lundi 8 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 28 mars et 13 juin 2022 sous le n°2202413, M. A B, représenté par Me Vray, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 mars 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a en outre opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 18 mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour " salarié " ou " travailleur temporaire " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut, une autorisation provisoire de séjour, ou enfin, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous réserve d'une astreinte de 50 € par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à cette même autorité de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non- admission, dans le système d'information " Schengen " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat ;
5° ) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait et en droit ; il est en outre illisible ;
- il souffre d'un défaut d'examen sérieux et personnalisé de sa situation ;
- la mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il en est de même pour l'interdiction de retour sur le territoire français dès lors qu'il vit en concubinage avec une compatriote résidente régulière en France.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 et 20 juin 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces complémentaires produites par le préfet du Rhône, enregistrées le 19 avril 2022, au greffe du tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle le préfet du Rhône n'était ni présent, ni représenté.
Ont été entendus au cours de l'audience publique : le rapport de M. Habchi, magistrat désigné et les observations de Me Vray, pour M. B, qui rappelle sa situation personnelle et familiale et le caractère exagéré de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 18 mois. M. B était également présent à l'audience, assisté d'un interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 9 juin 1993, et de nationalité algérienne, est entré en France le 18 juillet 2017 sous couvert d'un visa de court séjour " Schengen ". A l'expiration de son visa, l'intéressé s'est maintenu de manière irrégulière en France. Puis, interpellé à la Guillotière (Lyon 7ème) par les forces de police en résidence à Lyon 3ème, M. B a fait l'objet d'une vérification du droit au séjour à l'issue de laquelle le préfet du Rhône lui a opposé, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une obligation de quitter le territoire français dans le délai de 90 jours, et a fixé le pays de renvoi duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Il a assorti cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions prises par l'autorité administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le préfet du Rhône a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à M. B et a fixé le pays de destination vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à la date de l'arrêté attaqué. Il précise en outre que l'intéressé n'a pas justifié de son entrée régulière sur le territoire national au cours de l'année 2017 et s'y est maintenu sans toutefois être titulaire d'un titre de séjour. L'arrêté mentionne aussi son interpellation et son audition du 22 mars 2022. La décision en litige qui comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Enfin, la circonstance que le préfet du Rhône n'a pas mentionné l'ensemble du parcours personnel de M. B et toutes ses attaches familiales, de manière exhaustive, demeure sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors que l'autorité administrative n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle et familiale de l'intéressé. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de celles produites en défense, que l'original de l'arrêté attaqué du 22 mars 2022 est parfaitement lisible, de sorte le requérant a pu en prendre connaissance, en temps utile. Il a au demeurant contesté cet arrêté, par des moyens de fait et de droit, devant la juridiction. Il ne peut donc sérieusement soutenir, dans ces conditions, qu'il aurait reçu notification d'un arrêté préfectoral illisible.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France au cours de l'année 2017 et fait état de presque cinq ans de durée de séjour en France. Toutefois, il s'est maintenu en toute connaissance de cause sur le sol national et n'a jamais sollicité, au demeurant, de certificat de résidence algérien, ni n'a cherché à régulariser sa situation administrative personnelle. Sans charge de famille sur le territoire national, l'intéressé a conservé toutes ses attaches familiales en Algérie et s'il allègue vivre en concubinage avec sa compagne à Lyon, il ne l'établit nullement devant la juridiction. A supposer en tout état de cause que cela fût le cas, la relation qu'il invoque demeure récente à la date de l'arrêté en litige. De plus, M. B n'exerce aucune activité professionnelle en France, ne justifie d'aucune ressource suffisante pour vivre sur le sol français de manière autonome, ni ne dispose de logement en son nom propre. Sa situation apparait, dès lors, fragile au plan économique et social. La production de deux bulletins de paie devant le tribunal ne suffit pas à caractériser une activité professionnelle pérenne. Ainsi, eu égard à l'absence d'insertion sociale et professionnelle notamment, et aux conditions de séjour de M. B, l'ensemble des éléments invoqués par le requérant ne saurait suffire à établir que la mesure d'éloignement dont il est l'objet, a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 4 doit être écarté. Pour les mêmes motifs, et alors même qu'il souhaite poursuivre une formation de plombier en France, le moyen tiré de ce que le préfet du Rhône aurait entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. En quatrième et dernier lieu, s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français, compte tenu du comportement général de l'intéressé, lequel est défavorablement connu des services de police pour violences volontaires, de l'ancienneté de son séjour, de l'absence d'attaches fortes en France, et alors même qu'il vit en concubinage selon ses déclarations, en France, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en édictant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 18 mois, le préfet du Rhône ait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Cette interdiction n'a pas davantage porté une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé. Au surplus, il est loisible à M. B, après avoir regagné son pays d'origine, de solliciter la levée ou l'abrogation de l'interdiction de retour dont il s'agit. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 8 cité au point 4, et celui de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale, doivent être écartés.
Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
7. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte, et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : M. B tendant est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2202413 de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2022.
Le magistrat désigné,
H. C
La greffière en chef adjointe,
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°2202413
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026