mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 mars 2022 et 24 octobre 2023, M. B A, représenté par la SELARL François Dumoulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de l'Arbresle a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 mai 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de l'Arbresle l'a placé en congé pour maladie ordinaire à plein traitement du 18 mai au 15 août 2021 et en congé à demi-traitement du 16 août au 30 septembre 2021 ;
3)° d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de l'Arbresle lui a fait application d'un jour de carence au titre de son congé pour maladie ordinaire et a retenu 1/30ème de sa rémunération à ce titre ;
4°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la commune de l'Arbresle sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions en litige sont intervenues à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il n'a pas été informé de son droit à obtenir communication de la partie médicale de son dossier en méconnaissance des dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière et a ainsi été privé d'une garantie substantielle ;
- la commission de réforme était irrégulièrement composée dès lors qu'aucun médecin spécialiste n'a siégé et qu'aucun médecin expert n'a été saisi de sa situation en amont de la séance ;
- les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il a bien été victime d'un accident survenu en service ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, la commune de l'Arbresle, représentée par la SELARL Itinéraires avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Benyahia pour la commune de l'Arbresle.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, brigadier-chef principal, exerçant ses fonctions au sein des services de la commune de l'Arbresle, a été victime d'un malaise le 17 mai 2021 qu'il a déclaré comme un accident de travail le 9 juin 2021. Il demande l'annulation des arrêtés du 10 septembre 2021 par lesquels le maire de la commune, suivant l'avis émis le 7 septembre 2021 par la commission de réforme, a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de ce malaise et des arrêts maladies qui l'ont suivi et lui a fait application d'un jour de carence.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. () / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme ().".
3. En premier lieu, aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " () Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. La commission entend le fonctionnaire, qui peut se faire assister d'un médecin de son choix. Il peut aussi se faire assister par un conseiller.".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été informé par un courrier daté du 6 août 2021 de la réunion, le 7 septembre 2021, de la commission de réforme chargée de se prononcer sur son dossier. Ce courrier comportait en pièce jointe une fiche d'information comportant notamment des éléments sur le déroulement de la procédure dans les termes suivants : " Vous êtes informé par le secrétariat du Conseil médical 10 jours avant la date de la réunion prévue pour l'examen de votre dossier. Vous êtes invité à prendre connaissance de votre dossier dont la partie médicale peut vous être communiquée directement à votre demande ou par l'intermédiaire d'un médecin. Le médecin du service de médecine professionnelle et préventive est informé de la date d'examen de votre dossier par la formation plénière. Le médecin peut avoir communication de votre dossier, présenter des observations écrites et assister à titre consultatif à la séance. Si vous le souhaitez, vous pouvez présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. Vous pouvez assister à la séance de la formation plénière et être accompagné dans cette démarche par la personne de votre choix. Cependant, votre présence n'est pas obligatoire au bon déroulement de la procédure. Si vous souhaitez être entendu par la formation ou prendre connaissance de votre dossier, il est nécessaire que vous preniez contact avec le secrétariat du Conseil médical. ". M. A a, par un courriel du 31 août 2021 demandé la transmission numérique intégrale de son dossier. La commune, qui soutient que ce dossier lui a bien été communiqué, produit un courriel du secrétariat de la commission de réforme adressé à M. A mentionnant cette transmission et daté du 1er septembre 2021. M. A, qui ne conteste pas ces éléments, n'est pas fondé, en tout état de cause, à soutenir qu'il n'a pas été informé de ses droits à communication de son dossier médical résultant des dispositions citées au point 3.
5. En deuxième lieu, en vertu des dispositions de l'article 3 de l'arrêt du 4 août 2004 la commission de réforme comprend " 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes () ".
6. Il résulte de ces dispositions que, dans le cas où il est manifeste, eu égard aux éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée est nécessaire pour éclairer l'examen du cas du fonctionnaire, l'absence d'un tel spécialiste est susceptible de priver l'intéressé d'une garantie et d'entacher ainsi la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.
7. Si M. A soutient que, lors de la séance du 7 septembre 2021, la commission de réforme des agents de la fonction publique territoriale, qui a rendu un avis défavorable à l'imputabilité au service de son état de santé, ne comprenait aucun médecin spécialiste, il n'apporte aucun élément de nature à laisser penser que la présence d'un tel médecin, dont il ne précise d'ailleurs pas la spécialité, était manifestement nécessaire pour éclairer l'examen de sa situation, compte-tenu des éléments dont elle disposait. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'arrêté du 4 août 2004 doit être écarté.
8. En troisième lieu, constitue un accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré avoir été victime d'un accident de service le 17 mai 2021 à 8h15. La déclaration d'accident de service qu'il a remplie mentionne qu'il a fait un malaise, à sa prise de service, lorsque le maire et sa cheffe de service lui ont remis un courrier le menaçant d'une sanction disciplinaire. Toutefois, il n'établit ni même ne soutient que ces derniers auraient tenu des propos ou adopté un comportement qui auraient excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. La circonstance qu'il a été pris en charge par les pompiers et hospitalisé une journée n'est pas, par elle-même, de nature à établir qu'il aurait été victime d'un accident de service. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la décision du 10 septembre 2021 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de cet accident doit être écarté.
10. Pour les mêmes raisons et en l'absence de toute autre argumentation, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du même jour le plaçant en congé pour maladie ordinaire à compter du 18 mai 2021 et faisant application d'un jour de carence.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de l'Arbresle, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le versement à la commune de l'Arbresle d'une somme de 1 500 euros au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de l'Arbresle la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de l'Arbresle.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026