mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GIDE LOYRETTE NOUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 mars 2022, 2 novembre 2022 et 14 novembre 2023, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Les Coteaux de Serrières et M. B A, ce dernier ayant la qualité de représentant unique, représentés par Me Soy, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2021 par lequel le maire de Serrières a délivré à la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo un permis de construire pour la réalisation d'une station d'épuration des eaux usées sur un terrain situé sur le territoire de la commune de Serrières, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Serrières la somme de 2 400 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'ils justifient d'un intérêt pour agir ;
- l'acte attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il est intervenu sans que le préfet de région ait été préalablement saisi en application de l'article L. 523-9 du code du patrimoine ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le dossier de demande de permis de construire n'a pas été préalablement transmis au préfet en application de l'article R. 423-12 du code de l'urbanisme ; à supposer le dossier transmis, il n'est pas établi que le dossier comprenait l'ensemble des éléments prévus par l'article R. 332-24 du code de l'environnement ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le dossier de demande de permis de construire n'a pas été transmis à la commune de Limony, en violation de l'article R 423-7 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire attaqué a été délivré sur la base d'un dossier de demande incomplet au regard des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-16 du code de l'urbanisme, au regard de son article R. 431-8 combiné à l'article R. 523-9 du code du patrimoine, ainsi qu'au regard de l'article R. 332-24 du code de l'environnement ;
- cette autorisation d'urbanisme est illégale dès lors que l'accord pour la modification du territoire de la réserve naturelle nationale de l'Île de la Platière est lui-même illégal, étant entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 332-9 du code de l'environnement ;
- elle est illégale dès lors que l'arrêté accordant l'autorisation de dérogation aux mesures de protection des espèces animales non domestiques et végétales non cultivées est lui-même illégal, étant entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles L. 411-1, R. 411-6 et R. 411-14 du code de l'environnement ;
- elle est illégale dès lors que la décision du préfet portant prescriptions particulières au titre des articles L. 214-1 à L. 214-6 du code de l'environnement est elle-même illégale, étant incompatible avec les objectifs et les orientations du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux 2016-2021 du bassin Rhône-Méditerranée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux prescriptions particulières fixées pour garantir la protection des intérêts visés à l'article L. 211-1 du code de l'environnement ;
- elle est illégale dès lors qu'elle ne reprend aucune des prescriptions des arrêtés préfectoraux des 3 mai et 4 août 2021 ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 111-3 et L. 111-4 et R. 111-14 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions combinées des articles L. 111-6 et L. 111-10 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaît l'article R. 111-4 de ce code ;
- elle méconnaît les articles R. 1 et R. 2 du règlement annexé au plan de prévention des risques naturels d'inondation de Serrières ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 de ce code.
Par un mémoire, enregistré les 31 août 2022, la commune de Serrières, représentée par Me Vital-Durand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'EARL Les Coteaux de Serrières et M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive et que les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ni de l'occupation régulière des terrains voisins du projet dont ils se prévalent ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 16 septembre 2022, 27 octobre et 21 novembre 2023, la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo, représentée par Me Vital-Durand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; elle est tardive ; les requérants ne justifient pas d'intérêt pour agir, notamment parce qu'ils ne justifient pas de la régularité de l'occupation des terrains voisins du projet ; ils ne justifient pas du respect des obligations de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Flechet, rapporteure,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Soy, représentant l'EARL Les Coteaux de Serrières et M. A, requérants,
- et celles de Me Vital-Durand, représentant la commune de Serrières et la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 17 septembre 2021, le maire de Serrières a délivré à la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo un permis de construire pour la réalisation d'une station d'épuration des eaux usées des communes de Limony et Serrières, sur un terrain situé sur le territoire de la commune de Serrières. L'EARL Les Coteaux de Serrières et M. A demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté, ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 523-9 du code du patrimoine : " Dans les cas mentionnés aux 1° à 5° de l'article R. 523-4, le préfet de région est saisi : 1° Pour les permis de construire, () par le préfet de département ; celui-ci adresse au préfet de région, dès qu'il a reçu les éléments transmis par le maire en application des articles R. 423-7 à R. 423-9 du code de l'urbanisme, les pièces complémentaires prévues par les arrêtés mentionnés au dernier alinéa de l'article R. 423-2 du même code faisant notamment apparaître l'emplacement prévu des travaux sur le terrain d'assiette, leur superficie, leur impact sur le sous-sol ; / () ". Cet article R. 523-4 dispose que : " Entrent dans le champ de l'article R. 523-1 : 1° Lorsqu'ils sont réalisés dans les zones prévues à l'article R. 523-6 et portent, le cas échéant, sur des emprises au sol supérieures à un seuil défini par l'arrêté de zonage, les travaux dont la réalisation est subordonnée : a) A un permis de construire en application de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme ; / () ". En vertu de l'article R. 523-6 du code du patrimoine : " Les projets d'aménagement affectant le sous-sol qui sont réalisés dans les zones prévues par les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 522-5 sont présumés faire l'objet de prescriptions archéologiques préalablement à leur réalisation. Ces zones sont définies dans le cadre de l'établissement de la carte archéologique nationale, par arrêté du préfet de région pris après avis de la commission territoriale de la recherche archéologique, en fonction des informations scientifiques conduisant à envisager la présence d'éléments du patrimoine archéologique. / () ". Ainsi, en vertu du deuxième aliéna de l'article L. 522-5 du code du patrimoine, dans le cadre de l'établissement de la carte archéologique, l'Etat peut définir des zones où les projets d'aménagement affectant le sous-sol sont présumés faire l'objet de prescriptions archéologiques préalablement à leur réalisation.
