mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
A une requête, enregistrée le 7 avril 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 12 août 2022, Mme C B, représentée A la Selarl BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés agissant A Me Sabatier, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 mars 2022 A lesquelles le préfet du Rhône a procédé au retrait de sa carte de séjour pluriannuelle, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui restituer son titre de séjour ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros A jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
1°) s'agissant de la décision portant retrait de titre de séjour :
- le préfet du Rhône n'a pas respecté la procédure contradictoire préalable prévue A les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale et d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet du Rhône ne précise A les motifs pour lesquels elle ne remplissait plus les conditions de délivrance du titre de séjour dont elle était titulaire ;
- elle est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet du Rhône n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de la fraude alléguée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet du Rhône ne démontre pas le caractère intentionnel de la fraude alléguée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la preuve de la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant du père déclarant n'est pas une condition prévue A les textes législatifs ou réglementaires ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation tirés de l'absence de fraude ;
- le préfet du Rhône a commis un détournement de pouvoir ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, A voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
3°) s'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale A exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
4°) s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
A un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collomb, première conseillère,
- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Guillaume, substituant Me Sabatier, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 3 juillet 1985, se déclarant de nationalité angolaise, est entrée irrégulièrement en France le 31 mai 2013. Sa demande d'asile a été rejetée A l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 25 mars 2014, décision confirmée A la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 21 avril 2015. Elle a ensuite bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant de nationalité française, né le 27 octobre 2014, valide du 26 février 2016 au 25 février 2017 dont elle a obtenu le renouvellement jusqu'au 23 août 2022. A des décisions du 16 mars 2022, le préfet du Rhône a procédé au retrait de ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. La requérante demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions en annulation :
2. Tout d'abord, il ressort des termes de la décision en litige que, pour procéder au retrait de la carte pluriannuelle de séjour de l'intéressée en sa qualité de parent d'enfant français, le préfet du Rhône a fait usage du pouvoir général qu'il détient pour retirer une décision créatrice de droit obtenue A fraude.
3. D'une part, pour établir la fraude, le préfet s'est fondé sur une analyse effectuée le 17 janvier 2022 A la Direction zonale de la police aux frontières dont il résulte que le passeport n° 2031582 de la requérante, valide du 4 août 2016 au 4 août 2026, délivré en Angola, n'est pas authentique et ne permet donc pas de s'assurer de la réalité de son identité bien que l'intéressée " déclare être de bonne foi et victime d'une escroquerie ". Il a ainsi estimé que " Mme B s'est vue délivrer des titres de séjour à partir de 2016 sur la base d'une fraude, ce qui en justifie le retrait ". Si le préfet verse au débat l'analyse de la cellule fraude documentaire et à l'identité de la direction zonale de la police aux frontières en date du 17 janvier 2022 concluant au caractère falsifié du passeport de Mme B, il ressort des termes de cette analyse que la cellule fraude n'a pu, en revanche, se prononcer sur l'authenticité du " Cedula Pessoal " (livret de famille) de la requérante, autre document présentée pour justifier de son identité et de sa nationalité. De plus, la circonstance que Mme B a attesté, sur l'honneur, le 11 février 2016, soit antérieurement à la délivrance du passeport litigieux, ne pas détenir de passeport ne permet de déduire une intention frauduleuse d'utiliser un faux document administratif dans le but de renouveler le titre de séjour " parent d'enfant français ".
4. D'autre part, le préfet fait aussi valoir, particulièrement en défense, que cette décision de retrait pour fraude est fondée sur un faisceau d'indices révélant les manœuvres frauduleuses de Mme B pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'un enfant de nationalité française en se fondant sur le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité.
5. Si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition A l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues A le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de retirer, tant que la prescription prévue A les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, le titre de séjour délivré à une personne s'étant présentée comme père ou mère d'un enfant français.
