mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 6ème chambre |
| Avocat requérant | WECKERLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2022, M. C E, représenté par Me Weckerlin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a successivement retiré du capital de son permis de conduire deux points pour une infraction au code de la route commise le 6 août 2018, deux points pour une infraction au code de la route commise le 1er août 2019, un point pour une infraction au code de la route commise le 10 novembre 2020, un point pour une infraction au code de la route commise le 3 février 2021 à 13h24, un point pour une infraction au code de la route commise le 3 février 2021 à 13h38, deux points pour une infraction au code de la route commise le 5 mars 2021, ensemble la décision référencée " 48 SI " du 15 janvier 2022 par laquelle le ministre a retiré quatre points de son permis de conduire à la suite d'une infraction au code de la route commise le 9 juillet 2021, l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, à la restitution de son titre de conduite doté d'un capital de points rétabli à hauteur de douze points, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le ministre ne rapporte pas la preuve établissant la notification des décisions successives de retraits de points ;
- il n'a pas été destinataire des informations préalables au retrait de points prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions commises n'est pas établie.
Par un mémoire enregistré le 11 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut, d'une part, au non-lieu à statuer partiel, d'autre part, au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre la décision référencée " 48 SI " en tant qu'elle invalide le permis pour solde de points nul et les décisions de retrait de points consécutives aux infractions du 3 février 2021 à 13h24 et 13h38 sont devenues sans objet, ladite décision référencée " 48 SI " ayant été retirée à la suite de la restitution des points retirés consécutivement aux infractions précitées ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Segado, président de la sixième chambre, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. D, magistrat-désigné.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E a commis une série d'infractions au code de la route les 6 août 2018, 1er août 2019, 10 novembre 2020, 3 février 2021 à 13h24 et 13h38 et 5 mars 2021. Par une décision référencée " 48 SI " du 15 janvier 2022, le ministre de l'intérieur lui a retiré quatre points du capital de son permis de conduire pour une infraction au code de la route commise le 9 juillet 2021, l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence. M. E demande au tribunal l'annulation de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire, ainsi que des décisions de retrait de points.
Sur l'étendue du litige :
2. D'une part, il résulte de l'instruction, comme le fait valoir le ministre, que la décision ministérielle référencée " 48 SI " du 15 janvier 2022, portant invalidation du permis de conduire de M. B A, n'apparaît plus sur le relevé d'information intégral de l'intéressé édité le 4 mai 2022 et que celui-ci indique un solde de points positif. D'autre part, il ressort des mentions de ce même relevé que les décisions portant retrait de deux fois un point à raison des infractions commises le 3 février 2021 à 13h24 et 13h38 n'entraînent plus de retrait de points. Ainsi, l'administration doit être regardée comme ayant, postérieurement à l'introduction de la requête, procédé au retrait de ces décisions. Dès lors les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " et des décisions portant retrait d'un total de deux points à raison des infractions commises le 3 février 2021 à 13h24 et 13h38 sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de se prononcer sur la légalité des décisions portant retraits de points intervenues à la suite des infractions commises les 6 août 2018, 1er août 2019, 10 novembre 2020, 5 mars 2021 et 9 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de notification des décisions de retrait de points :
4. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par simple lettre, a bien été reçue par son destinataire, n'entache pas d'illégalité, par elle-même, les décisions de retraits de points. Elle a pour seule conséquence de rendre M. E recevable à contester la légalité de ces retraits de points. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
5. En application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant un retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de point et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
6. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie, et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. E soutient que les informations préalables, mentionnées par les dispositions précitées du code de la route, ne lui ont pas été délivrées lors de la commission des infractions des 6 août 2018, 1er août 2019, 10 novembre 2020, 5 mars 2021 et 9 juillet 2021.
