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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2202404

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2202404

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2202404
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantROYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2022, M. A C, représenté par Me Royon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire :

- à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire ", et, dans l'attente, de lui délivrer, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l'attente, de lui délivrer, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- sa durée est disproportionnée.

Par une ordonnance en date du 30 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mai 2022.

Par un courrier du 13 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que, s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables à la situation de M. C et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 février 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant kosovare, né le 15 mai 1988, déclare être entré en France le 4 mars 2015. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 31 janvier 2017, que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 19 octobre 2017. Sa demande de réexamen de sa demande d'asile sera également rejetée par l'OFPRA, le 26 mars 2018. En suivant, par un arrêté en date du 26 novembre 2018, le préfet de la Loire a édicté à son encontre une première obligation de quitter le territoire français. Par un deuxième arrêté en date du 19 décembre 2021, l'autorité administrative a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un dernier arrêté en date du 17 janvier 2022, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois.

2. L'arrêté attaqué en date du 17 janvier 2022, a été signé par M. Thomas Michaud, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète de la Loire en date du 1er septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 13 septembre 2021, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.

3. D'une part, les décisions portant refus de titre de séjour et fixant le pays de destination visent les textes dont elles font application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment celles de l'article L. 435-1 sur lesquelles la décision attaquée se prononce avec précision. En outre, dès lors que la préfète n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, alors que les décisions contestées précisent les éléments déterminants de la situation du requérant qui ont conduit la préfète de la Loire à refuser de lui délivrer un titre de séjour. Ainsi, en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement de l'article L. 611-1, 3° de ce code, qui au demeurant comporte les considérations de fait et de droit qui la fondent, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, sa motivation se confondant avec celle de la décision portant refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement. Enfin, pour justifier la décision fixant le pays à destination duquel le requérant pourra être reconduit d'office, le préfet a par ailleurs indiqué que l'intéressé n'établit pas encourir des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour au Kosovo. Ainsi, les décisions en litige comportent les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à l'intéressé d'en discuter utilement.

4. D'autre part, M. C soutient que la décision lui infligeant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois serait insuffisamment motivée. En l'espèce, la décision en litige vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et précise par ailleurs, que l'intéressé est marié à une compatriote en situation irrégulière avec laquelle il n'a pas d'enfant, qu'il ne justifie pas d'une insertion sociale particulière, qu'il a été condamné deux fois par le tribunal de grande instance les 5 et 15 septembre 2017 pour " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance " du 1er au 28 septembre 2016 et le 3 mai 2017, qu'il produit des éléments concernant ses activités professionnelles sans fournir d'autorisation de travail et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Cette motivation a permis à M. C de discuter utilement des motifs sur lesquels la préfète de la Loire s'est fondée pour édicter la décision en cause. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté du 17 janvier 2022 pourra donc être écarté, en toutes ses branches.

5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

6. En l'espèce, M. C soutient que la préfète de la Loire aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il travaille depuis novembre 2016 en qualité d'aide-maçon soit dans un secteur d'activité qui rencontre des difficultés de recrutement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, qu'il bénéficie depuis le mois de mars 2021, d'un contrat de travail à durée indéterminée, qu'il a le soutien de son employeur qui a accompli des démarches administratives afin qu'il soit procédé à la régularisation de sa situation administrative et enfin, qu'il dispose d'un avis favorable rendu par les services de la main d'œuvre étrangère. Toutefois, alors que la préfète de la Loire a pris en considération l'ensemble de ces éléments qu'elle a visés dans l'arrêté en litige, il est toutefois constant que si M. C dispose d'un avis favorable des services de la main d'œuvre étrangère, il ne conteste pas ne pas disposer du visa nécessaire à l'exercice d'une activité salariée sur le territoire national et ne justifie pas davantage de son diplôme de droit, de son expérience et de sa qualification professionnelle au regard des exigences et des caractéristiques de l'emploi pour lequel il a été recruté, son employeur ne faisant par ailleurs état d'aucune exigence particulière en matière de compétence ou de formation ni davantage d'une quelconque difficulté pour pourvoir le poste en cause. Par suite, M. C ne fait état d'aucun motif exceptionnel, au regard de son expérience et de ses qualifications, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " et, par suite, de nature à démontrer que la préfète de la Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