3. En l'espèce, les requérants n'établissent ni même n'allèguent que le terrain d'assiette du projet se situerait dans l'une des zones définies en application de l'article L. 522-5 du code du patrimoine, prévues à l'article R. 523-6 de ce code. Dès lors, ils ne peuvent utilement faire valoir que l'acte attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il est intervenu sans que le préfet de région ait été préalablement saisi en application de l'article R. 523-9 du code du patrimoine, dans le champ d'application duquel le projet en litige n'entre pas.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 332-9 du code de l'environnement : " Les territoires classés en réserve naturelle ne peuvent être ni détruits ni modifiés dans leur état ou dans leur aspect, sauf autorisation spéciale du conseil régional pour les réserves naturelles régionales, ou du représentant de l'Etat ou du ministre chargé de la protection de la nature pour les réserves naturelles nationales. () ". L'article R. 332-24 de ce code dispose que : " I. - La demande d'autorisation est adressée au préfet accompagnée : 1° D'une note précisant l'objet, les motifs et l'étendue de l'opération ; 2° D'un plan de situation détaillé ; 3° D'un plan général des ouvrages à exécuter ou des zones affectées par les modifications ; 4° D'éléments suffisants permettant d'apprécier les conséquences de l'opération sur l'espace protégé et son environnement ; ces éléments sont précisés par arrêté du ministre chargé de la protection de la nature. / () ". Par ailleurs, en vertu de l'article R. 425-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé sur un territoire () classé en réserve naturelle, le permis de construire, () tient lieu de l'autorisation spéciale prévue par les articles L. 332-6 et L. 332-9 du code de l'environnement dès lors que la décision a fait l'objet de l'accord exprès, selon le cas : a) Du préfet () ". L'article R. 423-12 de ce code dispose que : " Dans les () réserves naturelles, le maire transmet un exemplaire du dossier au préfet. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 4 août 2021, le préfet a notamment donné son accord, dans le cadre du projet de station d'épuration en litige, pour les travaux impliquant une modification de l'état ou de l'aspect de la réserve naturelle nationale de l'Île de la Platière, en application de l'article L. 332-9 du code de l'environnement. Cet accord est intervenu sur la demande d'autorisation de modification de l'état ou de l'aspect de la réserve naturelle déposée le 20 septembre 2020 par la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo. L'arrêté contenant cet accord vise le dossier de demande d'autorisation de modification de l'état ou de l'aspect de la réserve naturelle en cause, déposé le 23 septembre 2020, en particulier les éléments permettant d'apprécier les conséquences de l'opération de création de la station d'épuration sur l'espace protégé et son environnement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les éléments ainsi en possession du préfet n'auraient pas permis à ce dernier d'appréhender de manière exhaustive les incidences du projet en litige sur la réserve naturelle de l'Île de la Platière. Or, si les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire n'a pas été transmis au préfet, en méconnaissance de l'article R. 423-12 du code de l'urbanisme, ils n'établissent ni même n'allèguent que cette omission, à la supposer avérée, aurait, en l'espèce, été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ou les aurait privés d'une garantie.
6. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement soutenir que, à supposer même le dossier de demande de permis de construire transmis au préfet, ce dossier ne comprenait pas les éléments prévus par l'article R. 332-24 du code de l'environnement, qui n'a pas pour objet de réglementer la composition du dossier de demande de permis de construire à transmettre au préfet, mais celle du dossier de demande d'autorisation formée sur le fondement de l'article L. 332-9 de ce code.
7. Enfin, si l'arrêté du 17 octobre 2021, postérieur au permis de construire attaqué, abroge et remplace l'arrêté précité du 4 août précédent, cet arrêté du 17 octobre 2021 n'a aucun caractère rétroactif. Par suite, le maire disposait, à la date de la décision attaquée, de l'accord du préfet pour la modification du territoire classé en réserve naturelle, la circonstance que cet accord ait été abrogé puis remplacé par un accord du 17 octobre 2021 étant sans incidence sur la légalité de l'acte critiqué. Le moyen tiré de l'absence d'accord préalable du préfet au titre de l'article L. 332-9 du code de l'environnement doit, par suite, être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est soumis à évaluation environnementale, le dossier de la demande ou de la déclaration préalable est transmis par l'autorité compétente aux collectivités territoriales et à leurs groupements intéressés en application du V de l'article L. 122-1 du code de l'environnement dans la semaine qui suit le dépôt. ". En vertu de l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. / () ". Le tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, qui liste les travaux soumis à évaluation environnementale, mentionne notamment, dans sa version alors applicable, à son point 1, les installations classées pour la protection de l'environnement et, à son point 39, les travaux, constructions et opérations d'aménagement. Ce point 39 précise que sont obligatoirement soumis à évaluation environnementale les projets créant une emprise au sol supérieure ou égale à 40 000 m² et que peuvent y être soumis, au cas par cas, les projets comportant une surface de plancher ou une emprise au sol supérieure ou égale à 10 000 m². Ce tableau mentionne également, à son point 24, les systèmes de collecte et de traitement des eaux résiduaires, soumettant à évaluation systématique les systèmes d'assainissement dont la station de traitement des eaux usées est d'une capacité supérieure ou égale à 150 000 équivalents-habitants, et prévoyant que peuvent être soumis, au cas par cas, à évaluation, les système d'assainissement dont la station de traitement des eaux usées est d'une capacité inférieure à 150 000 équivalents-habitants et supérieure ou égale à 10 000 équivalents-habitants.
9. Il est constant que la construction projetée ne constitue pas une installation classée pour la protection de l'environnement. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'emprise au sol des travaux projetés, qui est inférieure à 4 000 m², n'atteint pas le seuil de 10 000 m² prévu par les dispositions précitées. Enfin, la demande de permis de construire indique que la station d'épuration en cause présentera une capacité de 2 650 équivalents-habitants, inférieure au seuil précité de 10 000 équivalents-habitants. Par suite, et alors au surplus que les requérants n'allèguent pas que le projet en litige serait concerné par l'un des cas de figure listé par l'annexe à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce projet aurait dû être soumis à une évaluation environnementale. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure au motif que le dossier de demande de permis de construire n'a pas été communiqué, en application de l'article R. 423-7 précité du code de l'urbanisme, à la commune de Limony, également concernée par le projet de station d'épuration.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ". En vertu de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / () / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ".
