mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201716 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 7ème chambre |
| Avocat requérant | SOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2022, Mme C G, représentée par Me Soy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2021 lui infligeant un blâme ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est issue d'une procédure irrégulière ;
- elle n'est pas motivée ;
- les faits sont matériellement inexacts ;
- ils ne sont pas fautifs ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire,
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
- les observations de Me Soy, pour Mme G.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C G est brigadier de police. Par la présente requête elle demande l'annulation de la décision en date du 7 décembre 2021 lui infligeant un blâme.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée, pour le préfet et par délégation, par Mme Patricia Gonachon, commissaire générale, directrice départementale de la sécurité publique du Rhône. Par arrêté du 1er octobre 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Rhône, le préfet du Rhône a délégué sa signature à M. A E, préfet délégué pour la défense et la sécurité, dans les matières intéressant la direction et le contrôle des services de police ainsi que la coordination opérationnelle de l'ensemble des forces participant à la sécurité, notamment pour la signature de sanctions du premier groupe des personnels d'encadrement et d'application de la police nationale. Ce même arrêté donne délégation à M. B, directeur de la sécurité publique du Rhône à l'effet de prendre ces mêmes décisions en cas d'absence ou d'empêchement de M. E. Par arrêté du 6 octobre 2021, M. B a délégué sa signature à Mme Patricia Gonachon, directrice départementale adjointe de la sécurité publique du Rhône, à l'effet de signer les sanctions disciplinaires du premier groupe pour les personnels d'encadrement et d'application de la police nationale. Même si la décision attaquée mentionne " la commissaire générale, directrice départementale de la sécurité publique du Rhône ", au lieu de directrice départementale adjointe de la sécurité publique du Rhône, il est constant que la décision a été signée par Mme F et cette dernière était titulaire d'une subdélégation de signature. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'incompétence manque en fait.
3. En deuxième lieu, Mme G, qui avait déclaré le 1er novembre 2021, ne pas vouloir prendre connaissance de son dossier au SGAMI, a signé le 15 novembre 2021 une attestation selon laquelle elle a reçu copie de son dossier disciplinaire constitué de 77 pages. Le moyen tiré de ce qu'elle n'a pu prendre connaissance de son dossier disciplinaire manque en fait.
4. En troisième lieu, il résulte de la décision attaquée, mais également des nombreux procès-verbaux d'audition produits en défense, que Mme G, qui ne peut utilement soutenir qu'elle aurait dû être entendue en premier, a été informée de la possibilité de se faire assister de la personne de son choix tout au long de l'enquête disciplinaire et qu'elle a pu faire valoir ses observations, notamment par écrit. Elle ne peut utilement soutenir qu'elle aurait dû être davantage informée des modalités de la procédure disciplinaire. Ainsi, elle n'a été privée d'aucune garantie.
5. En quatrième lieu, la sanction énonce dans le détail les reproches adressés à Mme G et relate notamment les termes dans lesquels elle parlait de ses collègues. L'autorité administrative a, de surcroit, qualifié les faits, citant le manquement au devoir d'exemplarité, le manquement au devoir de réserve, le manquement à l'obligation de courtoisie à l'égard du public, la négligence professionnelle en précisant pour chacune de ces qualifications l'article du code de la sécurité intérieure méconnu. La sanction est donc motivée, contrairement à ce que soutient la requérante.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / Premier groupe : / l'avertissement, le blâme ; () ". Il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme G tenait, au moins en 2020, envers certains collègues et sa hiérarchie des propos injurieux. Elle ne peut se prévaloir de ce que ces propos auraient été tenus en privé, d'autant qu'ils ont été, dans un second temps, diffusés aux collègues de la requérante. Il est, en outre, établi par les pièces du dossier qu'elle ne respectait pas, au moins une fois, les consignes de sécurité relatives au rangement des armes à feu de service. Ces faits sont fautifs, et leur gravité n'est pas atténuée par la circonstance que Mme G avait été atteinte d'une grave maladie ayant justifié un arrêt de travail de septembre 2015 à juin 2016 et qu'elle aurait eu l'impression qu'un de ses collègues sous-estimait la gravité de cette maladie.
8. Si le grief tiré d'un manque de courtoisie envers le public, notamment le fait qu'elle aurait violemment jeté son sac sur une chaise au cours d'une audition menée par une collègue n'est pas établi, les autres faits mentionnés au point précédent justifiaient à eux seuls la sanction de blâme qui n'est pas disproportionnée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme G doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont Mme G demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C G et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La magistrate désignée
A. WolfLe greffier,
J. P. Duret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026