vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2022, M. C A, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le préfet de l'Ardèche a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de Privas ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche de lui délivrer un titre de séjour et, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
1°) s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier et complet de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par une ordonnance du 29 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2022.
Un mémoire présenté pour le préfet de l'Ardèche a été enregistré le 3 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Miran, substituant Me Huard, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 20 juin 1960, déclare être entré en France au mois d'octobre 2019. Il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence notamment en qualité de conjoint d'une ressortissante française sur le fondement des stipulations des articles 6, 2) et 7 bis a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par un arrêté du 3 mars 2022, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de l'Ardèche a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de Privas.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet de l'Ardèche a refusé de délivrer un certificat de résidence à M. A vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise également les circonstances relatives à la situation personnelle et familiale de M. A. Par suite, la décision en litige comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant de l'article L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Cette motivation a ainsi permis au requérant de discuter utilement de la décision contestée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la lecture de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de l'Ardèche n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de la situation de M. A. Si le requérant soutient que le préfet n'a pas examiné son droit au séjour sur le fondement des articles 6, 5) et 7 b) de l'accord franco-algérien, il ressort toutefois des termes de la décision en litige que si le préfet a relevé que le requérant avait sollicité la délivrance d'un certificat de résidence en qualité de conjoint d'une ressortissante française sur le fondement des stipulations des articles 6, 2) et 7 bis a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, il a également examiné la possibilité de lui délivrer un certificat de résidence au titre de sa vie privée et familiale en application des stipulations de l'article 6, 5) de l'accord susmentionné, qu'il a expressément visé, en mentionnant les éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de l'intéressé. L'autorité préfectorale a également examiné la possibilité de délivrer à M. A un certificat de résidence au titre de son emploi de maçon au sein de la SASU M.P.F sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) dudit accord également visées par la décision attaquée. Le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier et complet de sa situation doit, par suite, être écarté en toutes ses branches.
4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5° au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
5. M. A soutient, d'une part, avoir installé sa vie privée et familiale en France où il a noué une relation avec une ressortissante française, au début de l'année 2020, vivant à ses côtés depuis le mois de juillet 20202 et l'ayant épousée le 20 mars 2021. Il se prévaut également de ce que son frère, qui est un ressortissant français, réside sur le territoire national. Toutefois, le requérant ne pouvait ignorer l'incertitude de son établissement familial immédiat en France où il est entré et s'est maintenu irrégulièrement, la circonstance que son frère possède la nationalité française étant sans incidence sur son droit au séjour. De surcroît, si le requérant fait état des problèmes de santé de son épouse qui a été soignée durant neuf ans, à compter de 2009, pour un cancer du sein et qui fait l'objet d'un suivi médical pour son diabète, les pièces versées au débat ne permettent pas d'établir que l'état de santé de cette dernière nécessiterait une assistance permanente que seul le requérant pourrait lui fournir. D'autre part, la circonstance que M. A a conclu, le 10 décembre 2021, un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet avec la SASU M.P.F pour un emploi de maçon, métier qu'il exerce " depuis plus de quarante ans " ne permet pas de démontrer une insertion sociale professionnelle stable et ancrée sur le territoire national. Enfin, les attestations de proches et d'amis faisant état de sa volonté d'intégration ainsi que de ses qualités humaines et relationnelles ne suffisent pas à établir que le requérant aurait ancré en France le centre de sa vie privée et familiale d'autant qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'est pas dénué d'attaches familiales en Algérie où résident notamment sa fille, sa mère ainsi que le reste de sa fratrie, où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de cinquante-neuf ans et où il possède nécessairement des attaches sociales et culturelles. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien susvisé doivent, dès lors, être écartés.
6. En dernier lieu, pour les mêmes motifs et en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision portant refus de séjour sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
8. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à cette obligation, être écartés par les mêmes motifs que ceux développés aux points 5 et 6.
9. Il résulte de tout ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
La rapporteure,
C. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026