mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201783 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 mars 2022 et 6 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2021 par laquelle le directeur du foyer départemental de l'enfance et de la famille C a refusé de reconnaitre l'origine professionnelle de la maladie déclarée le 7 février 2020 et de ses arrêts de travail ;
2°) d'annuler la décision du 9 février 2022 par laquelle le directeur du foyer départemental de l'enfance et de la famille (D a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 22 juin 2021 ;
3°) d'enjoindre au foyer départemental de l'enfance et de la famille (D de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) subsidiairement, d'ordonner avant dire droit une expertise médicale ;
5°) de mettre la somme de 1 700 euros à la charge du foyer départemental sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de ses arrêts de travail est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- le médecin du travail n'a pas été associé à la procédure en méconnaissance des dispositions de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- la composition de la commission de réforme réunie le 5 novembre 2021 était irrégulière, en l'absence d'un médecin spécialiste en psychiatrie ;
- la décision est entachée d'une incompétence négative et d'erreur de droit dès lors que le foyer départemental de l'enfance et de la famille C s'étant à tort estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis négatif de la commission de réforme ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 21 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; sa pathologie est imputable au service et a été provoquée par ses conditions de travail et le comportement d'un collègue psychologue ;
- son taux d'invalidité est supérieur à 25%.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 novembre 2022 et 29 mars 2023, le foyer départemental de l'enfance et de la famille C, représenté par la SELARL BLT Droit Public, conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 8 décembre 2021, au rejet du surplus des conclusions de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le foyer départemental de l'enfance et de la famille C soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 8 décembre 2021 qui a été retirée par une décision du 9 février 2022 devenue définitive le 11 avril 2022 ;
- les moyens soulevés à l'encontre de la décision du 9 février 2022 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service des arrêts de travail de Mme A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 18 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 8 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et aux régimes des congés de maladie des fonctionnaires ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Galifi pour le foyer départemental de l'enfance et de la famille C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est agent des services hospitaliers employée par le Foyer départemental de l'enfance et de la famille (D et affectée au foyer d'accueil et d'observation " Le bois d'Avaize " comme maîtresse de maison. Elle demande l'annulation de la décision du 8 décembre 2021 par laquelle le directeur du foyer départemental de l'enfance et de la famille C a refusé de reconnaitre l'origine professionnelle de la pathologie qu'elle a déclarée le 7 février 2020 et de la décision du 9 février 2022 par laquelle la même autorité a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 22 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 8 décembre 2021 :
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 8 décembre 2021 a été retirée par son auteur, sur recours gracieux de Mme A, par décision du 9 février 2022. Cette décision de retrait est intervenue avant l'introduction de la requête et est définitive. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 décembre 2021 sont donc irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 9 février 2022 :
3. Aux termes des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. ". Aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 4 août 2004 visé ci-dessus : " Le secrétariat de la commission informe () le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. (). Ces médecins peuvent obtenir, s'ils le demandent, communication du dossier de l'intéressé. Ils peuvent présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion de la commission. Ils remettent obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus au premier alinéa des articles 21 et 23 ci-dessous. ".
4. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de Mme A a été examiné par la commission de réforme réunie le 5 novembre 2021 et chargée de se prononcer sur l'imputabilité au service de sa pathologie sans que le médecin du travail soit informé de la séance et remette un rapport écrit. Or, la consultation du médecin du travail est constitutive d'une garantie pour le fonctionnaire demandant le bénéfice des dispositions du 2ème alinéa du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986. A cet égard le foyer départemental de l'enfance et de la famille C ne peut utilement se prévaloir de l'impossibilité dans laquelle il s'est trouvé de soumettre le cas de Mme A à un médecin du travail en raison de l'absence d'un tel médecin rattaché à l'établissement. En tout état de cause, le foyer départemental de l'enfance et de la famille C n'établit pas, par les pièces qu'il produit, avoir essayé en vain de faire examiner l'agent par un médecin du service des pathologies professionnelles. Mme A est ainsi fondée à soutenir que la décision refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 22 juin 2021 est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 9 février 2022 du directeur du foyer départemental de l'enfance et de la famille C doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique que la demande de Mme A soit réexaminée s'agissant de l'imputabilité des arrêts de travail à compter du 22 juin 2021. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au foyer départemental de l'enfance et de la famille C de procéder à ce réexamen dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le foyer départemental de l'enfance et de la famille C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du foyer départemental de l'enfance et de la famille C une somme de 1 400 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 9 février 2022 du directeur du foyer départemental de l'enfance et de la famille C refusant de reconnaitre l'imputabilité au service des arrêts de travail de Mme A à compter du 22 juin 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au foyer départemental de l'enfance et de la famille C de procéder dans un délai de deux mois à compter du présent jugement au réexamen de la demande de Mme A s'agissant de ses arrêts de travail à compter du 22 juin 2021.
Article 3 : Le foyer départemental de l'enfance et de la famille C versera une somme de 1 400 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par le foyer départemental de l'enfance et de la famille C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au foyer départemental de l'enfance et de la famille C.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne au préfet C en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026