6. En l'espèce, pour établir cette fraude, le préfet relève que, outre la production du passeport litigieux, la requérante ne justifie pas de la présence effective et de la contribution du père de nationalité française, qui a reconnu de manière anticipée l'enfant le 24 juillet 2014, à l'entretien et à l'éducation de son fils A des éléments suffisamment probants. Il indique ensuite que le procureur de la république a été saisi de cette affaire le 6 décembre 2021 dès lors que ce ressortissant français a reconnu un autre enfant d'une autre ressortissante étrangère et que le concubin de Mme B, ressortissant congolais en situation irrégulière sur le territoire français, qui est également le père de ses deux autres enfants nés respectivement les 20 novembre 2015 et 9 février 2018, était présent sur le territoire national au moment de la naissance du fils aîné. Toutefois, alors que, comme il a été dit ci-dessus il n'est pas démontré une intention frauduleuse de la requérante d'utiliser un faux document administratif, en l'espèce le passeport litigieux, dans le but d'obtenir le titre de séjour " parent d'enfant français " et alors que le préfet ne produit pas d'éléments concernant la reconnaissance " dans des conditions analogues " d'un autre enfant A le père déclarant, les éléments ainsi exposés A le préfet, particulièrement la présence du père des autres enfants de la requérante sur le territoire français lors de la naissance du fils aîné, l'absence de contribution effective du père français à l'éducation et à l'entretien de cet enfant, et la saisine du procureur de la république pour laquelle le préfet n'indique pas les suites données, ne suffisent pas établir le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité de l'enfant A un ressortissant français.
7. Dans ces conditions, le préfet du Rhône, qui n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de la fraude documentaire alléguée, ni du caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité, ne pouvait, légalement, procéder, pour ce motif, au retrait du titre de séjour litigieux.
8. Ensuite, aux termes de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée A une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration () ". Aux termes de l'article L. 423-7 du même code : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues A l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 423-8 dudit code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Enfin, aux termes du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
9. En l'espèce, le préfet du Rhône a également entendu procéder au retrait de ce titre de séjour de la requérante, en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que le père français de son fils aîné ne participait pas effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant, estimant ainsi que l'intéressée ne remplissait plus les conditions requises pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité de parent français, conditions qui sont prévues A les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers,
10. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit, ci-dessus, le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité de l'enfant Ange A un ressortissant français n'est pas établi et cet enfant bénéficie d'une carte nationale d'identité valide jusqu'au 28 décembre 2024 ainsi que d'un passeport valide jusqu'au 4 janvier 2026. A ailleurs, cet enfant, âgé de sept ans et cinq mois à la date de la décision en litige, a toujours vécu en France où il est né et y a suivi toute sa scolarité, étant en classe de cours élémentaire première année à la date de la décision litigieuse. En outre, il ressort des pièces du dossier que cet enfant réside au domicile de sa mère, Mme B, depuis sa naissance avec ses deux frères qui sont également scolarisés et que cette dernière, qui bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée pour un emploi d'agent de service, justifie de sa participation à l'entretien et à l'éducation de cet enfant, comme à celle des deux autres enfants mineurs du foyer. A suite, dans les circonstances de l'espèce, alors même que la contribution du père de nationalité française à l'entretien et à l'éducation du fils aîné de la requérante n'est pas démontrée, la décision portant retrait du titre de séjour de Mme B en qualité de parent d'enfant français a méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant Ange Goumba qui est né et qui a toujours vécu sur le territoire français auprès de sa mère.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 16 mars 2022 A laquelle le préfet du Rhône a procédé au retrait de sa carte de séjour pluriannuelle ainsi que celles, A voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions en injonction et en astreinte ;
12. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, A la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, A la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
13. L'annulation prononcée A le présent jugement, eu égard au motif qui le fonde, implique nécessairement que le préfet du Rhône restitue à la requérante la carte de séjour pluriannuelle retirée. Il y a lieu de prescrire au préfet de procéder à cette restitution dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
14. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. A suite, son avocat, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Sabatier, avocat de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cet avocat de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : : Les décisions du 16 mars 2022 du préfet du Rhône portant retrait de la carte de séjour pluriannuelle de Mme B, obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et fixant le pays de destination sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône de restituer à Mme B la carte de séjour pluriannuelle retirée, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Sabatier, avocat de Mme B au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Sabatier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
C. Collomb
Le président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026