LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2202162

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2202162

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2202162
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantNAILI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 mars et 22 juin 2022, M. E F, représenté par Me Naili, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin à son stage dans le corps des attachés d'administration de l'État à compter de sa notification ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à compter de la notification du jugement à intervenir :

- à titre principal, de prononcer sa titularisation dans le corps des attachés d'administration de l'État ;

- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence de son auteur ;

- il est entaché d'un vice de procédure l'ayant privé d'une garantie, dès lors qu'il n'a pas été mis à même de faire valoir ses observations préalablement à son édiction alors que son refus de titularisation en fin de stage est fondé sur des faits susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ;

- il est entaché d'inexactitudes matérielles des faits ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de son insuffisance professionnelle ;

- il est entaché d'un détournement de pouvoir.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 12 mai et 21 juillet 2022, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. Moussa ne sont pas fondés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 septembre 2022 et 29 mars 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par M. Moussa, tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté est infondé, et qu'il s'approprie les écritures et conclusions présentées par le recteur de l'académie de Lyon.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2009-1388 du 11 novembre 2009 ;

- le décret n° 2010-302 du 19 mars 2010 ;

- le décret n° 2010-1346 du 9 novembre 2010 ;

- le décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 ;

- le décret n° 2014-133 du 17 février 2014 ;

- le décret n° 2019-86 du 8 février 2019 ;

- l'arrêté du 5 octobre 2005 portant délégation de pouvoirs des ministres chargés de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports aux recteurs d'académie en matière de recrutement et de gestion de certains personnels stagiaires et titulaires relevant des ministres chargés de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;

- l'arrêté du 17 février 2014 fixant l'organisation de l'administration centrale des ministères de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et de l'enseignement supérieur et de la recherche ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le recteur de l'académie de Lyon et le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse n'étaient ni présents, ni représentés.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gueguen ;

- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public ;

- et les observations de Me Naili, représentant M. Moussa.

Considérant ce qui suit :

1. Suite à son admission au concours interne d'accès à l'institut régional d'administration (IRA) de Lyon, par un arrêté du préfet de Mayotte en date du 24 juin 2020, M. Moussa, secrétaire administratif de l'intérieur et de l'outre-mer de classe normale affecté à la préfecture de Mayotte, a été placé en position de détachement auprès de l'IRA de Lyon à compter du 1er septembre 2020, en qualité d'élève attaché. À l'issue de sa première période probatoire de formation du 1er septembre 2020 au 28 février 2021 inclus et des deux premiers mois de sa seconde période probatoire consacrés à un accompagnement dans sa prise de poste du 1er mars au 30 avril 2021 inclus, par un arrêté du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 20 avril 2021, l'intéressé a été nommé attaché d'administration de l'État stagiaire à compter du 1er mai suivant et affecté, pour l'accomplissement de son stage d'une durée de quatre mois, au sein du département de l'analyse et du contrôle (DAC) de la direction régionale académique de l'enseignement supérieur (DRAES) du rectorat de l'académie de Lyon, en qualité d'assistant de vérification chargé du contrôle budgétaire administratif et financiers des établissements d'enseignement supérieur. Toutefois, le 24 août 2021, le recteur de l'académie de Lyon a proposé le renouvellement du stage de M. Moussa et par un arrêté du 16 septembre suivant, faisant suite à un avis du 7 septembre 2021 de la commission administrative paritaire (CAP) nationale compétente à l'égard des membres du corps interministériel des attachés d'administration de l'État, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a autorisé l'intéressé à accomplir un stage complémentaire d'une durée de quatre mois à compter du 1er septembre 2021 et l'a affecté, pour cette durée, à la direction des personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé (DPATSS) du rectorat de l'académie de Lyon, en qualité de chef du bureau des ingénieurs et des personnels techniques de recherche et de formation (ITRF) et des adjoints techniques des établissements d'enseignement (ATSS). Le 3 janvier 2022, le recteur de l'académie de Lyon a émis un avis défavorable à la titularisation de M. Moussa et par un arrêté du 19 janvier suivant, faisant suite à un avis de la CAP nationale précitée du 13 janvier 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin au stage de l'intéressé dans le corps des attachés d'administration de l'État à compter de sa notification. Enfin, par un arrêté du 1er février 2022, le préfet de Mayotte a prononcé la réintégration de M. Moussa, à sa demande, dans son corps d'origine et l'a affecté, à compter du 27 janvier 2022, au sein de la préfecture de Mayotte. Par la présente requête, le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2022.

