mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201662 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mars 2022, M. E B et Mme C D épouse B, représentés par Me Lantheaume, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. B le 9 décembre 2020 au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de faire droit à cette demande de regroupement familial dans le délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut de réexaminer sa demande ;
3°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 7 296,12 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable et portant capitalisation, en réparation de l'ensemble de leurs préjudices ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la responsabilité de l'Etat est engagée pour faute en raison de l'illégalité de la décision attaquée ;
- en raison de l'illégalité de cette décision, ils ont été contraints de vivre séparés et ont subi des troubles dans leurs conditions d'existence leur causant un préjudice pouvant être évalué à la somme de 5 000 euros ;
- ils ont subi un préjudice matériel lié aux allers-retours que M. B a dû effectuer vers la Tunisie et aux sommes qu'il a dû envoyer à son épouse pour subvenir à ses besoins pendant leur séparation ; ce préjudice s'élève à 2 296,12 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction et au rejet des autres conclusions.
Elle soutient que :
- elle a fait droit à la demande de regroupement familial présentée par M. B ;
- le préjudice invoqué n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Rizzato, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant tunisien, a sollicité le regroupement familial au bénéfice de son épouse, le 9 décembre 2020. Lui et son épouse, demandent l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur cette demande ainsi que l'indemnisation des préjudices qu'ils ont subi du fait de l'illégalité fautive dont est entachée cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Par une décision du 31 mars 2022, postérieure à l'introduction de la requête la préfète du Rhône a fait droit à la demande de regroupement familial présentée par M. B en accordant à son épouse l'autorisation d'entrer en France. Les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête ont, par suite, perdu leur objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
3. Il résulte de l'instruction que M. B a épousé Mme D en Tunisie, le 24 octobre 2020 et a présenté, dès le 9 décembre 2020, une demande regroupement familial en sa faveur. En application des dispositions combinées des articles L. 431-6 et R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de cette demande est née le 12 septembre 2021, six mois après la délivrance de l'attestation de dépôt qu'il produit. Le préfet du Rhône a accordé l'autorisation de regroupement familial sollicitée le 31 mars 2022, soit un peu plus de six mois après la naissance de la décision implicite de rejet litigieuse.
4. M. B était à la date de la décision en litige, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 17 janvier 2023 et résidait régulièrement en France depuis janvier 2019. A l'appui de sa demande de regroupement familial, il a justifié être locataire d'un appartement d'une superficie habitable de 34,83 m² satisfaisant aux conditions de salubrité et d'équipement visées au 2° de l'article R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant, qui occupe un emploi de consultant en informatique, a perçu, au titre de la période de référence, un salaire mensuel net supérieur à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel au cours de cette période comme l'attestent les bulletins de salaire qu'il produit. Par suite, et alors que Mme D épouse B ne résidait pas en France à la date du 12 septembre 2021, les requérants sont fondés à soutenir que le refus initialement opposé à leur demande d'autorisation et né du silence conservé sur celle-ci plus de six mois était entaché d'une illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
5. Les requérants soutiennent qu'ils ont subi un préjudice matériel correspondant au coût des voyages en avion effectués par M. B pour rendre visite à son épouse et aux virements effectués par celui-ci à son épouse. Les pièces qu'ils produisent ne permettent toutefois de justifier leur préjudice subi qu'à hauteur de 135,26 euros, correspondant aux voyages en avion effectués en janvier 2022 entre la France et la Tunisie, les autres dépenses engagées ne présentant pas de lien de causalité direct et certain avec l'illégalité de la décision en litige. Par ailleurs, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis par les requérants en condamnant l'État à leur verser la somme globale de 1 000 euros.
6. Il résulte de l'ensemble ce qui précède que les requérants sont fondés à demander le versement d'une somme de 1 135,26 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
7. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter de la réception par la partie débitrice de la réclamation de la somme principale.
8. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
9. Les requérants ont droit aux intérêts au taux légal sur la somme qui leur est due à compter du 10 février 2022, date de réception par le préfet du Rhône de la demande préalable. Ils ont demandé la capitalisation des intérêts dans leur requête enregistrée le 4 mars 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 4 mars 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais d'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. et Mme B d'une somme de 1 200 euros au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. B.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. et Mme B la somme de 1 135.26 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal à compter de 10 février 2022. Les intérêts échus à la date du 4 mars 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et à Mme C D épouse B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026