vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202207 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GILLIOEN |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 3 mai 2021, sous le n° 2103192, M. C B, représenté par Me Gillioen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône :
- dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ",
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation,
- et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, une décision implicite de rejet étant née ;
- la décision implicite en cause est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'un examen particulier de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation, à cet égard ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour prévue par les dispositions du 3ème alinéa de l'article L. 313-14 et de l'article R. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une présence continue et ininterrompue de dix ans sur le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 311-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par une ordonnance en date du 25 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mai 2022.
II. Par une requête enregistrée le 22 mars 2022, sous le n° 2202207, M. C B, représenté par Me Gillioen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône :
- dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ",
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation,
- et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'un examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour prévue par les dispositions des articles L. 432-13 et L. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une présence continue et ininterrompue de dix ans sur le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée à cet égard d'une erreur de fait et d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :
- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de ces deux requêtes.
Il fait valoir que :
- l'arrêté du 22 février 2022 s'étant substitué à la décision implicite de rejet, les conclusions dirigées contre celle-ci sont devenues sans objet ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance en date du 10 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Muscillo, substituant Me Gillioen, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 3 décembre 1974, de nationalité camerounaise, déclare être entré en France le 1er novembre 2006. Le 5 juillet 2017, M. B a sollicité la régularisation de sa situation administrative. En l'absence de réponse de l'autorité préfectorale, une décision implicite de rejet est née. Par la requête enregistrée sous le n° 2103192, le requérant demande au tribunal d'en prononcer l'annulation. En outre, par un arrêté en date du 22 février 2022, le préfet du Rhône a explicitement refusé d'admettre au séjour M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la requête enregistrée sous le n° 2202207, le requérant sollicite du tribunal qu'il prononce l'annulation de cet arrêté.
Sur l'étendue des litiges :
2. Lorsqu'une décision expresse de rejet a été prise postérieurement à l'intervention d'une décision implicite de rejet, cette décision expresse doit être regardée comme se substituant à la décision implicite. En l'espèce, par une première requête enregistrée le 3 mai 2021, M. B a demandé l'annulation de la décision implicite de refus née du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande de titre de séjour. Par une seconde requête enregistrée le 22 mars 2022, l'intéressé demande l'annulation de l'arrêté du 22 février 2022 par lequel le préfet du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Les conclusions de la première requête, qui sont dirigées contre une décision implicite à laquelle s'est nécessairement substituée cette décision expresse, qui est elle-même régulièrement contestée par une autre requête, est ainsi devenue sans objet, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions afférentes à fin d'injonction et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions restant en litige :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. La décision portant refus de titre de séjour vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, dès lors que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, et qu'en l'espèce, la décision contestée précise les éléments déterminants de la situation du requérant qui ont conduit le préfet du Rhône à refuser de lui délivrer un titre de séjour et indique à cet égard qu'il ne justifie ni d'une vie privée et familiale ancienne, intense et stable sur le territoire national, ni de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires, ni d'une insertion professionnelle particulière, et enfin qu'il entre dans les catégories ouvrant droit au bénéfice du regroupement familial, la décision attaquée qui comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et qui a ainsi permis au requérant d'en discuter utilement, est dès lors suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en droit comme en fait, pourra être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance (). 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Selon les termes de l'article L. 435-1 du même code : " (). Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
5. M. B soutient, qu'arrivé sur le territoire français le 1er novembre 2006, il y résiderait habituellement depuis cette date et qu'ainsi, en application des dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartenait à l'autorité préfectorale, préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige, de saisir la commission du titre de séjour. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé vit en France depuis l'année 2016, date à laquelle il s'est marié avec une ressortissante ivoirienne, titulaire d'une carte de résident, la communauté de vie étant présumée entre les époux, il ne justifie cependant pas de sa présence habituelle et ininterrompue sur le territoire national, pour la période allant de 2012 à 2016, ne versant au débat pour ces années que quelques pièces, notamment des avis d'imposition pour les années 2012, 2013, 2014 et 2015, une attestation de droit de la caisse d'allocations familiales en date du 21 mars 2014, qui ne permettent pas d'apporter la preuve qui lui incombe d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans. Par suite, en l'espèce, le préfet du Rhône n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour prévue par les dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du vice de procédure pourra donc être écarté.