2. En premier lieu, il ressort des pièces produites en défense que par un décret du 29 octobre 2019, publié au journal officiel de la République française, le 7 novembre suivant et accessible tant au juge qu'aux parties, M. C D, directeur général des ressources humaines du ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse (MENJ) et du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (MESRI), a donné délégation de signature à M. B A, administrateur de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chef du bureau des personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé (ATSS), à l'effet de signer, au nom du ministre chargé de l'éducation nationale, tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions du bureau des personnels ATSS, au nombre desquels figurent les arrêtés portant refus de titularisation en fin de stage qui sont exclus des pouvoirs délégués aux recteurs d'académie en matière de recrutement et de gestion des membres du corps interministériel des attachés d'administration de l'État. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 8 du décret du 17 octobre 2011 portant statut particulier du corps interministériel des attachés d'administration de l'État : " Les attachés d'administration de l'Etat sont recrutés : / 1° A titre principal, par la voie des instituts régionaux d'administration ; () ". Et selon les termes de l'article 14 du même décret : " I. - Les membres du corps interministériel des attachés d'administration de l'Etat recrutés en application du 1° de l'article 8 sont nommés attachés d'administration de l'Etat stagiaires à l'issue du deuxième mois de la seconde période probatoire prévue à l'article 32 du décret n° 2019-86 du 8 février 2019 relatif aux instituts régionaux d'administration. () / Ils accomplissent un stage d'une durée de quatre mois. Ils peuvent, pendant la durée du stage, être amenés à suivre des actions de formation professionnelle, dans les conditions fixées par l'article 49 du décret n° 2019-86 du 8 février 2019 précité. / II. - Les attachés stagiaires qui ont déjà la qualité de fonctionnaire sont placés, dans leur corps ou cadre d'emplois d'origine, en position de détachement pendant la durée du stage. / III. - A l'issue du stage, les stagiaires dont les services ont donné satisfaction sont titularisés par décision du ministre ou de l'autorité ayant procédé à leur recrutement. / Les stagiaires qui n'ont pas été titularisés à l'issue du stage peuvent être autorisés à accomplir un stage complémentaire d'une durée maximale de quatre mois. / Les stagiaires () dont le stage complémentaire n'a pas donné satisfaction sont () réintégrés dans leur corps () d'origine. () ".

4. Sous réserve d'un licenciement intervenant en cours de stage et motivé par ses insuffisances ou manquements professionnels, tout fonctionnaire stagiaire a le droit d'accomplir son stage dans des conditions lui permettant d'acquérir une expérience professionnelle et de faire la preuve de ses capacités pour les fonctions auxquelles il est destiné.

5. En outre, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations. Il résulte de ce qui précède que, pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.

