mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2022 de la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Mellet Mandard fixant à 21% de son traitement indiciaire brut le montant de l'indemnité forfaitaire technique qui lui est attribuée mensuellement à compter du 1er juillet 2015, et prévoit l'évolution de cette indemnité, sous réserve de la réalisation de ses objectifs annuels, de 2022 à 2027 ;
2°) de faire injonction à l'EHPAD de réviser rétroactivement sa prime de 0,4% par an à compter de 2015.
Il soutient que :
- la directrice de l'Ehpad ne peut apprécier sa valeur professionnelle, alors qu'il n'a bénéficié d'aucune évaluation, ni fonder l'évolution de sa prime sur le respect de ses objectifs, alors qu'aucun objectif ne lui est jamais fixé ;
- la décision n'est pas justifiée, alors qu'il effectue son travail avec sérieux ;
- l'indemnité qui lui sera allouée en fin de carrière sera inférieure au plafond maximum.
Par un mémoire enregistré le 13 septembre 2022, l'EHPAD Mellet Mandard, représenté par la Selarl BLT Droit public, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'établissement soutient que :
- la requête, qui ne contient l'énoncé d'aucun moyen, est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 2011-744 du 27 juin 2011 portant statut particulier du corps des techniciens et techniciens supérieurs hospitaliers ;
- le décret n° 2013-102 du 29 janvier 2013 relatif à l'attribution d'une indemnité forfaitaire technique aux agents du corps des techniciens et techniciens supérieurs hospitaliers ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Besse,
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique,
- et les observations de Me Denizot, représentant l'EHPAD Mellet Mandard.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, technicien hospitalier affecté à l'EHPAD Mellet Mandard, demande au tribunal d'annuler la décision du 4 janvier 2022 de la directrice de l'établissement fixant à 21% de son traitement indiciaire brut le montant de l'indemnité forfaitaire technique qui lui est attribuée mensuellement à compter du 1er juillet 2015, et prévoyant l'évolution de cette indemnité, sous réserve de la réalisation de ses objectifs annuels, de 2022 à 2027.
2. Aux termes de l'article 3 du décret du 27 juin 2011 susvisé : " I. - Les membres du corps des techniciens et techniciens supérieurs hospitaliers accomplissent des missions ou des travaux à caractère technique dans les spécialités regroupées dans les domaines suivants : 1° Bâtiment, génie civil ; 2° Contrôle, gestion, installation et maintenance technique ; 3° Hygiène et sécurité ; 4° Logistique et activités hôtelières ; 5° Reprographie, dessin, documentation./ II. - Les techniciens hospitaliers peuvent se voir confier l'animation d'une équipe ainsi que la coordination d'un ou plusieurs ateliers ou unités de production impliquant la mise en œuvre de techniques ou de qualifications particulières./ Ils peuvent également participer à la formation des personnels ouvriers. " Aux termes de l'article 1er du décret du 29 janvier 2013 susvisé : " Les techniciens et techniciens supérieurs titulaires ou stagiaires régis par le décret du 27 juin 2011 susvisé bénéficient d'une indemnité forfaitaire technique payable mensuellement à terme échu. " L'article 2 de ce décret dispose : " Le montant mensuel de l'indemnité forfaitaire technique est arrêté par l'autorité investie du pouvoir de nomination en fonction de la valeur professionnelle de l'agent./ Ce montant est fixé dans la limite de 25,41 % du traitement mensuel brut indiciaire du bénéficiaire pour les membres du corps classés dans le premier grade (), sans toutefois que ce montant puisse être inférieur au montant mensuel de l'indemnité de sujétion spéciale arrêté dans les conditions prévues aux articles 2 et 3 du décret du 1er août 1990 susvisé. "
3. Pour l'application de ces dispositions, la valeur professionnelle d'un agent s'apprécie en tenant compte notamment de la nature des fonctions qui lui sont confiées, des sujétions qu'elles comportent et de la technicité qu'elles exigent.
4. Si M. A fait valoir qu'il ne bénéficie pas d'évaluations professionnelles annuelles, cette circonstance est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Par ailleurs, il ne peut utilement contester le montant prévu des taux à compter de l'année 2022, en l'état d'ailleurs purement éventuel, en faisant valoir qu'aucun objectif ne lui est fixé.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est affecté à la cuisine de l'établissement où il doit, selon sa fiche de poste, et sous la responsabilité du responsable de cuisine, réceptionner et ranger les marchandises, préparer les repas, suivre les températures de stockage, de livraison et de préparation des marchandises et repas, appliquer et respecter le planning et les modes opératoires de nettoyage, effectuer la plonge, assurer la relation avec les résidents. Au regard du degré de technicité des fonctions ainsi accomplies, qui ne comportent par ailleurs pas de sujétions particulières, et alors même que M. A soutient donner satisfaction dans son travail, la présidente de l'EHPAD Mellet Mandard, en fixant à 21 % du traitement indiciaire brut jusqu'en 2021 et 21,4% en 2022, taux devant ensuite être majoré, le montant de l'indemnité technique forfaitaire devant être attribuée à M. A n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, sans qu'ait en tout état de cause d'incidence le fait que le taux dont il devrait bénéficier en 2027 serait inférieur au montant maximal, au versement duquel M. A n'a pas de droit acquis.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 janvier 2022 de la directrice de l'EHPAD Mellet Mandard. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
7. IL n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'EHPAD Mellet Mandard tendant à la mise à la charge du requérant d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EHPAS Mellet Mandard au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'EHPAD Mellet Mandard.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Allais, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
T. Besse
L'assesseur le plus ancien,
L. Delahaye
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026