11. Il ressort des pièces du dossier que les éléments joints à la demande d'autorisation d'urbanisme ont permis à l'autorité compétente, grâce aux photographies situant le terrain d'assiette dans son environnement proche et lointain dont les angles et points des prises de vue sont reportés sur le plan de masse, d'apprécier les caractéristiques de l'environnement paysager et architectural du projet. A cet égard, le code de l'urbanisme, qui définit une liste limitative des éléments à joindre aux demandes d'autorisation d'urbanisme, n'impose pas d'exposer de manière exhaustive chacune des constructions présentes dans l'environnement du projet. En outre, les plans de masse, de coupe et des façades ainsi que la notice architecturale et le document graphique d'insertion exposent les modalités d'implantation, la volumétrie et le traitement architectural de la station projetée. Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les cotes du plan de masse joint à la demande de permis de construire ont pour unité de mesure le nivellement général de la France (NGF), sur lequel est également basé le système altimétrique de référence du plan de prévention des risques naturels d'inondation de Serrières. Ce plan de masse précise les cotes du terrain naturel et matérialise la limite de la zone inondable traversant le terrain d'assiette. Par suite, les moyens tirés du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire au regard des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend (), selon les cas : () / c) Le dossier d'évaluation des incidences du projet sur un site Natura 2000 prévu à l'article R. 414-23 du code de l'environnement, dans le cas où le projet doit faire l'objet d'une telle évaluation en application de l'article L. 414-4 de ce code. () ". Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'ils sont susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000, individuellement ou en raison de leurs effets cumulés, doivent faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences au regard des objectifs de conservation du site, dénommée ci-après " Evaluation des incidences Natura 2000 " : () / 2° Les programmes ou projets d'activités, de travaux, d'aménagements, d'ouvrages ou d'installations ; () III - Sous réserve du IV bis, les () projets () soumis à un régime administratif d'autorisation, d'approbation ou de déclaration au titre d'une législation ou d'une réglementation distincte de Natura 2000 ne font l'objet d'une évaluation des incidences Natura 2000 que s'ils figurent : / 1° Soit sur une liste nationale établie par décret en Conseil d'Etat ; / 2° Soit sur une liste locale, complémentaire de la liste nationale, arrêtée par l'autorité administrative compétente. () ". Aux termes de l'article R. 414-19 du même code : " I. - La liste nationale des () projets ainsi que des manifestations et interventions qui doivent faire l'objet d'une évaluation des incidences sur un ou plusieurs sites Natura 2000 en application du 1° du III de l'article L. 414-4 est la suivante : () / 3° Les projets soumis à évaluation environnementale au titre du tableau annexé à l'article R. 122-2 ; () ".
13. Ainsi qu'il a été dit au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux aurait dû être soumis à une évaluation environnementale. Par voie de conséquence, en application des dispositions précitées de l'article R. 414-19 du code de l'urbanisme, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet devait être soumis à une évaluation des incidences sur le site Natura 2000 à proximité duquel il est situé. Le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire au regard de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit ainsi être écarté.
14. En sixième lieu, comme indiqué au point 3, le projet n'entre pas dans le champ d'application de l'article R. 523-9 du code du patrimoine. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet au regard de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, lequel n'impose en tout état de cause aucune pièce complémentaire pour la composition du dossier de demande d'autorisation d'urbanisme lorsque le projet entre dans le champ d'application de l'article R. 523-9 du code du patrimoine, doit être écarté. De même, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier de demande de permis de construire est incomplet en ce qu'il ne comprend pas les éléments prévus par l'article R. 332-24 du code de l'environnement, dès lors que, comme il a été dit précédemment au point 6, cet article n'a pas pour objet de régir la composition du dossier de demande d'autorisation d'urbanisme.
15. En septième lieu, les requérants soutiennent, par la voie de l'exception, que l'accord délivré par le préfet le 4 août 2021 de modification du territoire de la réserve naturelle nationale de l'Île de la Platière est illégal en ce qu'il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 332-9 du code de l'environnement. Toutefois, ils n'assortissent pas leurs moyens des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
16. En huitième lieu, si les requérant soulèvent, par la voie de l'exception, le moyen tiré de l'illégalité de la décision du 4 août 2021 accordant pour le projet en litige une autorisation de dérogation aux mesures de protection des espèces animales non domestiques et végétales non cultivées, ainsi que celui tiré de l'illégalité de la décision du 3 mai 2021 du préfet portant prescriptions particulières au titre des articles L. 214-1 à L 214-6 du code de l'environnement, le permis de construire attaqué n'a pas été pris sur le fondement de ces décisions et n'en constitue pas une mesure d'application. Par suite, les moyens tirés de l'exception d'illégalité de ces deux décisions ne peuvent qu'être écartés.
17. En neuvième lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le permis de construire attaqué est illégal au motif qu'il ne reprend pas les prescriptions émises dans les arrêtés préfectoraux précités des 3 mai et 4 août 2021 rendus en matière environnementale, opposables à l'installation projetée sans qu'il soit besoin que l'autorisation d'urbanisme en fasse état, en application du principe d'indépendance des législations.
18. En dixième lieu, en vertu de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". L'article L. 111-4 de ce code dispose que : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : () 2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées, () ". Selon son article R. 111-14 : " En dehors des parties urbanisées des communes, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation ou sa destination : () 2° A compromettre les activités agricoles ou forestières, notamment en raison de la valeur agronomique des sols, des structures agricoles, de l'existence de terrains faisant l'objet d'une délimitation au titre d'une appellation d'origine contrôlée ou d'une indication géographique protégée ou comportant des équipements spéciaux importants, ainsi que de périmètres d'aménagements fonciers et hydrauliques ; / () ".