6. En l'espèce, pour mettre fin au stage de M. Moussa dans le corps des attachés d'administration de l'État à compter de la notification de l'arrêté contesté du 19 janvier 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports s'est notamment fondé, ainsi que cela ressort tant des visas de cet arrêté que des écritures de l'administration en défense, sur l'avis défavorable à sa titularisation émis le 3 janvier 2022 par le recteur de l'académie de Lyon à l'issue du rapport de la supérieure hiérarchique de l'intéressé, auquel était joint un rapport complémentaire de l'autorité rectorale daté du 23 décembre 2021. Il ressort des termes de ces rapports qu'afin d'effectuer un renouvellement de son stage dans les meilleurs conditions suite à la " perte de confiance de sa hiérarchie " et aux " importantes difficultés " qu'il avait rencontrées tant dans l'adoption d'une posture professionnelle conforme à celle qui était attendue d'un attaché d'administration de l'État que dans la compréhension des enjeux et de certaines notions ainsi que dans l'organisation de son travail lors de sa première période de stage en qualité d'assistant de vérification chargé du contrôle budgétaire administratif et financiers des établissements d'enseignement supérieur au sein du DAC de la DRAES du rectorat de l'académie de Lyon comprenant quatorze agents dont onze attachés d'administration de l'État, M. Moussa a été affecté, à compter du 1er septembre 2021, en qualité de chef du bureau des ITRF et ATSS de la DPATSS du rectorat de l'académie de Lyon, issu de la " division d'un bureau plus important ", et comprenant, outre " une charge de travail modérée ", deux agents expérimentés. Il ressort également des termes de ces rapports qu'en dépit de l'accompagnement et de la formation dont il a à nouveau bénéficié et des conditions de ce stage complémentaire devant lui permettre de se " mettre en réussite ", l'intéressé n'a pas fait preuve des compétences attendues d'un attaché d'administration de l'État à l'issue de ses huit mois de stage probatoire, tant en terme de " réalisation " que de " posture " professionnelles. Lesdits rapports relèvent à cet égard que M. Moussa n'a pas " atteint le niveau attendu d'un cadre () de la fonction publique " de catégorie A en l' " absence de compréhension des enjeux et des procédures ", " d'anticipation ", d' " organisation ", et " d'investissement dans ses missions ", alors que sa " posture professionnelle () fait défaut, tant en terme de comportement " que " d'honnêteté intellectuelle " et " de loyauté ", générant ainsi, " de fait ", un " déficit de confiance ", l'intéressé s'étant " aliéné son équipe et sa directrice par sa posture inadaptée " au cours de ses quatre derniers mois de stage.

7. Premièrement, et contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus de le titulariser en fin de stage soit fondé sur des faits susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires imposant qu'il soit mis à même de faire valoir ses observations préalablement à son édiction. Si le rapport de la supérieure hiérarchique de l'intéressé, qui lui a été notifié le 21 décembre 2021, faisait état de ce qu'il a " eu à trois reprises des gestes physiques inappropriés de colère insuffisamment maîtrisée ressentis comme menaçant ", et si le rapport complémentaire rédigé par le recteur de l'académie de Lyon le 23 décembre suivant précisait à cet égard que le requérant " adopte des gestes () abrupts à l'égard de sa directrice ", relevant " un geste de la main en tapant du poing pour mentionner le fait qu'il avait besoin d'avoir des retours très rapides à ses questions " dans le courant du mois de novembre 2021, des " allers-retours dans le bureau de sa directrice alors qu'elle s'adressait à lui, poings fermés, montrant un agacement certain " le 26 novembre 2021, ainsi qu'un " geste de la main portée près du visage de sa directrice pour lui couper la parole " le 29 novembre suivant, ces éléments ont seulement été relevés pour étayer la posture professionnelle inadaptée de M. Moussa et notamment, une absence de maîtrise physique de lui-même, et non pour caractériser un comportement violent constitutif d'une faute disciplinaire. De même, si les deux rapports précités font état d'un " manque de loyauté " du requérant, et si le rapport complémentaire du 23 décembre 2021 relève à cet égard que M. Moussa a sollicité " un rendez-vous " avec la directrice des ressources humaines, " sans passer par la voie hiérarchique ", alors que sa situation faisait l'objet d'un suivi par sa supérieure hiérarchique directe, qu'il a " prétext(é) des urgences à traiter avec (cette supérieure hiérarchique) pour justifier son retard en formation " ou encore qu'il s'est " attribu(é) le travail de ses collaboratrices ", ces éléments ont également été relevés pour étayer la posture professionnelle inadaptée de l'intéressé, qui génère notamment un déficit de confiance et nuit à ses rapports avec sa hiérarchie et ses subordonnés, et non pour caractériser un manquement à l'obligation statutaire de loyauté constitutif d'une faute disciplinaire. Toutefois, en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que suite à la notification du rapport de sa supérieure hiérarchique, M. Moussa a présenté ses observations écrites le 22 décembre 2021, tant sur ces " gestes physiques inappropriés et menaçants " que sur son " manque de loyauté ", de sorte qu'il n'a été privé d'aucune garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

