lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 3ème chambre |
| Avocat requérant | TERRAZZONI LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 3 mai 2022, Mme C A épouse B, représentée par Me Terrazzoni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 janvier 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de points fondées sur des infractions commises les 15 décembre 2016, 9 août 2017, 31 août 2017, 14 septembre 2017, 26 octobre 2019, 27 mai 2021, 30 mai 2021 et 6 juin 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de rétablir son permis de conduire et de lui restituer les points retirés dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, qu'elle n'a pas reçu l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut :
1°) au non-lieu à statuer partiel concernant les points retirés en raison des infractions commises les 31 août 2017 et 26 octobre 2019 ;
2°) au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- les points retirés en raison des infractions commises les 31 août 2017 et 26 octobre 2019 ont été restitués les 27 août 2018 et 4 août 2020 ;
- pour le surplus, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénal et le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le magistrat désigné a, au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Hosni, greffière, présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 janvier 2022, le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de Mme A pour solde de points nul. Cette dernière demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de points qui fondent cette invalidation.
Sur l'étendue du litige :
2. Ainsi que le relève le ministre, il résulte des mentions du relevé d'information intégral qu'il produit que le point retiré en raison de l'infraction commise le 31 août 2017 a été restitué le 27 août 2018, et que le point retiré en raison de l'infraction commise le 26 octobre 2019 a été restitué le 4 août 2020. Le litige concernant ces retraits avait, ainsi, perdu son objet avant l'enregistrement de la requête et les conclusions afférentes sont, en conséquence, irrecevables.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. En premier lieu, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En l'espèce, le ministre produit le procès-verbal de l'infraction du 15 décembre 2016, signé par la requérante. Celle-ci n'est dès lors pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas régulièrement bénéficié de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que le pli contenant l'avis d'amende forfaitaire majorée émise en raison de l'infraction commise le 9 août 2017 et constatée par radar automatique, a été adressé à la requérante et que celle-ci, régulièrement avisée, n'a pas réclamé le pli. Ayant ainsi été régulièrement mise à même de bénéficier de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, elle n'est dès lors pas fondée à soutenir que le retrait de points pris en raison de cette infraction serait entaché de vice de procédure.
5. En troisième lieu, s'agissant du retrait de points pris en raison de l'infraction commise le 14 septembre 2017, il résulte de l'instruction que cette infraction a été constatée par procès-verbal électronique et a donné lieu à émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, sans qu'il apparaisse que le procès-verbal aurait été présenté à la signature de la contrevenante ni qu'elle aurait réglé l'amende. Le ministre admet d'ailleurs ne pas pouvoir établir la délivrance de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, mais fait en revanche valoir que ce vice de procédure n'a, en l'espèce, privé l'intéressée d'aucune garantie, dès lors qu'elle aurait reçu une information équivalente à l'occasion de l'infraction commise le 15 décembre 2016. Toutefois, il s'agit d'une infraction distincte et la requérante ne peut ainsi être regardée comme ayant reçu préalablement une information adaptée à la nature de la nouvelle infraction commise, s'agissant en particulier de sa qualification au sens du deuxième alinéa de l'article L. 223-3. Le moyen tiré du vice de procédure doit, en conséquence, être retenu.
6. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que chacune des infractions commises les 27 mai, 30 mai et 6 juin 2021, constatées par radar automatique, a donné lieu à émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, sans qu'il apparaisse que ces amendes auraient été réglées. La seule circonstance, invoquée par le ministre, que l'administration accomplisse normalement des diligences dans le cadre de la procédure d'amende forfaitaire majorée, ne suffit pas à établir l'information de l'intéressée au titre des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en l'absence de tout élément établissant que l'information devrait être regardée comme ayant été mise à sa disposition. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait reçu une information pertinente à l'occasion d'une infraction de même nature et dans une période suffisamment rapprochée, de telle sorte que l'absence d'information doit, en l'espèce, être regardée comme l'ayant effectivement privée d'une garantie. Les retraits de points pris en raison des trois infractions précitées doivent, en conséquence, être annulés pour vice de procédure.
7. En cinquième lieu, la décision invalidant le permis de conduire de la requérante doit être annulée en conséquence de l'annulation des décisions de retraits de points prises en raison des infractions commises les 14 septembre 2017, 27 mai 2021, 30 mai 2021 et 6 juin 2021, sur lesquelles cette invalidation se fonde.
8. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement que le ministre rétablisse en sa validité le permis de conduire de Mme A, en en créditant le capital en conséquence de la restitution des points retirés par les décisions de retrait de points qui ont été annulées. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 29 janvier 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de Mme A, ainsi que les décisions de retrait de points fondées sur des infractions commises les 14 septembre 2017, 27 mai 2021, 30 mai 2021 et 6 juin 2021, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de rétablir en sa validité le permis de conduire de Mme A, en en créditant le capital en conséquence de la restitution des points retirés par les décisions de retrait de points visées à l'article précédent, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A épouse B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à Me Terrazzoni.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
H. StillmunkesLa greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026