19. Il est constant que la commune de Serrières n'était couverte, à la date de la décision attaquée, ni par une carte communale, ni par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu et que le terrain d'assiette du projet ne se situe pas dans une partie urbanisée de la commune. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette revêt une valeur agronomique particulière ou relève des terrains délimités au titre d'une appellation d'origine contrôlée. S'il était cultivé à la date de délivrance de l'autorisation, il ressort de la notice jointe au dossier de la demande de permis que l'emprise du projet représente moins de 44 % de la surface totale du terrain et que la partie du tènement non occupée par l'installation continuera à être cultivée sans recevoir aucune modification. Le projet en litige a ainsi été conçu afin de permettre le maintien de l'activité agricole existante sur le terrain d'assiette, la seule circonstance, invoquée par les requérants, que l'ancien exploitant a été indemnisé en contrepartie de la cession de la parcelle composant le terrain d'assiette à la communauté d'agglomération pétitionnaire ne permettant pas d'établir que le projet compromettrait l'exercice d'une activité agricole sur cette parcelle. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le projet en cause entraînerait une pollution des sols. De même, les requérants n'établissent par aucune pièce que les fumées émanant du traitement des boues ou les produits utilisés pour ce traitement présenteraient une toxicité constituant un facteur de pollution des terres cultivées dans l'environnement proche. Enfin, il n'apparaît pas que l'impact visuel ainsi que les nuisances olfactives et sonores que l'installation est susceptible de générer seraient de nature à compromettre l'activité viticole du secteur, laquelle se distingue de l'activité d'œnotourisme invoquée par les requérants. L'appréciation à laquelle s'est livré le maire n'apparaît donc pas entachée d'une erreur d'appréciation dans la mise en œuvre des dispositions citées au point précédent.
20. En onzième lieu, aux termes de l'article L. 111-6 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés des communes, les constructions ou installations sont interdites dans une bande de cent mètres de part et d'autre de l'axe des autoroutes, des routes express et des déviations au sens du code de la voirie routière et de soixante-quinze mètres de part et d'autre de l'axe des autres routes classées à grande circulation. ". En vertu de l'article L. 111-10 de ce code : " Il peut être dérogé aux dispositions de l'article L. 111-6 avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, lorsque les contraintes géographiques ne permettent pas d'implanter les installations ou les constructions au-delà de la marge de recul prévue à l'article L. 111-6, pour des motifs tenant à l'intérêt, pour la commune, de l'installation ou la construction projetée. ".
21. Le terrain d'assiette du projet attaqué, qui est proche du Rhône, est pour partie couvert par une zone inondable. Il présente dès lors une contrainte géographique au sens de l'article L. 111-10 du code de l'urbanisme. Or, en raison de la configuration de la parcelle d'assiette du projet, d'une largeur, depuis le bas-côté de la route départementale, de 71 mètres au sud et de 85 mètres au nord, l'application de l'article L. 111-6 ne permet pas d'implanter la totalité de l'installation en dehors de la zone rouge du plan de prévention des risques naturels d'inondation. Dans ces conditions, une contrainte géographique, constituée par la zone inondable, empêche d'implanter la station d'épuration en litige, qui présente un intérêt pour les communes de Serrières et Limony dont le système d'assainissement existant est insatisfaisant, au-delà de la marge de recul prévue à l'article L. 111-6 du code de l'urbanisme. Par suite, les conditions prévues pour autoriser une dérogation à cet article étant réunies, l'arrêté contesté n'en méconnait pas les dispositions.
22. En douzième lieu, aux termes de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation et ses caractéristiques, à compromettre la conservation ou la mise en valeur d'un site ou de vestiges archéologiques. ".
23. En se bornant à relever que le projet se situe dans le périmètre ou à proximité d'un espace naturel sensible composé d'une réserve naturelle nationale, de trois zones Natura 2000, de six zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique et d'une zone importante pour la conservation des oiseaux, que l'environnement immédiat présente un intérêt en raison de la présence de parcelles viticoles aux appellations d'origine réputées et que le terrain d'assiette comporte des vestiges archéologiques, les requérants n'exposent pas en quoi les travaux autorisés par le permis de construire la station d'épuration des eaux usées en litige seraient de nature à compromettre la conservation ou la mise en valeur du site ou de vestiges archéologiques. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme doit, par suite, être écarté.