8. Si M. C fait état de ce que sa vie privée et familiale est désormais installée sur le territoire national où il réside depuis sept ans, aux côtés de son épouse depuis 2018, qui donnera naissance à leur enfant en juin 2022 et se prévaut de son intégration non seulement professionnelle telle que décrite au point 6 mais également sociale, ainsi que le démontrent son inscription à des cours de langue française, ses activités au seins de plusieurs associations, ses liens noués sur le territoire national, faisant également état de ce qu'il n'aurait jamais fait l'objet de condamnation pénale et s'acquitterait de ses obligations déclaratives et fiscales et enfin, de la présence de son épouse, il ressort des pièces versées au débat par la préfète de la Loire que M. C a été condamné à deux reprises en 2017 pour des faits de " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance " et a, de ce fait, une double inscription au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, que son épouse ne dispose d'aucun droit au séjour sur le territoire national et que les deux époux se sont maintenus sur le territoire national en dépit des décisions portant refus d'asile, refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français prises à leur encontre et ne pouvaient dès lors ignorer la précarité de leur situation. Ainsi, alors que M. C ne verse par ailleurs au dossier aucune pièce justifiant de l'ensemble de ces allégations relatives tant à sa vie professionnelle qu'à son intégration sociale, qu'il ne justifie donc pas de ce que sa vie privée et familiale ne pourrait se poursuivre au Kosovo, son pays d'origine, où il dispose nécessairement de ses attaches sociales et culturelles, son épouse, de même nationalité, pouvant l'y accompagner . Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pourra donc être écarté.

9. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination pourra être écarté.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

10. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pourra être écarté.

11. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article de L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

12. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont applicables que lorsque l'étranger n'entre pas dans l'une des situations prévues aux articles L. 612-6 et L. 612-7 du même code, qu'elles ne sont dès lors pas applicables aux étrangers qui se sont maintenus sur le territoire national au-delà du délai de départ volontaire. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français notifiée le 27 décembre 2021 et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire à l'expiration du délai de départ volontaire lui ayant été accordé. Par suite, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais seulement sur celui des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui peuvent être substituées à celles de l'article L. 612-8 du même code visées par la décision en cause, dès lors, en premier lieu, que M. C se trouvait dans la situation où, en application de ces premières dispositions, la préfète de la Loire pouvait décider de prononcer à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver le requérant d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose d'un pouvoir d'appréciation de portée équivalente pour appliquer l'une ou l'autre de ces dispositions. Il s'ensuit qu'il y a lieu de procéder à la substitution de base légale.

13. Pour prononcer la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois en litige, la préfète de la Loire a relevé que l'intéressé s'était maintenu irrégulièrement en France en dépit d'une précédente mesure d'éloignement, qu'il était marié avec une ressortissante kosovare en situation irrégulière sur le territoire national, qu'il n'avait aucun enfant à charge et disposait de liens familiaux dans son pays d'origine et enfin, qu'il avait été condamné les 5 et 15 septembre 2017 par le tribunal de grande instance pour " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ". Ainsi, alors que contrairement à ce que soutient le requérant, la préfète de la Loire n'a pas édicté une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an mais seulement d'une durée de deux mois, la durée maximum d'une telle interdiction pouvant être de deux ans, au regard de l'ensemble des éléments non contestés sur lesquels elle s'est fondée, c'est sans faire une inexacte application des dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative a pu décider d'interdire à M. C tout retour sur le territoire français pour une durée de deux mois. Ce moyen pourra donc également être écarté.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la Loire.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

Mme Collomb, première conseillère,

M. Pineau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

La présidente-rapporteure,

A. B L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. Collomb

La greffière,

N. Boumedienne

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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