mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mars et 17 juin 2022, M. B A, représenté par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juin 2022, qui s'est substituée à la décision implicite antérieure, par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée de dix ans, ou à tout le moins de réexaminer sa demande, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis du fait de l'illégalité de la décision de refus en litige ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la consultation du fichier traitement des antécédents judiciaires, qui a servi de base factuelle à l'édiction de la décision attaquée, n'a pas été effectuée dans les conditions exigées par l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ; des saisines des services compétents étaient nécessaires ; il conteste la matérialité des mentions ainsi mises en évidence ;
- la menace à l'ordre public ne constitue pas un motif de refus de délivrance de première délivrance d'un certificat de résidence algérien ;
- sa présence en France ne constitue pas une menace à l'ordre public, ainsi que l'atteste le renouvellement concomitant de son titre de séjour valable un an ;
- il remplit les conditions définies à l'article 7 bis de l'accord franco-algérien pour la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans ;
- l'illégalité du refus qui lui a été opposé constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État ; il sera fait une juste appréciation du préjudice afférent, constitué notamment par les difficultés administratives résultant du refus illégalement opposé, en l'évaluant à la somme de 10 000 euros.
La procédure a été régulièrement transmise au préfet du Rhône qui n'a pas produit à l'instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 16 septembre 1982, entré en France le 4 mars 2016, était titulaire d'un certificat de résidence d'une durée d'un an délivré le 28 septembre 2020. Il a sollicité, le 29 juillet 2021, le bénéfice d'un certificat de résidence algérien valable dix dans le cadre du renouvellement de son titre de séjour antérieur. Par une décision du 8 juin 2022, qui s'est substituée à la décision implicite de refus antérieure, le préfet du Rhône a rejeté sa demande. M. A demande l'annulation de cette décision et la condamnation de l'État à réparer les conséquences dommageables résultant de ce refus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a) (): / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article. / () ". Aux termes de l'article 6 de cet accord : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; / () ". Les stipulations des articles 6 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an ou dix ans lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
3. D'une part, pour retenir la circonstance tenant à ce que la présence de M. A en France constituait une menace pour l'ordre public, le préfet du Rhône a relevé que l'intéressé avait été mis en cause, le 27 janvier 2021, pour des faits de tentative d'achat de médicaments de substitution à l'aide de fausses ordonnances et d'une fausse attestation de la caisse primaire d'assurance maladie, sans pour autant verser d'éléments étayant de tels griefs. M. A conteste les faits qui lui sont reprochés et il ne ressort pas des pièces du dossier que les faits en cause auraient donné suite, avant la date de la décision attaquée, à des poursuites pénales ou qu'ils auraient été retenus par la même autorité dans le cadre de la délivrance concomitante d'une carte de séjour valable un an, et ce alors que M. A soutient, sans contredit, que la procédure afférente a été classée sans suite. Dans ces conditions, le préfet du Rhône a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des principes ci-dessus analysés.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A, dont il n'est pas contesté qu'il est entré régulièrement en France, est marié depuis le 11 septembre 2019 à une ressortissante française, leur vie commune depuis lors étant attestée par les pièces produites, et séjournait régulièrement sur le territoire à la date de la décision attaquée en vertu du certificat de résidence algérien valable un an renouvelé. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une inexacte application des stipulations précitées.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. L'illégalité dont la décision attaquée est entachée engage la responsabilité de l'administration à en réparer les conséquences dommageables.
7. M. A soutient que le refus illégal de lui délivrer le titre de séjour valable dix ans, d'abord opposé de manière implicite le 29 novembre 2021, a entrainé diverses difficultés dans sa recherche d'emploi et dans des formations entreprises. Compte tenu de la durée pendant laquelle le titre de séjour en cause a été illégalement refusé et des troubles dans les conditions d'existence afférents, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à hauteur de 500 euros, somme que l'État doit être condamné à verser à M. A.
Sur les conclusions accessoires :
8. D'une part, l'exécution du présent jugement implique, pour l'application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de délivrer un certificat de résidence algérien valable dix ans à M. A, dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois.
9. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme de 1 000 euros à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 juin 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de délivrer à M. A un certificat de résidence algérien valable dix ans est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à M. A un certificat de résidence algérien valable dix ans dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : L'État est condamné à verser à M. A une indemnité de 500 (cinq cents) euros et une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026