24. En treizième lieu, selon l'article L. 562-1 du code de l'environnement : " I. - L'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations (). / II. - Ces plans ont pour objet, en tant que de besoin : / 1° De délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de la nature et de l'intensité du risque encouru, d'y interdire tout type de construction, d'ouvrage, d'aménagement ou d'exploitation agricole, forestière, artisanale, commerciale ou industrielle, notamment afin de ne pas aggraver le risque pour les vies humaines ou, dans le cas où des constructions, ouvrages, aménagements ou exploitations agricoles, forestières, artisanales, commerciales ou industrielles, pourraient y être autorisés, prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités ; () ". Selon l'article L. 562-14 du même code : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme. ". Il résulte de ces dispositions que les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés à un risque d'inondation et valant servitudes d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations d'urbanisme.
25. L'article 1 du règlement annexé au plan de prévention des risques naturels d'inondation applicable sur le territoire de Serrières dispose que : " R 1.1. Sont interdites toutes les occupations et utilisations du sol nouvelles autres que celles expressément mentionnées à l'article R. 2, avec ou sans construction. ". En vertu de l'article 2 de ce règlement : " Malgré les dispositions de l'article R. 1 (interdictions), sont seules admises les occupations et utilisations du sol suivantes : () Les équipements publics* utiles au fonctionnement des services publics* et ne recevant pas de public, dans les conditions suivantes. () ' Les remblais strictement nécessaires à la construction et à son accès () ". L'index de ce règlement précise que : " Équipements publics. Ils peuvent être avec (transformateur EDF, poste de relèvement par exemple) ou sans construction (réseaux). Cette notion comprend toutes les " réalisations " utiles au fonctionnement des services publics. Néanmoins elle ne concerne pas les stations d'épurations des eaux usées. ".
26. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la délimitation de la zone rouge identifiée au plan de prévention des risques naturels d'inondation de Serrières reportée sur le plan de masse serait erronée. Ainsi, contrairement à ce que font valoir les requérants, il ressort du plan de masse que seule une portion de la voie de desserte de la station d'épuration est située en zone rouge, le reste de l'installation étant hors de cette zone. Par suite, dès lors que, d'une part, les constructions composant la station d'épuration seront implantées hors de la zone rouge et que, d'autre part, la voie de desserte envisagée sur le terrain d'assiette est au nombre des éléments autorisés par l'article R. 2 en zone rouge, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 1 et de l'article R. 2 du règlement annexé au plan de prévention des risques naturels d'inondation de Serrières ne peut être accueilli.
27. En quatorzième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Il résulte des dispositions précitées que l'appréciation des risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions implique de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
28. Ainsi qu'il a été dit au point 26, seule une portion de la voie de desserte projetée sur le terrain d'assiette est située en zone rouge, le reste de l'installation étant situé en dehors de cette zone. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice descriptive, que l'installation est conçue pour fonctionner en autonomie, de sorte que le site n'accueillera qu'une très faible circulation en raison de l'absence de personnel fixe. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas d'une probabilité suffisamment forte de réalisation d'un risque présentant une gravité suffisamment importante pour que l'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique puisse être regardée comme caractérisée en cas d'inondation de la voie de desserte prévue. Le maire n'a dès lors pas entaché l'arrêté litigieux d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
29. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. "
30. S'il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette se situe à proximité d'un vaste espace naturel protégé ainsi que de plusieurs parcelles exploitées en viticulture, l'environnement, qui compte également une zone d'activité accueillant plusieurs bâtiments industriels ainsi que d'importantes surfaces extérieures imperméabilisées, ne présente pas un intérêt paysager particulier. En outre, le projet, qui tend à l'implantation d'un bâtiment et de deux grandes cuves, prévoit en particulier l'aménagement d'une frange végétale bordant les constructions envisagées, afin de limiter leur visibilité depuis les espaces publics et les constructions avoisinantes. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que le projet porterait atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants, les circonstances, à les supposer établies, qu'il serait facteur de pollutions et nuisances olfactives étant sans incidence sur l'appréciation à porter pour l'application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Par suite, le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de cet article en délivrant le permis de construire attaqué.
31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par l'EARL Les Coteaux de Serrières et M. A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
32. Les conclusions présentées par les requérants, partie perdante, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que demandent la commune de Serrières et la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'EARL Les Coteaux de Serrières et M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Serrières et la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, représentant unique des requérants, à la commune de Serrières et à la communauté d'agglomération Annonay Rhône Agglo.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026