8. Deuxièmement, s'il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce que mentionne le rapport de la supérieure hiérarchique de M. Moussa, que l'intéressé ait été à l'origine du non-respect d'une échéance réglementaire suite au report de la commission administrative paritaire académique (CAPA) saisie d'un recours contre un compte-rendu d'entretien professionnel, ni que son absence d'anticipation de certaines échéances dans la préparation de la gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences (GPEEC) des ITRF ait contraint sa supérieure hiérarchique à reprendre en main l'un de ses dossiers, les pièces produites par le requérant ne sont pas de nature à remettre en cause la matérialité des autres éléments de fait relevés dans les rapports précités pour étayer son insuffisance au regard du niveau attendu d'un cadre de la fonction publique de catégorie A, tels que l'absence de restitution d'entretiens conformes aux attentes de sa hiérarchie, la gestion déficiente du renouvellement d'un congé de maladie d'office et son manque d'investissement pour rattraper les difficultés qu'il avait alors lui-même créées, l'appropriation de documents réalisés par les agents de son bureau dans le cadre de la préparation d'un groupe de travail sur la nouvelle bonification indiciaire (NBI) des personnels de laboratoire sans y ajouter un projet de solution qu'il aurait personnellement construit ou encore la commission d'erreurs dans la restitution des besoins de certains services et la préparation d'un rétro-planning en lien avec la GPEEC des ITRF. De surcroît, M. Moussa ne conteste sérieusement, ni la matérialité des faits exposés au point précédent s'agissant de son comportement inadapté dans le cadre des relations de travail, l'intéressé qualifiant même dans ses écritures de " classique et banal " le geste consistant, lors d'une discussion, " à lever la main pour faire signe à son interlocuteur d'arrêter de parler " alors qu'il avait indiqué dans ses observations écrites du 22 décembre 2021 avoir " souvent tendance " à " faire signe de la main " à sa supérieure hiérarchique compte tenu de ce qu'elle " monopolis(ait) trop la parole ", ni la matérialité des autres faits relatifs à l'insuffisance de sa posture professionnelle, tels que l'absence de suivi de la voie hiérarchique ou ses difficultés managériales. Par ailleurs, si le requérant soutient avoir été affecté sur un " poste réduit " au cours de son stage complémentaire du 1er septembre au 31 décembre 2021 inclus, il ressort toutefois des pièces du dossier que les conditions de ce stage lui permettaient d'acquérir une expérience professionnelle et de faire la preuve de ses capacités pour les fonctions auxquelles il était destiné, l'intéressé ayant en effet bénéficié d'un poste de chef de bureau comportant une charge de travail modérée et une équipe réduite dotée d'une excellente technicité, afin de lui permettre d'acquérir les compétences techniques et la posture qui lui avaient fait défaut lors de son premier stage probatoire. La circonstance que les deux agents de ce bureau soient expérimentés ne faisait au demeurant pas obstacle à ce qu'il puisse faire la preuve de ses capacités managériales, alors au surplus qu'il a bénéficié de plusieurs sessions d'accompagnement par l'IRA de Lyon en la matière. En outre, si M. Moussa se prévaut du caractère favorable du bilan intermédiaire rédigé le 23 octobre 2021 par son ancien supérieur hiérarchique, ce bilan ne faisait état que de certaines améliorations, sans évoquer une réelle maîtrise des compétences attendues d'un attaché d'administration de l'État. Enfin, si le requérant soutient que sa nouvelle supérieure hiérarchique ne l'a évalué qu'à compter du début du mois de novembre 2021, il ressort en tout état de cause des pièces du dossier que l'appréciation des aptitudes et de la manière de servir de l'intéressé à laquelle l'administration s'est livrée repose sur l'intégralité de ses huit mois de stage au terme desquels les insuffisances professionnelles initialement constatées avaient perduré en dépit de l'accompagnement et de la bienveillance dont l'intéressé avait pu bénéficier. Par suite, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, qui n'a pas entaché l'arrêté contesté d'inexactitudes matérielles des faits s'agissant de l'appréciation globale de la manière de servir de M. Moussa, n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de son insuffisance professionnelle.

9. Troisièmement, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le refus de titularisation en fin de stage de M. Moussa aurait été dicté par d'autres motifs que ses insuffisances professionnelles et sa manière de servir. Par suite, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. Moussa doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. Moussa est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Lyon.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.

Le rapporteur,

C. Gueguen

La présidente,

A. Baux

La greffière,

S. Rolland

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions