mardi 9 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2022, M. C A, représenté par Me Deme, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1600 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée dès lors que le préfet du Rhône s'est cru tenu de rejeter sa demande en application des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation par le préfet de la mise en œuvre de son pouvoir de régularisation laquelle a conduit à une erreur matérielle concernant la fin de validité de son dernier titre de séjour ainsi qu'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet n'a pas pris en compte les difficultés administratives auxquelles il s'est heurtées, l'autorité administrative s'étant crue en situation de compétence liée.
Par une ordonnance du 6 avril 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 1er juin 2022.
La demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée par une décision du 18 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 24 octobre 1990, est entré en France le 12 septembre 2016 muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valant titre de séjour. Le 20 septembre 2021, il a sollicité son admission au séjour. Par un arrêté du 9 février 2022, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
2. L'arrêté contesté vise les textes applicables et notamment les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique en outre les motifs de fait qui ont justifié que M. A ne puisse bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'ensemble de ces motifs ont permis à l'intéressé d'en discuter utilement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ne ressort ni de la lecture de la décision en litige ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen de la demande de M. A. S'il est loisible au requérant de contester l'appréciation portée par l'autorité administrative sur ses perspectives professionnelles à la suite de l'obtention de son diplôme d'ingénieur, cette divergence d'appréciation ne saurait toutefois suffire à établir le défaut d'examen invoqué. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-chercheur " délivrée sur le fondement de l'article L. 421-14 et avoir achevé ses travaux de recherche, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédent l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".
5. Pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Rhône a relevé que l'intéressé n'avait pas déposé de demande de titre de séjour dans les délais prescrits par les dispositions précitées de l'article R. 431-5 du même code dès lors que la dernière autorisation de séjour dont il était titulaire était arrivée à expiration le 31 mai 2020 et, qu'à la date du dépôt de sa demande de titre de séjour, le 20 septembre 2021, il séjournait donc en situation irrégulière sur le territoire français.
6. M. A, qui conteste ce motif, soutient, d'une part, que le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée en ne prenant en compte ni la circonstance qu'il avait obtenu son diplôme d'ingénieur de l'Ecole supérieure d'ingénieurs de Rouen le 1er octobre 2021 ni davantage les obstacles administratifs auxquels il avait été confronté dans ses démarches. Si le requérant fait notamment état de ce que le préfecture du Rhône a refusé de renouveler son récépissé au motif tiré de ce qu'ayant déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour auprès de la préfecture de la Seine-Maritime, l'instruction de son dossier n'avait pu se poursuivre dans le département du Rhône ayant été dans l'impossibilité d'effectuer son changement d'adresse en ligne, le ministère de l'intérieur n'ayant pas tenu compte du délai de prolongation réglementaire de six mois des documents de séjour en raison de la crise sanitaire mais également de ce qu'il a adressé un courrier au préfet du Rhône, le 4 octobre 2021, afin de l'informer de ses difficultés d'accès au service public, toutefois, il ne justifie d'aucune des difficultés administratives alléguées en ne versant au débat qu'un courriel du ministère de l'intérieur daté du 3 mars 2021 accusant réception de sa demande du même jour ainsi qu'un courriel, adressé à son conseil, le 17 février 2022, indiquant qu'il s'est rendu au rendez-vous fixé à la préfecture du Rhône, le 8 janvier 2021 en vue de renouveler son titre de séjour étudiant mais qu'ils lui " ont dit que ce n'était pas possible sans changement d'adresse " et une attestation d'hébergement établie par un tiers domicilié à Villeurbanne le 17 février 2022, ces deux documents étant, en tout état de cause, postérieurs à la date de la décision en litige. Ainsi, par les seuls éléments produits, le requérant ne conteste pas sérieusement le motif retenu par le préfet du Rhône pour rejeter la demande de titre de séjour en cause et ne justifie pas de ce que le préfet du Rhône se serait ainsi estimé en situation de compétence liée. Le moyen tiré de l'erreur de droit pourra, par suite, être écarté.
7. M. A soutient, d'autre part, que " l'absence de mise en œuvre du pouvoir d'appréciation du préfet a conduit à une erreur matérielle concernant la date de la fin de validité de son dernier titre de séjour " au 31 mai 2021 en omettant ainsi de " tenir compte de la circonstance que la validité de son récépissé a été prolongée de six mois, soit jusqu'au 30 novembre 202 (sic), en raison de la crise sanitaire ". Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A s'est vu délivrer un récépissé de demande de carte de séjour par la préfecture de la Seine-Maritime le 2 mars 2020 et que ce document était valable jusqu'au 31 mai 2020 comme l'a relevé le préfet et non jusqu'au 31 mai 2021 ainsi que le soutient, à tort, le requérant qui n'a déposé sa demande de titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " que le 20 septembre 2021 soit, en tout état de cause, à l'expiration du délai prescrit par les dispositions de l'article R. 435-1 du code. Le moyen pourra dès lors être également écarté.
8. Enfin, si M. A peut être regardé comme invoquant une erreur manifeste d'appréciation du préfet du Rhône à ne pas avoir régularisé sa situation du fait des difficultés informatiques rencontrées lors de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, il n'apporte toutefois pas la preuve, ainsi qu'il a été exposé au point 7 des difficultés administratives alléguées alors, au demeurant, qu'il ne soutient ni même n'allègue qu'il remplissait les conditions requises pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour et en particulier qu'il était inscrit à l'Ecole supérieure d'ingénieurs de Rouen, au titre de l'année universitaire 2020-2021. En outre, si le requérant soutient qu'il n'aura aucune difficulté à trouver un emploi en qualité d'ingénieur télécom et qu'il fait état d'un stage d'ingénieur de six mois effectué au sein de la société AXIANS, d'un emploi dans le cadre d'un contrat à durée déterminée à l'issue de ce stage et d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée au sein de la société AFDT Technologies, il se borne à verser au débat trois bulletins de salaire au titre de la période du 1er septembre au 3 novembre 2020 pour un emploi de consultant réseaux et télécom au sein de la société AFDT Technologies et ces seuls éléments ne permettent pas d'établir les perspectives de recrutement alléguées. Dès lors, le préfet du Rhône ne saurait être regardé comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation et il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il se serait cru en situation de compétence liée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe 9 août 2022.
La rapporteure,
C. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026