mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202191 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BISMUTH ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 mars 2022 et 21 novembre 2023, M. A B et M. C Geourjon, représentés par la SELARL Bismuth Avocats, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération n° 2022-0927 du 24 janvier 2022 du conseil métropolitain de la Métropole de Lyon adoptant le budget primitif de la collectivité pour l'exercice 2022 ;
2°) de mettre la somme de 4 500 euros à la charge de la Métropole de Lyon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération en litige a été adoptée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 3661-2 du code général des collectivités territoriales qui prévoit un processus d'information des élus ;
- la délibération n°2021-0839 du 13 décembre 2021 de la métropole de Lyon portant en objet " rapport transitions et résilience " ne constitue pas un rapport sur le développement durable ; son contenu est insuffisant au regard des dispositions de l'article D. 3661-1 du code général des collectivités territoriales ; le formalisme souhaité et retranscrit dans le décret n°2011-687 du 17 juin 2011 pour l'élaboration de ce rapport n'a pas été respecté ;
- les élus n'ont pas disposé des informations nécessaires et suffisantes pour prendre utilement part au débat budgétaire ;
- cette irrégularité est substantielle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la Métropole de Lyon, représentée par la SELAS Adaltys Affaires Publiques, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B et de M. Geourjon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- les observations de Me Costa pour les requérants et Me Achard pour la Métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 24 janvier 2022, le conseil métropolitain de la Métropole de Lyon a adopté le budget primitif de la collectivité. M. B et M. Geourjon, conseillers métropolitains, demandent l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 3661-2 du code général des collectivités territoriales : " Préalablement aux débats sur le projet de budget, le président du conseil de la métropole de Lyon présente un rapport sur la situation en matière de développement durable intéressant le fonctionnement de la métropole de Lyon, les politiques qu'elle mène sur son territoire et les orientations et programmes de nature à améliorer cette situation et à contribuer à l'atteinte des objectifs de développement durable inscrits au programme de développement durable à l'horizon 2030, adopté le 25 septembre 2015 par l'Assemblée générale des Nations unies. Le contenu de ce rapport et, si nécessaire, les modalités de son élaboration sont fixés par décret.". Aux termes des dispositions de l'article D.3661-7 du même code : " Le rapport prévu à l'article L. 3661-2 décrit, sous forme de synthèse, la situation en matière de développement durable de la collectivité à partir des évaluations, documents et bilans produits par la métropole de Lyon. / Ce rapport comporte, au regard des cinq finalités du développement durable mentionnées au III de l'article L. 110-1 du code de l'environnement : / - le bilan des actions conduites au titre de la gestion du patrimoine, du fonctionnement et des activités internes de la collectivité ; / - le bilan des politiques publiques, des orientations et des programmes mis en œuvre sur son territoire. / Ces bilans comportent en outre une analyse des modalités d'élaboration, de mise en œuvre et d'évaluation des actions, des politiques publiques et des programmes. / Cette analyse peut être effectuée à partir du cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable et agendas 21 locaux mentionnés au deuxième alinéa de l'article 254 de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement. ".
3. Les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.
4. Il ressort des pièces du dossier que la Métropole de Lyon a présenté aux élus du conseil métropolitain, un document, intitulé " Rapport Transitions et résilience - édition 2021 " qui, eu égard à son contenu limité à des considérations très générales et peu explicites, ne peut pas être regardé comme répondant aux exigences des dispositions précitées relatives au rapport sur la situation en matière de développement durable. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et il n'est au demeurant pas sérieusement allégué par les requérants, que ce défaut de présentation aurait eu une influence sur le sens de la délibération litigieuse, portant approbation du budget primitif de la collectivité, ni qu'il aurait, dans le cas particulier, privé les intéressés d'une garantie. La Métropole de Lyon justifie avoir mis à disposition des élus, notamment à l'occasion du débat sur les orientations budgétaires, et donc préalablement au débat sur le projet de budget, les informations relatives à la situation en matière de développement durable intéressant le fonctionnement de la collectivité, aux politiques qu'elle mène sur son territoire et aux orientations et programmes de nature à améliorer cette situation qu'elle entend mettre en œuvre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 3661-2 du code général des collectivités territoriales et du défaut d'information des conseillers métropolitains doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Métropole de Lyon, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B et M. Geourjon la somme demandée par la Métropole de Lyon au même titre.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B et M. Geourjon est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Métropole de Lyon présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à M. Geourjon et à la Métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026