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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2201398

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2201398

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2201398
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantBENAGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 22 février 2022 sous le n° 2201398, Mme C B, représentée par Me Bénagès (Cabinet Auravocats), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 décembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Lyon a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la modification de son état de santé à compter du 29 janvier 2019 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Lyon de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute de son état de santé du 29 janvier 2019 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lyon le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la commission de réforme était irrégulièrement composée ;

- le maire de la commune de Lyon s'est estimé à tort lié par l'avis de la commission de réforme ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la commune de Lyon conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 10 mars 2022 sous le n° 2201803, Mme C B, représentée par Me Bénagès (Cabinet Auravocats), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Lyon a refusé de lui accorder une allocation temporaire d'invalidité ;

2°) d'enjoindre à la commune de Lyon de lui allouer une allocation temporaire d'invalidité ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lyon le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, en raison de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme ;

- le maire de la commune de Lyon a commis une erreur de droit, dès lors qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier d'une allocation temporaire d'invalidité ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son invalidité est imputable à un accident de service.

Par un mémoire, enregistré le 5 avril 2023, la Caisse des dépôts et consignations, gestionnaire du régime de l'allocation temporaire d'invalidité des agents des collectivités locales, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la commune de Lyon conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

III. Par une requête, enregistrée le 5 avril 2022 sous le n° 2202616, Mme C B, représentée par Me Bénagès (Cabinet Auravocats), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Lyon a prononcé son maintien en disponibilité d'office du 4 juin 2021 au 3 juin 2022 ;

2°) de condamner la commune de Lyon à lui verser la somme correspondant à la restitution des traitements non versés ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lyon le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il ne lui a pas été proposé de déposer une demande de reclassement ;

- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la commune de Lyon conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

IV. Par une requête, enregistrée le 6 avril 2023 sous le n° 2302770, Mme C B, représentée par Me Bénagès (Cabinet Auravocats), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2023 par laquelle le maire de la commune de Lyon a prononcé son maintien en disponibilité d'office jusqu'au 3 septembre 2023 ;

2°) de condamner la commune de Lyon à lui verser la somme correspondant à la restitution des traitements non versés ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lyon le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il ne lui a pas été proposé de déposer une demande de reclassement ;

- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits ;

- la décision de placement en retraite pour invalidité est entachée d'irrégularité, faute de consultation préalable du comité médical départemental.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2023, la commune de Lyon conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;

- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,

- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,

- et les observations de Me Bénagès, représentant Mme B, et de Mme A, représentant la commune de Lyon.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, adjointe administrative principale au sein des services de la commune de Lyon, a été victime le 6 décembre 2012 d'un accident de trajet, dont l'imputabilité au service a été reconnue le 4 février 2013, qui lui a occasionné des hématomes au genou et à la cuisse droite ainsi qu'une contusion au niveau du creux poplité gauche, pour lesquels elle a été déclarée guérie avec possibilité de rechute par un certificat médical du 14 mars 2013. A la suite de l'altération de son état de santé, Mme B a été placée du 1er février au 31 août 2016 en congé de maladie ordinaire, puis a repris ses fonctions dans le cadre d'un temps partiel thérapeutique. A compter du 4 septembre 2017, elle a de nouveau été placée en congé de maladie ordinaire, puis en congé de longue maladie jusqu'au 5 mars 2020. Le 12 mai 2019, elle a demandé à bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, en raison d'une rechute des conséquences de l'accident de trajet du 6 décembre 2012. Par une décision du 23 novembre 2020, le maire de la commune de Lyon a rejeté la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'état de santé de Mme B. Cette décision a été retirée par une décision du 19 mai 2021 et, par une nouvelle décision du 23 décembre 2021, le maire de Lyon a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la modification de l'état de santé de Mme B à compter du 29 janvier 2019. Par deux arrêtés du 3 février 2021, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal du 12 juillet 2022, le maire de la commune de Lyon a maintenu l'intéressée en congé de longue maladie du 6 mars au 3 septembre 2020 et l'a placée en disponibilité d'office pour maladie du 4 septembre 2020 au 3 juin 2021. Par une décision du 11 janvier 2022, le maire de la commune de Lyon a refusé de faire droit à la demande de Mme B tendant à bénéficier d'une allocation temporaire d'invalidité. Enfin, par une première décision du 8 février 2022, le maire de la commune de Lyon a prononcé son maintien en disponibilité d'office du 4 juin 2021 au 3 juin 2022, puis par une seconde décision du 8 février 2023 il a prononcé son maintien en disponibilité d'office jusqu'au 3 septembre 2023. Mme B demande l'annulation des décisions des 23 décembre 2021, 11 janvier 2022, 8 février 2022 et 8 février 2023.

2. Les requêtes susvisées ont été introduites par la même requérante et présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 décembre 2021 :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 : " Le président de la commission de réforme est désigné par le préfet qui peut choisir soit un fonctionnaire placé sous son autorité, soit une personnalité qualifiée qu'il désigne en raison de ses compétences, soit un membre élu d'une assemblée délibérante dont le personnel relève de la compétence de la commission de réforme. () / Cette commission comprend : / 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; / 2. Deux représentants de l'administration ; / 3. Deux représentants du personnel. / Chaque titulaire a deux suppléants désignés dans les conditions prévues aux articles 5 et 6 ci-dessous. ". Aux termes de l'article 17 du même arrêté : " La commission ne peut délibérer valablement que si au moins quatre de ses membres ayant voix délibérative assistent à la séance. / Deux praticiens, titulaires ou suppléants, doivent obligatoirement être présents. (). ".

4. En l'espèce, il ressort du procès-verbal de la séance du 21 septembre 2021 que cinq membres de la commission de réforme ayant voix délibérative, dont deux praticiens, ont pris part à cette séance. Cette commission a ainsi pu valablement délibérer, alors même qu'un seul représentant de l'administration était présent. Le moyen tiré du vice de procédure doit par suite être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté du 23 décembre 2021 ni des autres pièces du dossier que le maire de la commune de Lyon se serait cru lié par l'avis rendu le 21 septembre 2021 par la commission de réforme. Par suite, à supposer que la requérante ait entendu soulever le moyen tiré de ce que le maire de la commune de Lyon aurait méconnu l'étendue de sa compétence, celui-ci doit être écarté.

6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction issue de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, désormais codifié aux articles L. 822-18, et L. 822-19 et L. 822-21 du code général de la fonction publique : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. / III.- Est reconnu imputable au service, lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit en apportent la preuve ou lorsque l'enquête permet à l'autorité administrative de disposer des éléments suffisants, l'accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son service et sa résidence ou son lieu de restauration et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l'accident du service. / (). ".

7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été victime le 6 décembre 2012 d'un accident de trajet, résultant d'une chute entre le quai du métro et le marchepied de celui-ci, au cours de laquelle sa jambe droite a été temporairement bloquée et qui lui a occasionné des contusions au niveau des membres inférieurs, soit des hématomes au genou et à la cuisse droite et une contusion au niveau du creux poplité gauche, et dont l'imputabilité au service a été reconnue. Par un certificat du 14 mars 2013, le médecin généraliste de l'intéressée l'a déclarée guérie, avec possibilité de rechute ultérieure. Son état de santé s'étant dégradé, la requérante a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service, du fait de l'accident de trajet survenu en 2012, de la modification de son état de santé à compter du 29 janvier 2019. Or, si le médecin agréé, qui a examiné Mme B les 23 janvier 2018 et 9 avril 2019 à la demande de la commune de Lyon, avait estimé " plausible " que l'accident de trajet du 6 décembre 2012 ait pu décompenser un état antérieur représenté par un syndrome de moelle attaché, consécutif à un spina bifida opéré durant la petite enfance, il n'a pas formellement retenu de lien de causalité direct et certain entre cet accident et les arrêts de travail de Mme B à partir de l'année 2017. Interrogé par la commission de réforme sur le sens à donner à ses conclusions, il a ensuite, par un rapport du 25 septembre 2019 préconisé la prise en charge des arrêts de travail de Mme B au titre du congé de longue maladie et, par un complément de réponse du 16 juin 2020, il a indiqué que les troubles neurologiques présentés par l'intéressée ne relevaient pas d'une rechute de l'accident de trajet. En outre, tant le comité médical dans son avis du 14 janvier 2021, que la commission de réforme dans son avis du 21 septembre 2021, ont exclu tout lien entre la pathologie de la requérante et l'accident de trajet du 6 décembre 2012. Si Mme B se prévaut notamment du rapport d'expertise du 25 septembre 2019, d'un certificat médical du 15 novembre 2021, de la décision du 21 juin 2021 lui accordant l'allocation aux adultes handicapés et d'une attestation établie par son fils le 27 juillet 2020, ces éléments, qui se bornent à décrire la pathologie de la requérante, ne permettent pas d'établir de lien entre celle-ci et l'accident de trajet intervenu en 2012. Il en va de même des certificats d'arrêts de travail versés au dossier, qui ne sont pas circonstanciés sur ce point. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune de Lyon aurait commis une erreur d'appréciation en excluant l'existence d'un lien direct et certain entre la modification de son état de santé à compter du 29 janvier 2019 et l'accident de trajet du 6 décembre 2012.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 décembre 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 11 janvier 2022 :

9. En premier lieu, Mme B soutient que l'avis rendu le 21 septembre 2021 par la commission de réforme, l'a été dans des conditions irrégulières, dès lors que seul un représentant de l'administration a participé à cette réunion. Ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4 du présent jugement.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 417-8 du code des communes, maintenu en vigueur et étendu à l'ensemble des agents concernés par la loi du 26 janvier 1984 relative à la fonction publique territoriale par le III de son article 119, lequel a été abrogé par l'ordonnance du 24 novembre 2021 portant partie législative du code général de la fonction publique dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique : " Les communes et les établissements publics communaux et intercommunaux sont tenus d'allouer aux agents qui ont été atteints d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente au moins égale à un taux minimum déterminé par l'autorité supérieure ou d'une maladie professionnelle une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec le traitement, dans les mêmes conditions que pour les fonctionnaires de l'Etat. ". Aux termes de l'article L. 417-9 du même code, également maintenu en vigueur et étendu dans les mêmes conditions : " Les conditions d'attribution et les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article 2 du décret du 2 mai 2005 : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10 % ; (). ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret : " La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à compter du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. (). ". Enfin, aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 514-1 du code général de la fonction publique: " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors son administration d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite (). "

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été placée en congé de maladie à compter du 4 septembre 2017 et n'a plus repris son activité professionnelle depuis lors, ayant notamment été placée en disponibilité d'office pour motif médical à compter du 4 septembre 2020. L'intéressée, qui ne se trouvait pas en position d'activité à la date à laquelle elle a sollicité une allocation temporaire d'invalidité, ne pouvait donc pas prétendre au bénéfice de cette allocation, en application des dispositions précitées des articles 2 et 3 du décret du 2 mai 2005. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit que le maire de la commune de Lyon a refusé, pour ce motif, de lui accorder une telle allocation.

12. En troisième et dernier lieu, le motif tiré de ce que Mme B ne se trouvait pas en situation d'activité à la date de sa demande d'allocation temporaire d'invalidité justifiait, à lui seul, le refus qui lui a été opposé. En tout état de cause, et alors que Mme B se prévaut des mêmes éléments médicaux que ceux mentionnés au point 7 du jugement, elle n'est pas fondée à soutenir que la pathologie dont elle est atteinte et pour laquelle elle a présenté une demande d'allocation, serait imputable à l'accident de trajet du 6 décembre 2012. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.

13. Il résulte de qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du maire de la commune de Lyon du 11 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 février 2022 :

14. Aux termes des dispositions, alors applicables, de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifiées aux articles L. 822-6 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. () 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement () ". Aux termes des dispositions, alors applicables, de l'article 72 de la même loi, désormais codifiées à l'article L. 514-4 du code général de la fonction publique : " () La disponibilité est prononcée () d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57 (). ". Aux termes de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 : " Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du conseil médical réuni en formation restreinte. En cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret du 30 septembre 1985 susvisé, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis du conseil médical réuni en formation plénière. (). ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du comité médical, par l'autorité territoriale dont il relève. () / L'agent qui fait part de son refus de bénéficier d'une période de préparation au reclassement présente une demande de reclassement en application des dispositions du même article. "

15. En premier lieu, s'il résulte de ces dispositions que le fonctionnaire dont l'état de santé ne lui interdit pas toute activité a droit à une période de préparation au reclassement ou doit à défaut être invité à une demande de reclassement, il ressort des pièces du dossier que le comité médical départemental a estimé dans son avis du 2 décembre 2021 que l'état de santé de Mme B était incompatible avec l'exercice de toutes fonctions, ce que la requérante ne conteste pas. Ainsi, la commune de Lyon n'était pas tenue de l'inviter à présenter une demande de reclassement préalablement à son placement en disponibilité d'office pour motif médical. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

16. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B avait épuisé son droit à congé de longue maladie à la date à laquelle elle a été placée en disponibilité d'office. Elle ne justifie pas par les pièces qu'elle produit, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, que sa pathologie serait en lien avec l'accident de trajet dont elle a été victime le 6 décembre 2012, et qu'elle avait ainsi droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service. Dans ces conditions, le maire de la commune de Lyon a pu légalement la maintenir d'office en disponibilité pour motif médical du 4 juin 2021 au 3 juin 2022.

17. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du maire de la commune de Lyon du 8 février 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la condamnation de la commune de Lyon à lui verser la somme correspondant à la restitution des traitements non versés doivent également être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 février 2023 :

18. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que pour maintenir Mme B en position de disponibilité d'office, le maire de la commune de Lyon s'est fondé sur l'avis du comité médical départemental du 12 janvier 2023 la déclarant inapte à toute fonction. La requérante n'est par suite pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance de l'obligation de reclassement résultant des dispositions mentionnées au point 12.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, alors que Mme B reprend la même argumentation et ne produit, outre les éléments qui y sont mentionnés, qu'un certificat d'un neurologue du 1er avril 2023 qui se borne à décrire son état de santé et ses antécédents médicaux, que le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.

20. En troisième et dernier lieu, la décision attaquée n'ayant ni pour objet ni pour effet de placer Mme B en retraite pour invalidité, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine de la commission médicale.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du maire de la commune de Lyon du 8 février 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la condamnation de la commune de Lyon à lui verser la somme correspondant à la restitution des traitements non versés doivent également être rejetées.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme B doivent être rejetées, y compris leurs conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes susvisées présentées par Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la commune de Lyon et à la Caisse des dépôts et consignations.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Soubié, première conseillère,

Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.

La rapporteure,

P. Boulay

La présidente,

V. Vaccaro-Planchet La greffière,

C. Delmas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°s 2201398, 2201803, 2202616 et 2302770

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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