6. Si le requérant soutient que l'autorité administrative n'aurait pas pris en considération l'ancienneté de sa présence en France, et s'il lui est loisible de contester l'appréciation portée par l'autorité administrative sur sa demande, le préfet du Rhône n'était toutefois pas tenu de préciser dans sa décision l'ensemble des éléments produits par l'intéressé alors que l'arrêté en litige fait effectivement état de la situation familiale du requérant et notamment de son mariage avec une ressortissante ivoirienne, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2029, de la présence sur le territoire français de leur enfant mineur, et de ce que selon lui, la cellule familiale pourrait se reconstituer dans tout autre pays que la France. Ainsi, dès lors qu'il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Rhône ne se serait pas livré à un examen particulier de sa situation personnelle, le moyen tiré de l'absence d'examen particulier de la situation de M. B ne pourra qu'être écarté.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
8. M. B fait état, d'une part, de ce qu'il réside en France aux côtés d'une ressortissante ivoirienne, titulaire d'une carte de résident valide jusqu'en 2029, qu'il a épousée en 2016, avec laquelle il justifie d'une vie commune depuis 2012, ainsi qu'aux côtés de leur enfant mineur né et scolarisé sur le territoire national, et d'autre part, de ce que son épouse ne serait pas légalement admissible au Cameroun et qu'ainsi la cellule familiale ne pourrait s'y reconstruire. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'ainsi qu'il a été dit au point 5, l'intéressé ne justifie pas de l'ancienneté de sa présence habituelle sur le territoire national, notamment depuis 2006 et qu'il n'a, au demeurant sollicité la régularisation de sa situation administrative qu'en 2017, ayant, en tout état de cause, passé la majorité de son existence dans son pays d'origine où il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales. En outre contrairement à ce qu'allègue le requérant, alors même que les époux seraient de nationalité différente, rien ne fait obstacle à ce que la cellule famille se reconstitue dans un autre pays que la France et ce alors même que sa femme dispose d'un droit au séjour sur le territoire français, leur enfant mineur pouvant les accompagner et ainsi y poursuive sa scolarité. Si enfin M. B soutient que les circonstances dans lesquelles il s'est fait connaitre des services de police ne pouvaient conduire l'autorité administrative à considérer qu'il ne justifiait pas d'un droit à mener sa vie privée et familiale en France, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée qu'en tout état de cause, le préfet du Rhône ne s'est pas limité à ces seuls motifs pour apprécier la situation privée et familiale du requérant puis rejeter sa demande. Ainsi, dès lors que M. B n'apporte pas la preuve qui lui incombe que sa vie privée et familiale serait désormais installée sur le territoire national, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Aux termes de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".
10. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
11. En se bornant à rappeler les éléments sus relatés au point 8 relatifs à sa vie privée et familiale, M. B ne fait état d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions susmentionnées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour et, par suite, à démontrer que le préfet aurait entaché l'arrêté contesté d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour.
12. Si par ailleurs, le requérant soutient que le préfet aurait dû l'admettre exceptionnellement au séjour au regard de son intégration professionnelle, et verse au débat un contrat de travail à durée indéterminée pour un emploi de cuisinier conclu le 16 août 2019, ainsi que l'a souligné le préfet dans la décision attaquée, l'intéressé qui ne le conteste pas sérieusement ne fait état d'aucune expérience particulière dans le domaine de la restauration, ni même d'aucun diplôme ou d'aucune formation en lien avec un tel emploi. Par suite, le préfet du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, ni méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant d'admettre exceptionnellement M. B au séjour au titre du travail. Le moyen pourra être écarté en toutes ses branches.
13. Selon les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
14. En l'espèce, la décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer l'enfant encore mineur de son père. Par suite, alors même que l'enfant mineur de M. B a été scolarisé depuis sa naissance sur le territoire national, dès lors que l'intéressé ne fait état d'aucune circonstance particulière qui s'opposerait à la poursuite de cette scolarisation hors du territoire national, rien ne s'opposant davantage à la reconstitution de la cellule familiale dans tout autre pays que la France, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant pourra également écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. Si M. B fait état de ce que sa femme ayant d'autres enfants issus d'une précédente union ne pourrait pourvoir seule à leurs besoins, il n'en justifie pas par les pièces versées au débat. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans tout autre pays que la France. Ainsi, en l'absence d'argumentation particulière développée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen ainsi articulé tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8.
17. En l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés au point 14.
En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :
18. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination doit être écarté.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2103192.
Article 2 : La requête n° 2202207 est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
La présidente-rapporteure,
A. A
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Collomb
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N° 2103192 - 2202207
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026