mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2022, M. B A, représenté par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, agissant par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de résident, ou à défaut de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- elle est entachée d'un défaut de motivation en l'absence de communication des motifs ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 10 a) et c) de l'accord franco-tunisien et est entachée d'erreur de fait.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture d'instruction a été fixée au 16 mai 2023 par une ordonnance du 17 avril 2023.
Par lettre du 5 octobre 2023, des pièces complémentaires ont été demandées au défendeur pour compléter l'instruction en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye ;
- les observations de Me Guillaume de la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 11 octobre 1996 et entré régulièrement sur le territoire français le 6 janvier 2018, s'est vu délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " suite à son mariage avec une ressortissante française. Il a sollicité le 25 février 2021 la délivrance d'une carte de résident sur le fondement des stipulations de l'article 10 a) et c) de l'accord franco-tunisien. L'intéressé demande l'annulation du refus implicite né du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande de carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien de 1988 visé ci-dessus : " 1. Un titre de séjour d'une durée de dix ans () est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : a) Au conjoint tunisien d'un ressortissant français, marié depuis au moins un an, à condition que la communauté de vie entre époux n'ait pas cessé, que le conjoint ait conservé sa nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état-civil français ;() 2) Sont notamment considérés comme remplissant la condition de séjour régulier, les bénéficiaires d'un titre de séjour d'un an délivré en application des articles 7 ter et 7 quater. ". Aux termes dudit article 7 quater : " Sans préjudice des dispositions du b) et du d) de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui résidait régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " valable un an lorsqu'il a sollicité la délivrance d'une carte de résident, a épousé le 9 mars 2019 une ressortissante française avec laquelle il a eu, à la date de la décision contestée, un enfant français né le 29 octobre 2019, un second enfant est ensuite né le 29 août 2022 postérieurement au refus attaqué. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué par la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense, que la communauté de vie entre les époux aurait cessé depuis le mariage. Par suite, M. A est fondé à soutenir qu'il justifie, en sa qualité de conjoint de ressortissant français, de l'ensemble des conditions prévues à l'article 10 a) de l'accord franco-tunisien auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'une carte de résident de dix ans.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer une carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que la préfète du Rhône délivre une carte de résident à M. A. Il lui sera enjoint d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, le versement à M. A d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a rejeté la demande de carte de résident de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer une carte de résident à M. A dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202304
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026