vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | FIRMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2022, M. C A, représenté par Me Firmin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône :
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
- à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " salarié " dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
1°) s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors, notamment, que son attitude ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
3°) s'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
4°) s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
5°) s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une ordonnance du 29 mars 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2022 à 12 heures.
Un mémoire présenté par le préfet du Rhône a été enregistré le 9 mai 2022, à 21 heures 27.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Matricon, substituant Me Firmin, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 23 août 2001, déclare être entré en France le 17 février 2017. L'intéressé a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, le 31 mars suivant. Le 30 janvier 2019, M. A a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 14 octobre 2021, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident longue durée - UE ". Selon les termes de l'article L. 423-22 du même code : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. ".
3. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce sur cette appréciation un entier contrôle.
4. Pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité, le préfet du Rhône a tout d'abord considéré que l'intéressé, condamné à une peine de quatre mois d'emprisonnement assortie d'un sursis simple par le tribunal judiciaire de Lyon, le 10 septembre 2021, pour des faits de violences aggravées, menace de crime ou de délit sur personne dépositaire de l'autorité publique et personne chargée d'une mission de service public et faisant par ailleurs l'objet d'une procédure en cours d'instruction pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance et refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à la sommation de s'arrêter, ne remplissait pas les conditions de fond prévues par les dispositions susmentionnées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a, en outre, décidé qu'il y avait lieu de faire application de la réserve d'ordre public prévue par les dispositions précitées de l'article L. 412-5 du même code. Toutefois, dès lors que les faits en cause reprochés à M. A n'ont pas donné lieu à une condamnation à une peine d'emprisonnement ferme et ne sont pas d'une gravité croissante, le préfet du Rhône a fait une inexacte application des dispositions susmentionnées de l'article L. 412-5 précitées en considérant que ce dernier constituait une menace pour l'ordre public. Par suite, en se fondant sur la réserve d'ordre public et sur le motif tiré de ce que l'intégration du requérant pourrait, pour ce motif, être remise en cause, l'autorité administrative a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Toutefois, pour rejeter la demande de M. A, le préfet du Rhône a également apprécié sa situation de façon globale, au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. En effet, après avoir rappelé son entrée sur le territoire national avant l'âge de seize ans, l'autorité administrative a relevé, d'une part, que M. A ne démontrait pas le caractère réel et sérieux du suivi de sa formation dès lors que scolarisé depuis 2017 et ayant suivi une formation professionnelle qualifiante de 2018 à 2021, il n'avait pas obtenu, au titre de l'année 2020-2021, son diplôme de CAP boulanger pour la deuxième année consécutive, ses résultats scolaires au titre des années 2018-2019 et 2019 2020 étant inférieurs à la moyenne du fait notamment d'un manque de travail et, ne disposait plus que d'un contrat de mission temporaire de cinq jours achevé depuis la fin du mois d'août 2021. Le préfet du Rhône a, d'autre part, fait état de l'avis de la structure d'accueil établi le 14 septembre 2021 qui mentionne que M. A " peut parfois se montrer impulsif et se fermer lorsqu'il ne comprend pas ce qu'on lui explique, qu'il n'est pas d'accord ou quand nous abordons certaines questions dont il ne veut pas parler ". Enfin, le préfet a relevé que, lors de sa garde à vue débutée le 8 septembre 2021, le requérant n'avait pas déclaré une absence de lien avec son père et sa demi-sœur qui demeurent dans son pays d'origine. M. A, qui conteste ces motifs, soutient, d'une part, que sa scolarité a été perturbée par la crise sanitaire, d'autre part, qu'il a pu conclure un contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel avec la société Domino's pizza pour un emploi de livreur et, enfin, qu'il n'a plus de lien avec sa famille qui réside dans son pays d'origine, sa mère étant décédée et son père remarié. Il verse au débat des attestations indiquant qu'il est un bon élément ainsi que les notes de la structure d'accueil et notamment la dernière, datée du 14 septembre 2021, précisant qu'ayant échoué à obtenir son diplôme de CAP boulangerie à deux reprises, il ne pourra repasser l'examen l'année prochaine. Toutefois, ces éléments ne sauraient suffire à démontrer le caractère réel et sérieux du suivi de sa formation compte tenu de ses deux échecs lors de l'examen du diplôme de CAP ni à remettre en cause l'avis mitigé de la structure d'accueil ni enfin, à démontrer l'absence de liens avec son père et sa demi-sœur. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet du Rhône a refusé d'admettre l'intéressé au séjour.
6. Ainsi, il résulte de l'instruction que le préfet du Rhône aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour demandé.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ". Aux termes de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
8. M. A soutient qu'il vit en France depuis le mois de février 2017, qu'il y a construit sa vie privée et familiale alors qu'il n'a plus de lien avec sa famille restée dans son pays d'origine et qu'il justifie d'une insertion sociale et professionnelle réussie dès lors qu'il a suivi une formation qui lui a apporté une qualification professionnelle dans un secteur en tension. Toutefois, le requérant, qui demeure célibataire et sans charge de famille sur le territoire national, ne démontre pas y avoir noué des relations personnelles d'une particulière intensité et les éléments qu'il produit ne permettent pas davantage d'établir une insertion professionnelle particulièrement stable et ancrée en France. Dans ces conditions, l'intéressé n'apporte pas, par sa seule présence en France depuis plus de quatre ans à la date de la décision en litige, la preuve qui lui incombe que sa vie privée et familiale est désormais installée sur le territoire national et qu'il ne pourrait exercer une activité professionnelle en Guinée. En outre, si M. A verse au débat un certificat médical établi le 4 avril 2022, soit postérieurement à la décision en litige, par un médecin généraliste qui indique que l'intéressé " présente un asthme grave nécessitant des soins continus et une surveillance médicale très régulière ", il ne soutient, ni même n'allègue avoir sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. En dernier lieu, la demande d'admission au séjour en litige n'ayant pas été sollicitée sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Rhône n'était pas tenu d'examiner d'office si M. A pouvait prétendre à un tel titre. Le moyen ainsi articulé tiré de ce que les conditions prévues à l'article L. 435-3 seraient remplies est dès lors inopérant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
11. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
13. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant doit, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à la décision fixant le pays de destination, être écarté par les mêmes motifs que ceux développés au point 8.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
14. En premier lieu, aux termes de L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
15. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. En outre, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
16. En l'espèce, la décision prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois mentionne les dispositions des articles L. 612-6 à L. 612-8 et L. 612-10 précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait état, d'une part, de ce que l'intéressé ne justifie pas d'une vie privée et familiale ancienne, stable et intense en France, ni de ses moyens d'existence et de son insertion dans la société française. D'autre part, le préfet du Rhône a également relevé que le comportement de l'intéressé était de nature à porter atteinte à l'ordre public. Enfin, si le préfet du Rhône n'a pas expressément fait mention de la durée de présence en France de l'intéressé, il ressort de la lecture de la décision en litige qu'elle a été prise en considération, l'autorité préfectorale y faisant mention de la date d'arrivée sur le territoire national de M. A. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions susmentionnées des articles L. 612-6 à L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sans davantage entacher ladite décision d'un défaut de motivation que le préfet du Rhône a pu prononcer à l'encontre de M. A l'interdiction de retour contestée d'une durée de dix-huit mois.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. Si le requérant soutient que la décision contestée est contraire aux stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte aucune précision, ni aucun élément au soutien de ses allégations. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
19. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en l'absence de tout élément particulier, être écarté par les mêmes motifs que ceux développés au point 8.
20. Il résulte de tout ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
La rapporteure,
C. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026