S'agissant de l'infraction commise le 6 août 2018 :
7. Aux termes du II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale : " Sans préjudice de l'article R. 249-9, le procès-verbal peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique. ". En vertu des articles A. 37-1 et suivants du même code, lorsque le procès-verbal de constatation de l'infraction est dressé avec un appareil électronique sécurisé permettant de dresser un procès-verbal dématérialisé, il est adressé, par voie postale au domicile du contrevenant, un avis de contravention et une notice de paiement. L'avis de contravention adressé par voie postale au contrevenant comporte les informations requises par les dispositions L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
8. Il résulte de l'instruction, notamment des mentions du relevé d'information intégral, que M. E s'est acquitté le 28 août 2018 de l'amende forfaitaire constatée par un procès-verbal dématérialisé dressé le 6 août 2018 au moyen d'un appareil électronique sécurisé. En application des dispositions susmentionnées du code de procédure pénale, M. E doit être regardé comme ayant nécessairement reçu à son domicile l'avis de contravention afférent à ces infractions. Eu égard aux mentions dont cet avis de contravention doit être revêtu, il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende forfaitaire, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dès lors qu'il ne démontre pas avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet. Par suite, le moyen tiré du défaut de délivrance des informations préalables doit être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 1er août 2019 :
9. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même que ces mentions ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
10. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 1er août 2019 a été constatée par l'établissement d'un procès-verbal électronique. Ce document, produit par le ministre, n'est pas signé par le requérant et ne comporte pas les informations exigées par la loi. Toutefois, il résulte du bordereau de situation du compte " amendes et condamnation pécuniaires " en date du 29 avril 2022, établi par la trésorerie de Lyon, que le requérant a payé l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction. Alors que le requérant ne produit pas d'éléments de nature à mettre en doute l'exactitude des informations contenues dans ce document émanant de la trésorerie de Lyon ni à établir que le paiement de l'amende forfaitaire majorée serait intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public à son encontre ou qu'il aurait reçu un titre exécutoire incomplet ou inexact, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers M. E de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points consécutif à cette infraction serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant des infractions commises les 10 novembre 2020 et 5 mars 2021 :
11. En application du second alinéa de l'article 592-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des attestations de paiement établies par la trésorerie du Centre National de Traitement (CNT) - Contrôle et Sanction Automatisés (CSA), que le requérant a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions des 10 novembre 2020 et 5 mars 2021. Alors que le requérant ne produit pas d'éléments de nature à mettre en doute l'exactitude des informations contenues dans ce document émanant de la trésorerie de Lyon ni à établir que le paiement de l'amende forfaitaire majorée serait intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public à son encontre ou qu'il aurait reçu un titre exécutoire incomplet ou inexact, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que les retraits de points intervenus à la suite de ces infractions seraient intervenus au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 9 juillet 2021 :
13. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 9 juillet 2021 consistant en un non-respect de l'arrêté à un feu rouge ou clignotant ayant entraîné le retrait de quatre points, constatée par radar automatique, a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée en date du 11 octobre 2021. Si le ministre produit un modèle de titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations requises par le code de la route, il n'établit pas, à défaut de le produire à l'instance, que le formulaire d'amende forfaitaire majorée dont M. E a été destinataire était conforme à ce modèle. Le ministre soutient alors que les informations préalables requises ont été communiquées à l'intéressé à l'occasion des infractions récentes des 17 décembre 2018, 10 novembre 2020 et 5 mars 2021. Toutefois, ces infractions ne sont pas de même nature que celle en cause du 9 juillet 2021. Ainsi, et quand bien même l'intéressé aurait reçu à l'occasion des infractions des 17 décembre 2018, 10 novembre 2020 et 5 mars 2021, une partie des informations requises portant sur l'existence d'un traitement automatisé de points et sur la possibilité d'y accéder, il ne résulte pas de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral précité que l'infraction du 9 juillet 2021 ait été précédée d'une infraction récente de même nature et que l'intéressé ait reçu, à l'occasion d'une infraction antérieure suffisamment récente, les informations relatives à la qualification de l'infraction et au nombre de points dont le retrait est encouru, de sorte que le ministre n'est pas fondé à soutenir que le requérant aurait, de fait, bénéficié à l'occasion d'une infraction précédente récente de l'ensemble des informations légalement exigées. Par suite, la décision de retrait de points correspondant à cette infraction est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut d'accomplissement de l'obligation d'information préalable de sorte que le requérant est fondé à soutenir que ce retrait de quatre points est intervenu au terme d'une procédure irrégulière, et à en demander l'annulation.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
14. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points dont est affecté le permis de conduire est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. Il résulte du même article que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive.
15. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral versé au dossier, d'une part, que M. E a réglé l'amende forfaitaire correspondant à l'infraction du 6 août 2018, d'autre part, que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis à raison des infractions commises les 1er août 2019, 10 novembre 2020 et 5 mars 2021. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute l'exactitude de ces mentions, la réalité de ces infractions est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une décision dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
17. Eu égard aux motifs du présent jugement, il doit être enjoint au ministre de l'intérieur, sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance et dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis, de restituer à M. E les quatre points illégalement retirés de son permis de conduire à l'occasion de l'infraction du 9 juillet 2021 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens au sens des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision référencée " 48 SI " du 15 janvier 2022 et les décisions de retraits de points consécutives aux infractions du 3 février 2021 à 13h24 et 13h38.
Article 2 : La décision portant retrait de quatre points à la suite de l'infraction au code de la route commise le 9 juillet 2021 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. E les points illégalement retirés à la suite de l'infraction du 9 juillet 2021, sans toutefois que cette restitution ne puisse porter le capital de point du permis de conduire de l'intéressé à un nombre supérieur à douze et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022,
Le magistrat désigné,
J. D
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026