mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, enregistrée le 6 avril 2022, sous le n° 2202611, et un mémoire complémentaire, enregistré le 16 février 2024, M. A B, représenté par Me Lopez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de résident valable dix ans ou à défaut une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 500 euros TTC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en l'absence de communication de ses motifs ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il peut prétendre à la délivrance d'une carte de résident en vertu de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation et au rejet des conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle a délivré au requérant une carte de résident valable du 15 décembre 2023 au 14 décembre 2033.
II- Par une requête, enregistrée le 8 juin 2022, sous le n° 2204333, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 2 novembre 2022 et 16 février 2024, M. A B, représenté par Me Lopez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 avril 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de résident valable dix ans ou à défaut une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 500 euros TTC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et particulier de sa situation ;
- le préfet n'a pas répondu à sa demande de carte de résident ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en tant qu'elle porte retrait de la carte de séjour pluriannuelle dont il bénéficiait, elle méconnaît les dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de résident ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant que son comportement constitue une menace à l'ordre public ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation et au rejet des conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle a délivré au requérant une carte de résident valable du 15 décembre 2023 au 14 décembre 2033.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Rizzato, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant ukrainien né le 7 mai 1992 est, selon ses déclarations, entré en France à l'âge de 10 ans. Il a bénéficié du statut de membre de la famille de bénéficiaire de la protection subsidiaire et est marié depuis le 26 septembre 2020 avec une ressortissante française avec qui il a deux enfants. Il a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle qui a expiré le 4 janvier 2021 et dont il a sollicité le renouvellement. Par courrier du 1er décembre 2021 réceptionné le 6, il a demandé des informations au préfet du Rhône sur l'avancement du dossier ainsi que les motifs d'une éventuelle décision implicite de rejet. Il a par ailleurs, sollicité, à cette occasion, la délivrance d'une carte de résident. Par la requête n° 2202611, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande née du silence gardé sur celle-ci. Par décision du 11 avril 2022, le préfet du Rhône a refusé de renouveler la carte pluriannuelle de M. B et lui a délivré une carte d'un an portant la mention vie privée et familiale. M. B demande l'annulation de cette décision dans la requête n'° 2204333.
2. Les requêtes nos 2202611 et 2204333 concernent la situation d'un même requérant, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, ainsi, lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Rhône :
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction des deux requêtes, la préfète du Rhône a délivré à M. B une carte de résident valable du 15 décembre 2023 au 14 décembre 2033. Dans ces conditions, ainsi que le fait valoir la préfète du Rhône en défense, les conclusions tendant à l'annulation des décisions par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de délivrer au requérant une carte de résident et celles tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de lui délivrer ce titre sont devenues sans objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les frais de l'instance :
4. Me Lopez n'étant pas partie à l'instance, il ne saurait, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, seul invoqué par lui, obtenir le versement à son profit d'une somme correspondant aux frais exposés par son client et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour et à l'annulation de la décision du 11 avril 2022 du préfet du Rhône et sur les conclusions à fin d'injonction afférentes.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2202611 et 2204333 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 19 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2202611-2204333
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026