vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ALBERTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 31 mars, 25 mai et 17 et 20 juin 2022, M. B A, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2022 par lequel le préfet de l'Ardèche a refusé de renouveler son titre de séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a astreint à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie du Pouzin ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche :
- si la décision est annulée pour un motif de forme, de réexaminer son dossier et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir,
- si la décision est annulée pour un motif de fond, de lui délivrer le titre de séjour sollicité l'autorisant à travailler, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. A soutient que :
- la requête est recevable ;
1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour prévue par les dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait déterminante ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article 10 quater c) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et méconnaît ces stipulations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
2°) s'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
3°) s'agissant de la décision l'astreinte à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie du Pouzin :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le 20 mai 2022, une mesure supplémentaire d'instruction a été adressée aux parties tendant à obtenir toute pièce utile permettant de justifier que M. A dispose de l'autorité parentale sur son fils à la date de la décision attaquée ou tout élément permettant de justifier que si l'autorité parentale lui a été retiré à compter de juillet 2021, il en a retrouvé ultérieurement l'exercice.
Le préfet de l'Ardèche a produit des pièces en réponse à cette mesure, le 25 mai 2022, communiquées le 27 mai 2022.
Un mémoire produit par le requérant a été enregistré le 25 mai 2022, communiqué le 27 mai 2022.
Par une décision du 13 mai 2022, la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Albertin, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 16 mai 1989, déclare être entré pour la dernière fois en France, en décembre 2016. L'intéressé a fait l'objet de décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de la Drôme en date du 15 novembre 2018 qui a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Grenoble du 26 février 2019 enjoignant à l'autorité administrative de réexaminer sa situation. M. A s'est ensuite vu délivrer, le 14 octobre 2019, un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français qui a été renouvelé le 14 octobre 2020. L'intéressé en a sollicité le renouvellement ou la délivrance d'une carte de résident. Par un arrêté en date du 7 mars 2022, le préfet de l'Ardèche a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a astreint à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie du Pouzin. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par la décision susvisée du bureau d'aide juridictionnelle en date 13 mai 2022, la demande d'aide juridictionnelle présentée par le requérant a été examinée et rejetée. Sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle est ainsi devenue sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Pour refuser d'admettre M. A au séjour, le préfet de l'Ardèche a considéré que le requérant, père d'un enfant français né le 25 mai 2018, ne disposait pas de l'exercice de l'autorité parentale et ne justifiait participer ni à son entretien ni à son éducation, l'enfant résidant avec sa mère dans un lieu inconnu de l'intéressé. Pour retenir de tels motifs, le préfet a relevé que l'épouse du requérant avait saisi le juge aux affaires familiales afin de bénéficier de mesures de protection pour son fils et elle-même et que, par une ordonnance du 16 juillet 2021, la résidence séparée des époux avait été constatée depuis le 14 juin 2021, que Mme A avait été autorisée à dissimuler son domicile à son époux à qui il était fait interdiction de rentrer en contact avec elle. Le préfet a également précisé que l'ordonnance précitée a retiré l'autorité parentale à M. A en lui octroyant seulement un droit de visite médiatisé et en mettant à sa charge une pension alimentaire de 550 euros au titre de la contribution aux charges du mariage, ajoutant que les dispositions de cette ordonnance ont été confirmées par un arrêt de la cour d'appel de Nîmes rendu le 26 janvier 2022, hormis les éléments relatifs à la contribution, désormais fixée à 200 euros par mois. Toutefois, M. A soutient que les violences conjugales alléguées par son épouse, ayant conduit au prononcé de l'ordonnance du 16 juillet 2021 étaient fausses et calomnieuses. A cet égard, l'intéressé verse au débat une attestation de cette dernière, en date du 11 mai 2022, qui reconnait avoir menti sur ses déclarations. Si cette attestation est postérieure à la date de l'arrêté contesté, M. A produit également l'avis de classement sans suite du procureur de la République du tribunal judiciaire de Privas, en date du 21 décembre 2021, relatif à la plainte déposée par son épouse pour des faits de viol, menaces de mort réitérées et violences suivies d'incapacité supérieure à huit jours, fais qui auraient été commis entre le 1er janvier 2018 et le 14 juin 2021. En outre, dans le dernier état de ses écritures, le requérant verse au débat, l'ordonnance du tribunal judiciaire de Privas rendue le 13 juin 2022 constatant le désistement de M. A de la procédure de divorce qu'il avait engagée, demande de divorce ayant conduit à ce que les mesures de protection instaurées par l'ordonnance précitée du 16 juillet 2021, par application des dispositions de l'article 512-15 du code civil, produisent leurs effets au-delà d'une durée de six mois. Par ailleurs, M. A fait également état des dernières écritures présentées par le conseil de son épouse lors de la procédure de divorce, qui confirment la volonté de cette dernière, au demeurant présente à l'audience aux côtés de son époux et de leur enfant, de reprendre la vie commune, faisant état de l'apaisement de leurs relations et de leur souhait mutuel de ne plus divorcer. Il résulte ainsi de l'ensemble de ces éléments qu'en se fondant sur les seules conséquences du dépôt de plainte de l'épouse de M. A, classée sans suite à la date de la décision attaquée, et les décisions juridictionnelles subséquentes, le préfet de l'Ardèche a entaché sa décision d'une erreur de fait ayant influé sur le sens de sa décision. La décision portant refus de renouvellement de titre de séjour doit, pour ce motif, être annulée.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 mars 2022 par laquelle le préfet de l'Ardèche à refuser de procéder au renouvellement de son titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, celle des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de destination et astreignant M. A à se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie du Pouzin.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement, qu'en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, le préfet de l'Ardèche procède au réexamen de la situation et de la demande de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à M. A de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2: L'arrêté du 7 mars 2022 du préfet de l'Ardèche est annulé.
Article 3: Il est enjoint au préfet de l'Ardèche de réexaminer la situation de M. A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
A. Baux
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026