pas recours à l'eau transportée par les ouvrages de l'association est sans portée utile, dès lors que cette contestation est étrangère au fondement de la somme réclamée. Les conclusions à fin d'annulation de la requête ne peuvent, dans ces conditions, qu'être rejetées.
7. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la " facture " en litige, ni la décharge de l'obligation de payer la somme en cause.
8. Par voie de conséquence de ce qui vient d'être dit, les conclusions indemnitaires présentées dans le dernier état des écritures du requérant et restant en litige, qui se fondent sur le harcèlement que constituerait le fait pour l'association syndicale autorisée de solliciter le versement des sommes dues en qualité d'adhérent, doivent également être rejetées, aucune faute n'étant caractérisée de ce seul fait.
Sur les conclusions indemnitaires reconventionnelles :
9. L'association syndicale autorisée soutient que la requête de M. E, qui fait suite à d'autres requêtes, constituerait un abus du droit d'ester en justice. Toutefois, eu égard à la complexité de la situation du requérant, la Cour n'ayant statué sur celle-ci que par un arrêt du 13 juillet 2021 et le Conseil d'Etat étant saisi d'un pourvoi, la requête ne peut, en l'espèce, être regardée comme abusive. Au surplus, des conclusions indemnitaires visent uniquement à la réparation d'un préjudice, et non, ainsi que le demande l'association syndicale autorisée, à sanctionner un comportement, de telle sorte que les conclusions de l'association syndicale autorisée ne peuvent en tout état de cause être accueillies en l'absence d'établissement d'un préjudice dont elle demanderait réparation. Les conclusions indemnitaires présentées par l'association syndicale autorisée doivent, en conséquence, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'association syndicale autorisée présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions indemnitaires de la requête de M. E dirigées contre M. A C sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'association syndicale autorisée du plateau de Neulise sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E, à l'association syndicale autorisée du plateau de Neulise, à M. A C, au ministre de l'agriculture et à la préfète de la Loire.
Copie en sera adressée à la trésorerie de Saint-Germain-Laval.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Stillmunkes, président,
Mme Monteiro, première conseillère,
M. Bertolo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
H. Stillmunkes
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
M. F
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026